‹ Le maréchal de Gassion, 1609-1647Chapitre 26 sur 93 · I. AUBERY · texte numérisé non relu

I. AUBERY

JEÀlt DE GASSION

Lettre du roi. De Grenoble, le 20 septembre i63g.

Mon cousin, j'ai été fort étonné d'apprendre là prétention du sieur d'Egenfeld de ne point reconnaître les maréchaux de camp de mes armées. Je lui fais savoir mes sentiments par la lettre que je vous adresse ouverte pour lui, laquelle vous lui ferez rendre et lui ferai savoir ainsi que je lui mande que mon intention est qu'il reconnaisse les mareschaux de camp et leur obéisse sans difficulté. A quoi, s'il s'accommode, vous le rétablirez dans sa charge, sinon vous le laisserez dans la liberté d'aller a Verdun ou autre lieu que bon lui semblera dans mon royaume.

Et parce que ledit sieur d'Egenfeld fait de grandes plaintes des paroles et du procédé qui lui ont été tenus par les sieurs de La Ferté- Imbault et de Saligny et dit même ne pas être en sûreté de sa personne en l'armée où ils ont autorité, sous vous, je désire que vous voyez s'il y a quelque sujet raisonnable de se plaindre et que vous essayez à le faire contenter et a l'accommoder de gré a gré avec lesdits sieurs maréchaux de camp, en sorte qu'il puisse continuer a servir dans ladite armée dans sa charge comme il a fait jusqu'ici, dont vous savez que j'ai satisfaction et que ce soit sans aucune division avec eux( x ).

Gassion avait été envoyé en Normandie, avec 4 ooo hommes et la fleur de la noblesse, pour aider Je chancelier Séguier, qui mettait à la raison les habitants, soulevés à propos de la taxe imposée aux particuliers. Les révoltés avaient pris le nom de Nu-Pieds ou de Souffrants.

L'application que le colonel apportait à l'exécution des commandements du roi le fit marcher avec diligence. Il arriva àCaen, le 24 novembre, désarma toute la population. Ayant appris, par M. le marquis de Canisy, qu'Avranches était la retraite des séditieux, il marcha contre cette ville, qu'il mit à feu et à sang. Dans cette exécution, il courut un grand danger. Un des rebelles, appelé Le Plé Duval Saint-Paer, vaillant autant qu'on peut l'être, tua Antoine de Saint-Simon, marquis de Courtemer, croyant que c'était te colonel Gassion. Cet homme sauta quatre fois une barricade du faubourg et parvint à se sauver. Gassion fit tout ce qu'il put pour le trouver, lui faire donner grâce et le mettre dans ses troupes. Pris, plus tard, il fut roué vif à Caen par ordre du chan-

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