‹ Le maréchal de Fabert, 1599-1662Chapitre 66 sur 334 · LES PRÉVISIONS DE FABERT SUR L'ENTRÉE · texte numérisé non relu

LES PRÉVISIONS DE FABERT SUR L'ENTRÉE

exposer la vie de ses soldats, afin de conserver aussi intact que possible le petit corps d'armée auquel il sentait sa fortune attachée*. Il n'en finit pas moins par adopter, comme tous les officiers, l'avis de la Valette, qui était d'aller droit aux Impériaux.

Sur ces entrefaites, Galas abandonna Champlitte où il étaif resté environ un mois. L'habileté avec laquelle il déroba la marche de ses troupes à la faveur des bois voisins de Gray et d'Autrey, dissimula un instant ses véritables projets. Néanmoins, Fabert avait cru pouvoir annoncer de bonne heure, autour de lui, que l'invasion de la Bourgogne devait entrer dans le plan de campagne du général autrichien. Il était peu vraisemblable, il faut le reconnaître, que l'armée impériale n'eût quitté l'Alsace que pour venir ruiner la frontière espagnole et se retirer ensuite sans pénétrer en France". Aussi les prévisions" de Fabert ne

1. « Depuis être arrivé en France, il |le duc de Weiniar] donnait à son armée toutes les apparences qu'il travaillait pour elle ; seulement, le traité qu'il avait fait avi^c le roi no portait que cela, et la promesse obtenue du landgraviat d'Alsace pour lui avait été écrite séparément, et passait pour article si secret que pour en obtenir une copie, il fallut se servir, en Lorraine, de la main de Fabert, n'osant s'en confier à aucun secrétaire. Il jugeait que, perdant ses troupes d;ui> un combat donné avec peu de forces comparées à celles des ennemis, qu'il en serait accusé de les avoir peu ménagées; que ceux qui repasseraient en Allemagne pour remettre leurs régiments prendraient le parti d'y servir dans l'armée de Banier, qui était ce qu'il craignait plus qu'autre chose, parce qu'on ne pouvait blâmer ceux qui le faisaient d'abandonner la cause cte l'Empire, et qu'il savait qu'on essayait de débaucher ses troupes pour cela; que restant avec peu de forces, il serait peu considéré dp la cour, et n'ayant rien eu Allemagne pour refaire une armée, qu'il considérait la perte de la sienne comme sa ruine totale. » {Mémoires de Fabert.)

2. Au sujet du dessein d'envahir la France, concerté entre les

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