U MESURES ADMINISTUATIVES PRISES A METZ
nagea pas les marques de sa satisfaction. Richelieu, intéressé à défendre son favori, dont l'œuvre était réellement la sienne, lui adressa de son côté d'emphatiques éloges.
Après le combat de Yaudrevange, les Impériaux avaient poussé leurs avant-postes, avec une certaine audace,jusqu'àFlanvilIe,àdeuxlieuesàrestdeMetz, en ravageant le pays sur leur passage. Ils avaient pris ensuite Yaudrevange, Saint-Avold et Saarbruck, et s'étaient rabattus sur la haute Seille, dans la direction de Marsal. Tandis que l'armée du cardinal de la Valette se réorganisait à Pont-à-Mousson, sous l'active impulsion de Richelieu, pour être en état de leur tenir tête au plus tôt, Fabert se rendit à Metz.
L'agglomération dans la place et aux environs des troupesfrançaises, suédoises, lorraineset allemandes avait engendré la famine. L'effroyable épidémie que l'on a appelée depuis la peste suédoise, décimait soldats et habitants '. Par de sages mesures administratives prises au nom du gouverneur, par des sacriiices personnels qu'inspirait le dévouement le plus charitable, Fabert réussit, en moins de trois semaines, à adoucir sensiblement les rigueurs de la disette, qui était la principale source de tous les maux dont souf-
1. C'était une sorte de typhus fini si'-vit avec une grande intensité jusqu'à la fin de 1636 (Journal de Jean Bandiez-. — Tableau liistO' rique, chronologique et médical des maladies épidémiques et contagieuses qui ont régné à Melz et daits le pays messin, par le docteur Félix Marchai, Metz, 1850).
PENDANT L'ÉPIDÉMIE DE PESTE SLÉDOISK. (m
fraient ses compatriotes. Dans cette (x'iivre de généreuse assistance qui lui a valu, d'un de ses panégyristes ', le beau nom de Père des Messins, il fut efficacement secondé par M"" de Fabert. Il ne jugeait pas sa tâche achevée ; mais il croyait avoir remédié, selon ses forces, aux plus grandes misères, lorsqu'il retourna servir, sans emploi déterminé, à l'armée du cardinal de la Valette. Il rejoignit son général à Gondé-sur- Moselle-, dans la nuit du 20 au 21 octobre,
A la nouvelle donnée par le duc de Weimar que Galas, opérant de concert avec le duc de Lorraine, avait quitté son camp de la Saar et s'était porté par Dieiize au delà de la Seille, la Valette était parti de Pont-à-Mousson, le 20, à la tête de son armée et s'acheminait par Condé et Bouxières-aux-Chênes vers Champenoux, où il devait réunir ses forces à celles du duc d'Angoulême et du maréchal de la Force pour marcher ensuite droit à l'ennemi. Les trois armées avaient opéré leurjonction, lorsque des détachements envoyés en reconnaissance rapportèrent que Galas s'était fortement retranché à Marimont et à Maizières, sur des hauteurs adossées à la forêt de Réchicourt et flanquées des étangs de Lindre et de la Garde. Tout d'abord, Fabert pressa le cardinal d'aller forcer dans leurs lignes les troupes impériales, auxquelles il prô-