‹ Le maréchal de Fabert, 1599-1662Chapitre 290 sur 334 · MAZARIN FAIT PART A FABEKT DES ALARMES · texte numérisé non relu

MAZARIN FAIT PART A FABEKT DES ALARMES

par laquelle le parlement exclut à jamais Mazarin du royaume, il se demande « s'il ne serait pas plus expédient d'avoir la guerre civile que de voir l'État sans chef et sans conduite et les affaires dans la confusion ». « Il est à croire, dit-il, si nous avions la guerre [civile], qu'elle durerait peu; il n'en est pas de même des maux que causera la division de l'autorité royale ^ »

Mazarin, toujouj's à Brûhl, se préoccupe non moins vivement du salut de l'Etat. Confondant l'intérêt de sa politique avec l'intérêt général, il fait part, en ces termes, à Fabert (22 août) de ses angoisses patriotiques : « Je vous jure devant Dieu que je voudrais être condamné à finir mes jours misérablement en paysinconnu, pourvu que cela pût contribuer au calme de l'Etat et au rétablissement de l'autorité royale; mais, ce qui me fâche, c'est de connaître si visiblement qu'on ne se sert de moi que pour prétexte, et qu'on se veut élever aux dépens du roi. Je suis persuadé que cela vous perce le cœur, sachant à quel point vous êtes bon Français -. » Dans une autre lettre, du l"" septembre, il dit à Fabert avec effusion : « Nous souffrons, vous et moi, les mêmes peines, voyant que les désordres régnent et que l'État ne saurait se bien porter pendant que tout est dans la confusion, et qu'on travaille incessamment pour anéantir l'autorité royale. Je vous puis jurer devant Dieu que le danger

1. Lettre (aut.) de Fabert à Mazarin, du "21 août. (Arch. nat., KK, 1072.) ± Lettre (cop.). {Arch. aff. étr., Recueil spécial, t. XXIX.)

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