FABERT PRESSE EN VAIN CHAVIC.NY DE VENIR A SEDAN
Lorsque Fabert apprit le départ du prince de Condé, il s'empressa d'écrire à Gliavigny pour l'engager à se réfugier à Sedan, si les événements se compliquaient, c'est-à-dire si l'accommodement qu'il croyait encore praticable à ce moment entre le prince et la reine, ne se réalisait pas. C'était là sa réponse à certaines plaintes que son ingrat ami, mettant en doute la fidélité de son dévouement, avait osé élever contre lui \ Chavigny resta encore quelque temps à Paris % puis se retira en province sans accéder à la proposition de Fabert.
La révolte ouverte du premier prince du sang laissait le champ libre, à la cour, à son implacable ennemi le coadjuteur. A tout prendre, Mazarinne perdait pas au change; il pouvait espérer. Jusqu'à un certain point, que pour sauvegarder sa situation auprès de la reine, Retz serait tenu de le ménager. Son plan était de circonvenir son adversaire par tous les moyens possibles, non seulement pour l'empêcher de lui nuire, mais pour se le rendre favorable. Les avis de Colbert avaient déjà excité sa défiance à l'égard du coadjuteur '\ Ceux qu'il reçut de Fabert durent en-
1. Lettre (aut. sans suscriptioii ni signature) de Fabert à Mazarin, du 10 septembre. {Arch. nat. ,KK, 1072.)
2. (1 Je ne puis assez m'étonner de ce qu'on ait laissé à Paris M. de Chavigny après le traitement que la reine lui fit et le procédé que M. le Prince tenait. » (Lettre (cop.) de Mazarin au marquis de Noirmoutiers, du S'i septembre, Arch. aff. étr., Recueil spécial, t. XXIX.) Noirmoutiers était lié avec le coafljuteur. Le cardinal fait allusion, dans cette lettre, aux rapports de M. de Chavigny avec la duchesse d'Aiguillon.
3. Lettre de Colbert à Mazarin, du 2 septembre. {Lettres, instructions et mémoires de Colbert, publiés par P. Clément, t. I.)