‹ Le maréchal de Gassion, 1609-1647Chapitre 20 sur 93 · A. A. E. France i · texte numérisé non relu

A. A. E. France i

3. Les correspondances et mémoires de cette tfpoque portent Fouvcnt une partie pour un parti de cavalerie ou d'autre troupe.

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qu'elle réussisse, mais je ne vois pas aussi que nous puissions faire perte qui puisse être mise en ligne de compte. Vaubecourt (') est celui qui passe auteur de l'entreprise, comme, en effet, c'est lui qui Ta préparée, k laquelle on a ajouté ce que l'on a pu. M. le grand maîlre n'y est que comme volontaire, Gassion. étant celui qui mène la partie, qu'il a fallu tirer de l'armée de M. de La Force, sous prétexte des fourrageurs. 11 en faut user ainsi, mais tout cela ne fera pas qu'on puisse faire grand'chose (*).

M. de La Meilleraye excitait la méfiance des officiers qui servaient sous ses ordres et, dans une entreprise reconnue difficile, Richelieu ne la laissait conduire par son cousin, comme dans cette occasion, qu'avec le concours de Gassion qui savait, par son audace et sa connaissance des choses de la guerre, mettre la fortune du côté de ses escadrons.

Il n'est pas sans intérêt de connaître, aussi, les instructions que le roi donnait alors, pour chercher, par tous les moyens, à arrêter la désertion, ce fléau de l'armée aux dix-septième et dix-huitième siècles. Le recueil des ordonnances, sur ce point, est très instructif à consulter. On peut dire que l'attention de Louis XIII et de son principal ministre ne s'est jamais ralentie pour asseoir, dans une époque aussi troublée, la discipline sur des bases solides, en forçant les officiers à rejoindre leurs compagnies, en punissant de mort ou de la destitution ceux qui manquaient à leurs devoirs, en préservant, par des mesures sévères, le peuple des exactions des gens de guerre. Aussi, des idées philanthropiques, dont on parle beaucoup de nos jours, inscrites dans les règlements actuellement en vigueur, ont leur origine dans les instructions royales du temps de Richelieu. On en jugera par cette lettre du roi :

Abbeville, le i3 août i638.

Mon cousin, ayant seu que les vieux soldats des régiments traittent si injurieusement de paroles et de faits en toutes occasions les soldats de Recrues qui s'enrollent dans mes troupes, qu'ils en obligent plusieurs k les quitter, je vous fais cette lettre que comme les dits soldats doivent estre tenus égaux depuis qu'ils sont enrollés, mon intention est que

i. Jean de Neltancourt, baron d'Orne et comte de Choiseul. a. A. A. E. France i638, F. *43.

MARÉCHAL DE CAMP 5l

vous fassiez une ordonnance portant deffenses très expresses aux anciens soldats de maltraiter ou injurier en aucune façon les nouveaux, et aux uns et aux autres de se meffaire ni mesdire à peine de punition exemplaire, et que vous fassies effectivement chastier ceux qui oseront y contrevenir. C'est le sujet de cette lettre, laquelle je ne ferav plus que pour prier Dieu, etc.^ 1 )

Ne s'est-on pas inspiré de ces sages recommandations pour établir, depuis, les principes généraux de la subordination et des devoirs inhérents à chaque grade?

Plus on parcourt l'histoire militaire du dix-septième siècle, plus on reconnaît que des instructions que l'on regarde, de nos jours, comme une émanation de l'esprit moderne, ne sont que la répétition d'autres beaucoup plus anciennes, qu'il est quelquefois bon de rappeler pour rendre à chaque époque sa véritable physionomie et prouver que, en bien des circonstances, le vieux temps avait aussi le souci des mesures pouvant assurer la bonne constitution de l'armée.

Gassion, nommé maréchal -de -camp, avait prêté serment à Saint-Germain-en-Laye le 2 3 juin (*).

On trouve dans le fonds Clérambault, des manuscrits de la Bibliothèque nationale, des détails très intéressants sur les fonctions d'un grade que Guébriant, Turenne et d'autres généraux distingués ont rempli à cette époque :

« L'on ne voit guère d'hommes capables d'un tel grade. Ceux qui s'en sont rendus dignes par un long service ne sont point connus ou n'ont pas de quoi subsister dans un honneur si éclatant. Ceux qui, par la force de leur esprit et par le soin particulier qu'ils ont eu de voir, de lire et d'apprendre, n'ont pas toujours trouvé le temps d'en donner des preuves irréprochables à ceux qui distribuent ces honorables emplois.

« Mais mon dessein n'étant pas de blâmer le malheur du temps, mais seulement de passer quelques heures utiles en un emploi qui pourra être profitable à mes amis, je viendrai à mon point qui est de former un maréchal-de-*camp si parfait que les

1. Aubkrt, Mémoires pour f Histoire du cardinal de Richelieu, t. II, p. 219.

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