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taviensis
JOO FABERT FACILITE LA RÉUNION DE TUhENNE
pour proposer au roi l'abandon de iMaubeuge, poste d'une défense difficile, que l'on n'avait pas encore eu le temps de fortifier. En attendant la décision royale, les principaux chefs de l'armée s'accordèrent en conseil de guerre pour que Turenne se retirât à marche forcée sur le château de Solre, et, gagnant de vitesse sur l'ennemi, allât rejoindre l'armée du cardinal sur la Helpe, dans la direction de Chimay. Après avoir combattu celte combinaison détournée, qui conseillait une fuite précipitée par de mauvais chemins, à travers un pays coupé de ruisseaux, de fossés et de fondrières, comme le seul moyen de salut, Fabert proposa à son tour de faire avancer les troupes de Turenne et celles du cardinal les unes au-devant des autres, dans la direction de Pont-sur-Sambre, où, arrivant simultanément, elles attaqueraient les Impériaux de front et par derrière. Dans ua temps où l'on évitait volontiers le choc des armées en rase campagne, il réussit à faire adopter ce plan simple ethardi, auquel Ghavigny, envoyé à cette époque de la cour, donna son assentiment. II ne se contenta pas de l'avoir conçu, il indiqua et prépara les moyens d'en assurer le succès. Une des principales difficultés élait de s'entendre avec Turenne, dont les troupes devaient ari'iver exactement à l'heure convenue sur le terrain, où elles se rencontreraient avec celles de la Valette. Faberl la leva en organisant, entre Maubeuge et le camp de Favril, un ingénieux système de correspondance écrite et de signaux. Il s'aventura jusqu'à pénétrer dans les lignes ennemies pour en reconnaître
ET DK LA VALETTE PRÈS DE PONT-SUR-SAMBRE. tOl
remplacement. Enfin, par la déconverle d'un gué sur le ruisseau de Le Val, un peu en amont de Pontsur-Sambre, il facilita la réunion des deux armées, qui s'opéra (9 octobre), sous les yeux des Espagnols et des Impériaux, après un vif engagement où Turenne se couvrit de gloire.
Ce succès arriva à temps pour jeter quelque éclat sur une campagne dont les opérations, languissantes au début, n'avaient pas été poussées assez loin pour amener des résultats positifs. On aurait pu, en effet, tirer un meilleur parli de l'indécision du cardinal infant, en portant la guerre au cœur même du pays espagnol; la pointe sur Maubeuge avait laissé croire un instant à l'ennemi qu'il allait en être ainsi; mais l'armée de la Valette, au lieu de continuer sa marche en avant, avait rétrogradé sur la Capelle. Richelieu, on doit le dire, tout en pressant le cardinal de mener les choses au plus vile, n'avait rien fait que pour provoquer son irrésolution et exciter sa défiance. Un personnage attaché à l'armée, que Fabert appelle ironiquement dans ses Mémoires « l'homme d'esprit », sans nous indiquer son nom, et qu'il dénonce comme ayant un parent très puissant par son crédit auprès du premier minisire, s'était signalé, dès le commencement de la campagne, à l'occasion duprojet de siège de Landrecies, ensuite pendant ce siège et plus tard à celui de la Capelle, par une opposition calculée aux desseins de la Valette. Il n'avait fallu rien moins que les raisonnements persuasifs et môme les vives remontrances de Fabert, jaloux de l'honneur