CONSEILS DE FABERT A LA VALETTE
ce qui rendait impraticable l'opération proposée par Vercourt. Quelques jours après, Chavigny écrivait à la Valette (10 novembre) ' : « On a bien été un peu fâché que vousayez différé [l'attaque de Cambrai], rnaispeutêtre serait-on à cette heure marri que vous eussiez fait ce qu'on vous a pressé de faire ; enfin le temps ûdt connaître la vérité de toute chose. » Il ajoutait que Richelieu lui réservait meilleur accueil que jamais.
L'ennemi s'étant retiré pendant ce temps-là des environs de Cambrai, la Valette mit ses troupes en cantonnement sur les rives de l'Oise et se rendit à Vervins.Fabert, encore sous l'impression des derniers événements, insista auprès de lui afin qu'il renonçât dorénavant à tout commandement d'armée qui, en lui subordonnant le grand maître de l'artillerie, l'exposerait au ressentiment de Richelieu, mécontent de voir son parent privé des premiers emplois militaires. Il représenta au cardinal qu'en se bornant à faire la guerre en premier lieu sur la Saar, au moyen de troupes tirées de son gouvernement, il n'aurait pas de peine à chasser l'ennemi des places qu'il y occupait, et qu'en se dirigeant ensuite vers le Rhin avec son armée, chaque jour renforcée par les garnisons des pays conquis, il trouverait, à mesure qu'il avancerait, d'anciens alliés de la France à secourir, d'autres à lui gagner, des princes et des électeurs à rétablir, toutes choses glorieuses pour le roi, peu coûteuses
1. Lettre (aut.) (Bibl. nat., Ms., F. FR., 6649); dans Aubeiy.