‹ Le maréchal de Fabert, 1599-1662Chapitre 83 sur 334 · PREMIER PAS VERS L'EMPLOI DES PARALLÈLES · texte numérisé non relu

PREMIER PAS VERS L'EMPLOI DES PARALLÈLES

comme toujours, de lamauvaise humeur du monarque, et la Valette fut autorisé à poursuivre les opérations- du siège de la Capelle^ Une large et profonde ravine, parallèle au front de l'une des attaques et embrassant deux demi-fronls collatéraux, fut reliée à la tranchée, organisée en place d'armes pour abriter un bataillon; une redoute appuya celle-ci à droite et on y établit plusieurs pièces de canon-. Cette innovation remarquable, due à Fabert, et qui marque un des premiers pas de l'art de l'attaque vers l'emploi des parallèles, ainsi qu'une autre disposition ingénieuse qui assura le passage du fossé, bâtèrent le moment de la capitulation (20 septembre) \ Un des hommes de guerre les plus fortement trempés de ce temps-là, et en même temps un des serviteurs les plus dévoués du roi*, le maréchal de camp Rambures, avait été blessé à mort pendant le siège, le lendemain de l'ouverture de la tranchée, et dans la seule sortie qu'eussent faite

nat., Ms., F. FR., 6619; en minute, aux Arch. ajf. étr., Pays-Bas, t. XI; dans Aubery. — Auberv, Histoire ihi cardinal de Richelieu ; Mémoires de Richelieu.)

1. Lettres (aut.) de Chavigny (6 septembre), de Noyers (7 septembre) et Richelieu (8 septembre) à la Valette. {Bibl. nat., Ms.. F. FR., 6649; dans Aubery.)

"2. Augoyat. — Plan du siège de la Capelle. (Bibl. du Dépôt de." fortifications. Cf. Atlas 2.) — Plan de la place et des attaques dans le Journal des campagnes de Fabert.

3. Sur la plupart des sièges auxquels Fabert a pris part, et en particulier sur ceux de la Capelle et de Landrecies, ses Mémoires contiennent, au point de vue de la science de ringénicur militaire, des détails techniques très précis, d'un véritable intérêt pour l'histoire de l'attaque et de la défense des places dans la première moitié du dix-septième siècle.

4. Lettre (min. I du roi à Rambures, du id septembre. {Arch. D. G., t. XXXIX.)

L'ARMÉE S'ÉLOiGiNE DE LA CAPELLE. 99

les assiégés*. On se rappelle dans quelle circonstance* il s'élait attiré, trois ans auparavant, l'implacable ressentiment de Richelieu. Fabert et Rambures s'estimaient réciproquement. C'était en quelque sorte sous le feu de l'ennemi, au milieu des plus grands périls héroïquement affrontés et partagés, que s'était cimentée l'amitié de ces deux soldats^.

La garnison espagnole n'était pas encore sortie de la Capelle, que du camp français l'on entendait le canon des Impériaux battant le château d'Aymeries. Bientôt après, le cardinal infant, renforcé des troupes de Piccolomini et de Balancon, étant venu mettre le siège devant Maubeuge, le cardinal de la Valette décampa de ses lignes, et se porta en avant pour réunir ses troupes à celles qu'il avait laissées dans cette place sous les ordres du duc de Candale. Celui-ci trouva le moyen de rejoindre son frère (à Favril), après avoir confié la défense de Maubeuge au vicomte de Turenne. Prévenu de la marche de la Valette, le cardinal infant abandonna le siège de cette place, et envoya huit mille hommes à Pont-sur-Sambre pour s'opposer à la jonction des deux armées*.

De son côté, la Valette dépêcha de ïhou à la cour

1. Lettre (aut.) de la Valette à Chavigny, du 9 septembre {Arch. aff. élr., Pays-Bas, t. XII) ; Bussy-Lamet, maréchal de camp, gouverneur de Mézièrcs, fut tué dans lu même sortie.

i. Voir ci-dessus, année 103-4.

3. Fabert et Rambures s'étaient trouvés ensemble aux sièges de Privas et de la Rociielic, aux combats du Pas de Suse et de Veillane, au siège de Moyenvic et au blocus de Nancy, à l'expédition de Mayence, au combat de Vaudrcvange et au siège de Landrecies.

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