MESTRE DE CVMP GÉNÉRAL DE LA CAVALERIE LÉGÈRE
Ici se place un épisode des plus tristes de l'histoire de la cavalerie française.
Le comte de Soissons (*), qui n'avait jamais voulu plier devant le cardinal, s'était réfugié dans Sedan où il se tenait en relation avec la reine mère, les ducs de Guise, de Vendôme, de la Valette et tous les mécontents de l'intérieur. Richelieu intima au duc de Bouillon de lui livrer ce rebelle. Le duc refusa, leva une armée de réfugiés, signa un traité d'alliance avec la maison d'Autriche, qui lui donna un secours de sept mille hommes. Aussitôt, le cardinal envoya contre lui le maréchal de Châtillon avec dix mille hommes de pied et trois mille chevaux.
Le 6 juin, une rencontre eut lieu dans les bois de La Marfée près de Sedan.
Richelieu fit retomber toute la responsabilité de cette défaite( a ) sur l'incapacité du maréchal de Châtillon à qui il écrivit : « Dieu a voulu châtier M. le comte et nous donner un coup de fouet; nous l'avons bien mérité pour nos péchés particuliers et vous pour l'irrésolution que vous avez de longtemps à faire ce que vous savez bien pouvoir et devenir dans votre conscience , je vous prie d'y penser sérieusement à l'occasion » ( 5 ).
Dans une autre lettre, adressée à M. Bouthillier, surintendant des finances^ le n juillet i64i? il dit : « Les ennemis avaient beaucoup de vigilance et d'endurance, et nous beaucoup de paresse et point de prévoyance et encore moins de savoir-faire. La pesanteur et la léthargie perpétuelle de M. de Châtillon donna lieu aux ennemis de prendre le champ de bataille qu'il avait choisi le jour auparavant » (*).
1. Louis, comte de Soissons — fila de Charles de Bourbon, comte de Soissons, fils luimême de Louis de Bourbon, prince de Condé, et de sa secondé femme, Françoise d'Orléans — Longueville — né le 1 1 mai 1604 à Paris, tué à La Marfée le 6 juillet 164 1. Il était donc l'oncle du duc d'Enghien et le beau-frère du prince Thomas de Savoie-Garignan, connu sous le nom de prince Thomas.
a. Le comte de Soissons avait des intelligences dans l'armée royale et par tous les moyens cherchait à entrer en relation avec ses principaux chefs. On en trouve uns preuve dans une lettre adressée par l'abbé Arnauld au président Baril Ion, le 16 juin i64i : « Vous aurez déjà sceu. sans doute, ce quy est arrivé au marquis de Praslin. Beauregard, capitaine des gardes de M. le conte, luy demanda de Sedan qu'il voudrait bien luy parler seul. Praslin alla au rendez-vous, acco.npagaé de d'Andelot et d'un gentilhomme.