RIVALITÉ ENTRE LA MEILLERAYE ET LA VALETTE
de son général, pour empêcher ce dernier, dominé par la crainte de déplaire au premier ministre, de descendre au rôle de complaisant vis-à-vis de cette sorte d'espion ^ En outre, l'arrivée devant Landrecies du marquis de la Meilleraye, ayant ordre d'exercer un commandement séparé sur les troupes qu'il amenait, n'avait pas manqué de donner ombrage à la Valette et de susciter une rivalité funeste à la bonne conduite des opérations. Ces soupçons jaloux s'étaient encore accrus, non sans raison, après la prise de Maubeuge. A cette époque, le grand maître, venu à la cour, avait représenté le cardinal comme obéissant aveuglément aux « conseils mal intentionnés » de Fabert '. Richelieu, il est vrai, continuant à protester de son dévouement à la Valette, lui avait conservé le commandement en chef, et semblait même parfois désapprouver les prétentions du grand maître ; dans le fond, il ne tentait rien de sérieux pour rétablir l'entente entre les deux généraux. En uti mot, le prélat perdait chaque jour, dans les bonnes grâces du ministre, le terrain que gagnait la Meilleraye,
Au siège de la Capelle, le cardinal s'était vu contraint, pour se conformer aux ordres de Richelieu, de
1. Fabert donne de curieux détails dans ses ^/émojVes sur les propositions mises en avant par « l'homme d'esprit » aux sièges de Landrecies et de la Capelle, et dont l'exécution retarda la marche des opérations régulières.
2. En même temps qu'il lançait contre le cardinal de la Valette cette accusation de faiblesse, la Meilleraye donnait satisfaction à ses sentiments rancuneux contre Fabert, auquel il ne pardonnait pas d'avoir exprimé, en plusieurs circonstances, une opinion contraire à la sienne. (Mémoires de Fabert.)