FABERT PART POUR LA COUR
courant des opérations. Dans une circonstance aussi grave, où se trouvaient en jeu à la fois les intérêts de la Meilleraye soutenu par Richelieu etl'amour-propre du P. Joseph, dont Vercourt était le protégé, ce n'était pas sur le rapport d'un représentant de la cour à l'armée que la Valette pouvait échapper au danger qui le menaçait. Fabert était seul capable de rendre au cardinal le service de déjouer les intrigues qui l'enveloppaient, parce que seul il en connaissait à fond les ressorts. Déplus, étant sans charge, ne devant rien à ceux qui cherchaient à ruiner la fortune de son général, il se croyait le droit de dire la vérité tout enlière. C'était la vérité exposée sans détours qui ouvrirait les yeux au roi. Il n'y avait pas de temps à perdre. A force d'instances, Fabert obtint de la Valette l'autorisation de se rendre à la cour (vers le 20 octobre). Peu après son départ, l'armée alla s'établir à Hannape, afin de tromper encore mieux l'ennemi sur le dessein que l'on avait de surprendre Cambrai. Le cardinal ne voulait pas s'exposer au reproche d'avoir négligé les moyens en son pouvoir pour faire réussir ce projet, dans le cas où l'ordre lui viendrait de la cour de le mener à accomplissement, et où il s'ensuivrait quelque échec. Quant à Vercourt, bien qu'il eût donné comme infaillible le succès de son opération, il en avait jusque-là ajourné l'exécution pour d'assez mauvaises raisons où perçait sa duplicité \
I. Lettres (aut.) de la Valette à Richelieu (20 octobre) et à Chavigny (11, !20 et -25 octobre) {Ardu des aff. élr., Pays-Bas, t. XII.)