‹ Le maréchal de Gassion, 1609-1647Chapitre 27 sur 93 · I. AUBERT · texte numérisé non relu

I. AUBERT

LE MARÉCHAL DE LÀ MEILLERAYE — LES NU-PIEDS 6t

celier( 1 ). Après des mesures excessives, Tordre fut rétabli dans la province, dont la lieutenance fut promise à Gassion(*).

Quelques favoris de La Meilleraye ont attribué à Gassion une répression inhumaine dans cette révolte de Normandie. Il a toujours agi militairement et, par sa décision et son énergie, pu arrêter un mouvement insurrectionnel que les rigueurs employées par Séguier ont étouffé pour longtemps. On a trouvé deux règlements de lui, qui suffisent à prouver l'intérêt qu'il prenait au soulagement des habitants et à la sécurité des villes.

Dans le premier, daté du 3r décembre i63g, il laisse au choix des bourgeois de nourrir les gens de guerre lcfgés chea eux de leurs vivres ordinaires ou de leur bailler six sols par jour, avec les ustensiles, pour chaque soldat à pied, et trente pour les cavaliers.

Dans le second, portant la date du i* r janvier i6'4o|, tous les habitants, de quelque qualité et condition qu'ils soient, ne devront pas marcher dans les rues sans lumière après huit heures du soir, ni même avec de la lumière après dix heures pour quelque cause ou sous quelque prétexte que ce soit. Les contrevenants seront punis, la première fois de cent livres d'amende, pour laquelle ils seront constitués prisonniers. Pour la seconde fois, ils seront considérés comme perturbateurs de la tranquillité publique. Il est enjoint aux curés et trésoriers des paroisses de faire sonner la grosse cloche à neuf heures du soir ( , ).

Cette campagne de 1639 fut marquée par la désastreuse journée de Thionville, 7 juin, où la cavalerie française a rappelé celle dite des Eperons. Au commencement du combat, M. de Saint-Paul, maréchal-de-camp, qui commandait le gros de la réserve, eut le regret de constater le désordre qui régnait dans les régiments faisant face à l'ennemi. Il se mit à la tête du régiment de Saint-Aignan ( 4 ) pour le mener à la charge, tenter un dernier effort. Voyant qu'on l'abandonnait au milieu du choc, il eut un si grand crèvecœur de cette lâcheté, qn'il ne voulut ni se retirer ni prendre

Page 1