‹ Le maréchal de Fabert, 1599-1662Chapitre 89 sur 334 · ENTRETIEN A\TC LE ROI A SAINT-GERMAIN · texte numérisé non relu

ENTRETIEN A\TC LE ROI A SAINT-GERMAIN

Dès qu'il fui arrivé àRueil, où du Plessis-Besanron ne l'avait précédé que de quelques heures, Fabert s'empressa d'aller remettre à Richelieu une lettre de la Valette, dont il était porteur. Comme après l'avoir lue le ministre se plaignait, d'un air froissé, de ce que l'on n'eût pas suivi plus volontiers, pendant la campagne, les avis delà Meilleraye, Fabert saisit cette occasion pour justifier la conduite du cardinal, en ménageant toutefois le grand maître et évitant même de prononcer son nom. Richelieu l'interrompit brusquement au milieu de ses explications, pour lui enjoindre d'aller trouver le roi à Saint-Germain.

L'entretien de Louis XIll et de Fabert eut lieu devant de Noyers, que Richelieu, en congédiant Fabert, avait fait partir en toute hâte pour Saint-Germain. Tout fut dévoilé au roi : l'ambition du grand maître de l'artillerie, jaloux du cardinal, et les menées de ses créatures qui avaient failli compromettre le succès des opérations, les véritables motifs de l'abandon du projet du siège d'Avesnes, enfin les mensonges, la présomption et l'ignorance de Vercourt. Ce personnage, aux talents si vantés, n'était qu'un libertin, un faux monnayeur et un assassin, qui, pour se soustraire aux poursuites de la justice, s'était réfugié chez les Espagnols et leur avait servi de guide en Picardie, quand ils avaient mis cette province à feu et à sang. C'était à ce misérable, auquel ses protecteurs avaient obtenu des lettres d'abolition, que l'armée servait de cortège, sous les yeux même de l'ennemi frappé de ce honteux spectacle. Quand Fabert eut

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