RESSENTIMENT DU P. JOSEPH CONTRE FARERT
fini de parler, le roi se retourna, sombre et rêveur, vers (le Noyers, et lui fit entendre que sa volonté était de surseoir à l'attaque de Gamlirai. En même temps, il invita Fabert à aller trouver Richelieu et à lui fournir les mêmes ex})lications.
Le lendemain, Fabert revenait à Rueil. Qui ne se représente le modeste et courageux capitaine aux prises avec rorgueilleux ministre ! Cependant, Richelieu ne se montra que sévère; il persista avec arrogance à approuver le dessein de Vercourt, et maintint les ordres qu'il avait expédiés. A l'issue de cet entretien, le P. Joseph aborda Fabert et lui adressa de vifs reproches. Selon lui, c'était la Valette, jaloux du mérite de Vercourt, qui avait entravé l'exécution des opérations projetées. Fabert ayant réparti avec beaucoup de calme que la pratique n'avait rien à voir aux combinaisons de pure imagination écloses dans le cerveau de Vercourt, le capucin entra dans une indescriptible fureur * : «Le roi, dit-il à son interlocuteur, sur un ton menaçant, n'a que faire dans ses armées de philosophes; il a besoin de gens de main et de résolution ; les subtils peuvent aller dans les écoles; vous êtes de ces rebelles qu'il faudrait châtier, en commençant par le duc de Caudale, qui mérite la Bastille. »
Ces paroles, dans la bouche du démon familier de Richelieu, firent croire à Fabert que l'orage dont il avait reconnu les signes précurseurs, était prêt à
1. « L'esprit de ce capucin était violent par nature, et le couvent ne guérit pas cela. » (Mémoires de Fabert.)