‹ Le maréchal de Fabert, 1599-1662Chapitre 305 sur 334 · FABERT EST DES PREMIERS A FAIRE PARTIE · texte numérisé non relu

FABERT EST DES PREMIERS A FAIRE PARTIE

SOUS la foi du serment, à ne jamais porter ni accepter de défi, et à ne point servir de second dans les duels. La renommée de bravoure que Fabert et le marquis de Fénelon s'étaient acquise sur le champ de bataille, et l'ardeur même qu'ils avaient montrée, dans la fougue de la jeunesse, pour les combats singuliers, les désigna des premiers au choix du fondateur du séminaire de Saint-Siilpice pour faire partie de cette association \ Afin de donner le plus d'éclat possible à l'engagement que ces gentilshommes avaient contracté, il reçut des mains de chacun d'eux, dans la chapelle du séminaire, le 28 mai 1651, jour de la Pentecôte, en présence d'une assistance distinguée, la déclaration signée de leur main, par laquelle ils promettaient de refuser toutes sortes d'appels, de ne se battre jamais en duel pour quelque cause que ce pût être, et de rendre toutes sortes de témoignages de la détestation qu'ils faisaient du duel, comme d'une

1. Antoine de Salignac, marquis de la Mothe-Fénelon, oncle de rarclievèqne de Cambrai. C'était de ce marquis de Fénelon que Condé disait « qu'il était également propre pour la conversation, pour la guerre et [)our le cabinet. » {Histoire de Fénelon, par le cardinal de Bausset, Versailles, i824.)

Les noms des autres associés n'ont pas été conservés. Peut-être, dit l'auteur de VEssai historique sur l'influence de la religion en France, pendant le dix-septième siecle(Paris, 18-4), étaient-ce les mêmes qui, par les conseils du pieux M. Olier, Tormèrent vers le temps une association [compagnie de la Passion], dont le but était de s'exciier mutuellement à la piété et de travailler à la sanclification du prochain par le bon exemple et par la pratique ouverte et déclarée des devoirs du chrétien. Les principaux membres de cette dernière compagnie, qui avait également pour devoir de s'employer à « abolir les duels », étaient le duc de Liancourt, le baron de Renty, le comte de Brancas et le vicomte de Montbas, maréchal de camp.

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chose tout à fait contraire à la raison, au bien et aux lois de l'État, et incompatible avec le salut et la religion chrétienne'. »

Cette manifestation solennelle eut im retentissement considérable. Le prince de Condé écrivit au marquis de Fénelon : « 11 faut, Monsieur, être aussi sûr que je le suis de votre fait sur la valeur, j)our n'être pas effrayé de vous avoir vu rompre \v. premier une pareille glace''. » Le tribunal des maréchaux de France, qui décidait des questions de point d'honneur, publia, le l" juillet suivant, un jugement par lequel il donnait son entier assentiment à la déclaration. Le 10 août, cinquante et un docteurs en théologie, et, le 28 du même mois, vingt-trois évèques qui se trouvaient réunis à Paris, l'approuvèrent à leur tour. Dans plusieurs provinces, les gouverneurs, le prince de Gonti entre autres, invitèrent la noblesse à suivre l'exemple donné par les associés de Paris. Le roi lui-même en lit autant pour les officiers de sa maison. Il voulut que le marquis de Fénelon recueillît les signatures de la cour \

1. On trouvera le texte complet de celte déclaration dans YHifitoire de Fénelon, par le cardinal de Bausset, Pièces justificatives.

2. Les éloges dont le prince de Condé appuya les gentilshommes qui avaient pris cette courageuse résolution, lui valurent un bref de félicitalion du pape.

3. Remarques historiques sur l'église et la paroisse de Sainl-Sulpice, Paris, 1773. — Vie de M. Olier, Versailles, 1818 (d'après les mémoires de M. de Bretonvilliers et les manuscrits de M. Olier! . — La vie de la révérende mère Madelaine Gautron, prieure du mouas-

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