COMMANDE A METZ
pour l'État, et propres à augmenter son influence et son crédit personnel sans contrarier les desseins de Richelieu; qu'enfin la mise à exécution de ce plan, en le retenant loin de la cour, ainsi que ses frères, ne fournirait à l'ombrageux niinislre aucun prétexte de disgrâce ou de mauvais traitement.
La Valette parut décidé à suivre les conseils de Fabert et lui promit de préluder à l'entreprise, selon son avis, par le siège de Thionville. Aussitôt après, il lui donna l'ordre de se rendre à Metz pour y commander en l'absence du lieutenant de roi, M. de Roquepine ^ La prise de Cliimay fut le dernier événement de la campagne avant l'entrée des troupes en quartiers d'hiver. Le cardinal, mandé à la cour par le roi, partit pour Paris dans les premiers jours de décembre.
A son arrivée à Metz (décembre), Fabert trouva la ville et son territoire réduits à un état de hideuse misère dont il a tracé un tableau navrant dans ses Mémoires. L'œuvre de dévastation poursuivie en Lorraine depuis plusieurs années, non seulement par les Hongrois, les Croates et les Polonais des troupes ennemies, mais par les Allemands du duc de Saxe-Weimar et par les Français eux-mêmes, s'était étendue au pays messin ■■. Frappés de terreur, les paysans en grand nombre avaient déserté leurs maisons et abandonné
1. M. de Riniuepine, d'abord commandant de la clladcllp, avait remplacé, en 1G36, comme lieutenant de roi, Alexandre de Mun [Journ. de Jean Bauchez).
2. La famine sévissait aussi dans la Basse-Alsace et de Tautre côté du Rhin.