AIDE DE CAMP A L'ARMÉE DU RHIN
Mais, au moment où le prince d'Orange joignait ses forces à celles des maréchaux de Chatillon et de Brézé, l'électeur de Saxe et la plupart des princes allemands, vaincus par les intrigues de l'Espagne, se ralliaient à l'Empereur, et la maison d'Autriche, tirée ainsi de l'isolement, reconstituait d'un seul coup sa puissante unité. En présence de ces graves événements, Richelieu activa l'organisation dee troupes rassemblées du côté de Langres. Le cardinal delà Valette, rappelé d'Alsace, en reçut le commandement. Elles étaient destinées à opérer sur la Saar et le Rhin, conjointement avec le coips suédois du duc Bernard de Sa^e-Weymar, contre les Impériaux commandés par le comte Galas, un des lieutenants de Wallenslein. Pendant le séjour que la Valette fit à la cour pour se mettre au courant des projets de Richelieu, Fabcrt fut désigné pour servir sous ses ordres comme sergent de bataille. Quoique cette nomination lui eût été annoncée par le roi lui-même, elle resta sans elïet. La Valette, probablement d'accord avec Richelieu, fit changer le brevet de sergent de bataille en celui d'aide de camp *. Fabert ne dit rien dans ses Mémoires des motifs qui poussèrent Richelieu et la Valette à ne pas faire honneur, dans cette circonstance, à la parole du roi. D'après le P. Barre, la Valette aurait cédé à un sentiment de ja-
1. Lettre du roi, du 29 juin (orig. signé du roi et contresigné par Servien, Dibl. nat.^ F.FH., 6Gi5), au cardinal de la Valette, pour lui annoncer qu'il a choisi les sieurs Fabert, de l'ÉclicUe et de la Vigerie pour servir sous ses ordres comme aides de camp.
« La charge de sergent de bataille était considérable, à en jugei
52 ACCEPTE A CONTRE-CœUR LA CHARGE D'AIDE DE CAMP.
lousie né de la crainte qu'on lui donnât Faberl pour observer sa conduite \ et, de plus, il aurait communi(juc ses appréhensions à Richelieu, assez porté de lui-même à prendre ombrage de ceux que recherchait l'amitié du roi. Quoi qu'il en soit, toute résistance était inutile de la part de Fabert. Son attachement pour le duc d'Épernon le fit passer sur ce déni de justice. Prévoyant que la campagne serait « rude », il avait à cœur de ne pas augmenter les embarras du général en chef. Cependant, comme il se réservait de renoncer aux fonctions d'aide de camp lorsque l'expédition serait finie, c'est-à-dire lorsqu'on ne pourrait plus lui reprocher ou seulement le soup-
par un discours manuscrit sur la guerre que j'ai vu, fait par un homme entendu, sous le règne de Henri IV ou de Louis XIII, autant qu'il me parait.
X 11 y est dit « qu'en l'absence des marccliaux de camp, le sergent B de bataille doit commander, que sa cbarge est au-dessus des autres; * qu'il a séance dans le conseil ; qu'il peut, quand les troupes sont M en garnison, aller par les garnisons, et faire mettre les troupes en « bataille, savoir le nombre de gens de guerre et s'ils sont bien ar~ » niés ; qu'il doit en rendre compte au roi et au général et même au » secrétaire de la guerre, quand c'est dans le temps de la guerre, » et voire môme en tout autre temps, car cela est de la fonction du » sergent de bataille; et qu'anciennement ils avaient vingt-quatre » gardes ordinaires, et allaient faire la visite par les frontières au » lieu du commissaire qu'on y envoie. Aussi, ajoute-t-il, doivent-ils ') êire des hommes choisis, fort capables et courageux. »
» La fonction des aides de camp est d'accompagner les officiers généraux auxquels ils sont attachés, pour porter leurs ordres partout où il en est besoin, principalement dans une bataille. Ils doivent les bien comprendre, et les déclarer très exactement et très juste» (Le P. Daniel).
En un mot, le sergent de bataille avait une autorité propre, assez étendue, tandis que l'aide de camp, privé de toute initiative, n'était que le porte-voix de son général.
Comme aide de camp, Fabert touchait trois cents livres par mois. (Journal des campagnes de Faberl de 1G35 à I6;i9.j