FABERT ENGAGE CHAVIGNY A REVENIR A LA COUR
« dernière confiance » , en ayant l'air de dire : « Ou cela, ou la maison des champs », elle lui avait répondu: « La maison des champs. » Là-dessus, il s'était retiré de la cour, mortifié, et « reconnaissant qu'il avait assez mal pris ses mesures ». C'est du moins sous ce jour que Mazarin présenta à Fabert la disgrâce de Chavigny*. Parlant de son rival, il disait avec une satisfaction triomphante : « Il a eu tort de faire un si grand mépris des absents. > Déjà, sans doute, il entrevoyait la récompense que promettait à son attachement passionné pour la France le lendemain des jours d'exil -.
Fabert ne dissimula pas à Chavigny le chagrin qu'il éprouvait de le voir de nouveau éloigné de la cour. 11 aurait voulu le disposer à y revenir. « Je sais, lui écrivit-il, que votre inclination vous porte à la retraite, et qu'elle a des plaisirs que vous préférez à ceux qu'on a d'augmenter ses richesses et sa fortune ; mais les injustices et les mauvais traitements que l'on souffre, lorsqu'on ne peut plus faire ni bien ni mal, ne sont pas supportables à des gens de votre
J. Lcltro déjà citée du 9 août.
(( Il faut que la reine se dcltarrasse de M. de Chavigny. Le cardinal de Richelieu déclara, à plusieurs reprises, qu'il ne lui donnerait pas dix poules à gouverner. Le chasser servira en grande partie à gagner le parti de M. de Chàteauneuf à la reine. » (Lettre (cop.) de Mazarin à Ondedei, du 18 juillet, Dibl. Mmarine. Lettrea de Ma:iarin, t. V, traduction de M. Chantelauze dans Le cardinal de Red et l'affaire du chapeau, Paris, 1878, t. II.)
2. « Les persécutions et les persécuteurs n'ont servi qu'à redoubler la passion que j'avais pour la France, et pour le repos, grandeur et satisfaction de Leurs Majestés. » (Lettre du 9 aoijt.)
CORKESPONDANCE ACTIVE DE FAUERT AVEC MAZARIN. 379
sorte.... un peu de complaisance, maintenant, vous mettra dans un temps où il en faudra moins *.» Il aurait voulu, surtout, que son ami ne rentrât au conseil par aucune autre voie « que celle qui tient l'esprit entièrement tourné au service du roi ^ />. Ses avis ne furent malheureusement pas écoutés. Chavigny ne fit rien pour se délacher du parti des mécontents.
Pendant la période (10 juillet-7 septembre) bouleversée qui commence à l'expulsion de LeTellier, Servien et Lionne, et finit à la proclamation de la majorité du roi, la correspondance de P'abert avec Mazarin est plus active que jamais. Il s'associe à la douloureuse émotion que causent au cardinal les événements de Paris; il déplore avec lui les scènes de désordre et de violence dont le parlement est le théâtre, et les effets de plus en plus désastreux de la lutte coupable engagée contre la régente. Son vœu le plus ardent est que les états généraux, dont la convocation est annoncée, siègent ailleurs qu'à Paris ^ Il aspire au moment où la reine fera entrer résolument dans le conseil des hommes dévoués au roi \ Plus tard, en apprenant (24 août) la déclaration
1. Lettre (aut.) de Fabert à Chavigny, du 30 juillet. {Arcli. nat., K, 118 A.)
2. Lettre (aut.) de Fabert à Cliavignv, du 2 août. {Arch. nal., K, 118 A.)