MESTKE-DE-CAMP GENERAL DE LA CAVALERIE LEGERE
Sa famille. Il préfère la guerre à la robe et à l'étude. Ses premières armes en Savoie, dans le Languedoc. Il va rejoindre Gustave- Adolphe en Allemagne. Accueil qui lui est fait. Sa conduite à la bataille de Leipsig. Cadeaux qu'il reçoit. Courses victorieuses. Il lève une compagnie à Paris. Service d'enfants perdus. Affaire de Kayserslautern. Il rejoint le roi de Suède à Nuremberg. Compliment sur sa compagnie. Le roi lui donne un régiment. — 1032 : Ses exploits en Bavière. Fait prisonnier, il s'échappe. Lutzen. L'armée passe aux mains du duc Bernard de Saxe-Weimar. Opinion du duc et du chancelier Oxensliern sur Gassion. Affaire de Villingen. — 1033 : Diète d'Heilbronn. Munderkingen. Défaite et mort du colonel Fiston. — 1034 : Défaite de Nordlingen. — 1035 : Le colonel Gassion négocie la jonction de l'armée du duc Bernard avec celle du maréchal de La Force. Réception chaleureuse à la Cour. Confiance qu'il inspire à Richelieu. Il quitte le duc Bernard. Les adieux. Régiments étrangers. Conduite de Gassion depuis son entrée au service.
Le grand-père de Jean de Gassion était procureur au conseil général de Navarre ; Jeanne d'AIbret l'avait fait élever avec beaucoup de soins. Pendant le siège de Navarrenx par les Espagnols, le gouverneur ayant été tué, il commanda à sa place, contraignit l'ennemi à se retirer à Orthez, jusqu'où il le poursuivit et le força à se rendre. Cette action lui valut la présidence du conseil souverain du royaume; son fils, procureur général, puis président du même conseil, mourut avec un brevet de conseiller
d'État ('). C'est le pète-de J<= an cle Ga3sion, né à Pau le 20 août 1609, mort maréchale* Rça nce à la suite d'une blessure reçue au siège de Len&}hà'iêûf^ : : -^
Selon l'usage du temps, les cadets de bonne famille prenaient leur nom d'une terre patrimoniale. Son frère aîné, Isaac, fut le sieur de Pondoly, le second, Jacob, le sieur de Bergère. Lui s'appela le baron de Montas. Le dernier, Pierre, passa au catholicisme et mourut évêque d'Oloron. Ils avaient trois sœurs.
Préférant la guerre à la robe et à l'étude, Jean de Gassion quitte la maison paternelle à l'âge de quinze ans. Son père lui donne un vieux courtaud, cheval qui pouvait bien avoir trente ans. Il y a apparence que le jeune homme n'était guère mieux pourvu en argent qu'en monture. Ce coursier le laissa à quatre ou cinq lieues de Pau( a ). Il fut contraint de mettre ses souliers au bout d'un bâton sur son épaule, de vivre sur le public jusqu'à ce que, ayant trouvé des troupes, il entra dans le service ( 5 ).
11 passa en Italie, qui n'était pas alors en guerre avec la France. On le trouve, en 1625, gendarme dans l'armée du duc de Savoie. Lorsque ce prince favorise les projets des ennemis du roi, celui-ci donne l'ordre à ses sujets de quitter ses drapeaux, Gassion revient avec le sieur de Vignolles, gentilhomme du Béarn, maréchal de bataille et son mestre-de-camp. Il sert en qualité de cavalier dans le régiment de Toulouse ( 4 ); s'étant fait remarquer pour sa bravoure à l'attaque du pas de Suze, il obtient une cornette dans la compagnie de chevau-légers, de M. de Saint-Estève (*), passe deux années dans l'armée du duc de Rohan, prend part aux guerres de religion, se distingue aux sièges de Saint-Sever et de Saint-Affrique. Après la paix d'Alais, en 1629, accordée aux protestants, il retourne en Piémont, se trouve au siège de Pignerol, à l'affaire de Veilhane ( 6 ), 011 il se conduit avec distinction.
1. Mémoires de Saint-Simon, l. VII, ch. II. — Dictionnaire de la noblesse, de La Chesnaye-Desbois, Ch. L. Frossard, 1895.