MAZARIN SE PLAINT A FABERT DES PROCÉDÉS DE CHAVIGNY
l'avais fait cliasser du temps de feu M. le cardinal, et a fait jouer tous les ressorls imaginables pour obliger M. Servien et M. de Lionne, avec lesquels il est fort bien présentement, à se détacher de mes intérêts,
» 11 m'a fait traiter comme un Turc par M. le surintendant, lequel ne m'a pas seulement donné la moindre assistance, mais m'a ôté presque toutes les assignations desquelles il a pu avoir connaissance, qui m'avaient été données par ses prédécesseurs, et vous savez bien qui l'a mis dans la place où il est, qui lui a fait donner les charges de Saint-Germain et de Versailles, une abbaye de trente mille livres de rente, et la survivance pour son fds de la charge de président au mortier.
» .... Je n'en finirais jamais si je voulais dire en détail toutes les pièces que M. de Chavigny me joue, et surtout auprès de la reine, par certains émissaires qu'il a pour insinuer à Sa Majesté que j'ai tout perdu, que je ne suis pas capable de servir, que Sa Majesté ruinera l'Etat si elle s' opiniâtre à me protéger et
vouloir mon retour » Il ajoutait ironiquement:
« Gomme son esprit et ses grandes lumières
lui font voir les choses mieux qu'aux plus sensés et clairvoyants, et qu'il a la conscience nette, il sait qu'il n'y a rien de si juste et si propre au maintien de l'autorité royale que de sacrifier un cardinal premier ministre, qui a servi vingt-deux ans la France avec fidélité, sans intérêt et utilement, contre lequel des factieux ont entrepris par voies de fait, sans au-