LA VALETTE DEMANDE A EMMENER FABERT EN ITALIE
commandaient de ménager ses sujets jusque dans leurs sentiments de haine contre les Français. Mais il s'inquiétait surtout de l'avenir réservé à la famille du duc d'Épernon, si le cardinal de la Valette, le seul capable de conjurer auprès de Richelieu les périls qui la menaçaient, était retenu en Italie par les exigences de sa double mission politique et militaire, jusqu'à la conclusion de la paix générale.
De son côté, le cardinal de la Valette avait craint tout d'abord que le pape Urbain VIH, sous la pression du marquis de Castel Rodrigo, ambassadeur d'Espagne à Rome, ne mît opposition, au nom des lois de l'Église, à sa nomination de commandant en chefde l'armée d'Italie. Ses appréhensions, à ce sujet, n'avaient pas tardé à disparaître, il se reposait en grande partie sur Fabert pour l'aider à surmonter les autres difficultés. C'est pourquoi il demanda à Richelieu de l'emmener avec lui. Le ministre paraissant oublier, dans cette circonstance, Tincident de Rueil, accéda de bonne grâce à sa prière. Fabert, mandé à Saint-Germain, y fut accueilli avec bienveillance par le roi, qui l'invita à vendre ses charges de capitaine et de sergent-major au régiment de Rambures, pour aller servir en Piémont avec celle de sergent de bataille. Comme il tenait celle de sergentmajor du duc d'Épernon, colonel général de l'infanterie, il crut de son devoir de lui en envoyer la démission. Le duc répondit à cette marque de reconnaissance en lui adressant des provisions en blanc, afin qu'il en disposât à sa volonté. Quant au brevet de sergent de