DÉFECTION DU PRINCE DE CONDÉ
prendre le parti de m'en aller au lieu de ma naissance sans aucune sûreté, pour y demander Taumône^ » En même temps, il lui confie qu'il cherche à se faire donner Brisach pour place de retraite.
Tandis que le cardinal, par l'intermédiaire de Bartet, un de ses agents, sollicitait le coadjuteur de l'appuyer dans ses démarches auprès delà reine pour obtenir d'être reçu dans Brisach, le prince de Condé s'acheminait vers Bordeaux. Il avait quitté Paris la veille du jour où la majorité du roi devait être proclamée en lit de justice. Aucune concession n'ayant pu le satisfaire, et une nouvelle composition du conseil - s'accordant mal avec ses vues, il s'était décidé à rompre avec la reine. Sur son passage, à sa voix et à celle de ses partisans, la guerre civile s'alluma dans le Berry, dans le Périgord, dans l'Angoumois et en Saintonge. A Bordeaux, il trouva le parlement prêt à le seconder dans ses desseins. Jusque-là, Fabert s'était refusé à croire à sa défection. « Le prince, disait-il, a les qualités qui font les plus grands hommes ; mais il faut je ne sais quelle basse complaisance pour mener les gens contre le nom du roi, dont je le crois incapable ^ »
1. Lettre (cop.). (Arch. afj. étr.. Recueil spécial, t. XXIX.)
2. La reine avait placé M. de Chàteauneuf à la tête du conseil; la surintendance des finances était donnée au marquis de la Vieuville ; enfin, le premier président Mole avait repris les sceaux ôtés à Séguier.
3. Lettres (aut.) de Fabert à Cliavigny, des 13 et "20 septembre. (Arch. mil., K, 118 A.)
D'après les renseignements communiqués à Fabert, Condé ayant tenu conseil chez lui, avant de se rendre à Trie, Cliavigny aurait émis Tavis, avec un autre membre, que le prince devait restera Paris et aller y visiter le roi et sa mère.