JOURNAL DES CAMPAGNES DE FABERT
dentielle avec les secrétaires d'Étal '. Il est vrai que les connaissances professionnelles de Fabert, développées par la réflexion et les leçons de l'expérience, lui donnaient le moyen de traiter avec compétence les questions militaires qui se présentaient, qu'elles relevassent du commandement ou qu'elles fussent purement administratives. Il n'était étranger à rien de ce qui entre aujourd'hui dans les attributions si complexes d'un chef d'état-major doublé dun intendant. Avec un rare esprit d'ordre, d'exactitude et de clairvoyance, il avait conçu, rédigé et souvent fait exécuter lui-même, pendant la pénible expédition de Mayence, les règlements de police et de discipline, les ordres de départ, de marche, de bataille et d'attaque, et les instructions sur les ouvrages fortifiés à élever dans les places. Tous ces renseignements et un grand nombre d'autres, tels que : états d'effectif, contrôles de logement, tableaux de distribution de vivres et de munitions, etc., accompagnent, dans son Journal des campagnes de 1635 à 1639, l'exposé clair et précis, détaillé jour par jour, des opérations de guerre auxquelles il a pris part. Quelques croquis de perspective cavalière joints au texte et appuyant la relation d'une attaque de place ou celle d'une bataille, sont des spécimens réussis de topo-
1. Les lettres (qucliiuefois ea chiffre) adressées en 1035 par le cardinal de la Valette à Riclielieu et à Cliavignv, et qui se trouvent en grand nombre an\ Archives des affaires étrangères, Allemagne, t. XII; Lorraine, t. X\ VII, sont frériueiiiiiicnt, en totalité ou en partie, de la main de Fabert. Elles traitent avec détail des questions relatives à l'armée, à sa subsistance, aux mouvements des troupes du roi et à ceux de
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graphie militaire, qui ajoutent encore à l'intérêt du récit.
Cependant l'armée du cardinal de la Valette, concentrée sous Magny, ne tarda pas à s'élargir dans les quartiers de rafraîchissement qui lui furent désignés en Lorraine et dans le gouvernement de Metz, Elle avait hien mérité le repos qu'on lui accordait. Si le ravitaillement de Mayence et de quelques autres places lui coûtait cher, du moins avait-elle sauvé sa réputation par de glorieux combats. C'était beaucoup, en définitive, dans ce temps où l'administration militaire commençait à peine à sortir du chaos, d'avoir échappé à une déroute avec une armée opérant loin de la France, dans un pays difficile et dénué de ressources, contre un ennemi supérieur en nombre. On n'en accusa pas moins le cardinal de la Valette de l'avoir laissée dépérir. Ceux qui donnaient cours à cette grave imputation étaient les officiers de la maison du roi. Privés pendant l'expédition de la considération et des égards auxquels les avait habitués la faveur, ils ne trouvèrent rien de mieux, à leur retour, que de se venger sur leur général en c1ief de ce qu'ils appelaient des nouveautés contraires à leurs prérogatives. La Valette, informé que leurs plaintes avaient trouvé de l'écho en haut lieu, fit choix de Fabert pour aller à la cour justifier les actes de son commandement, demander des renforts en
renncrui, aux actions de guerre cl aux négociations tic (iilïércntc nature qui venaient alors, dans bien des cas, compliiiuer la tâche des généraux.