MESTRE-DE-CAMP GÉNÉRAL DE LA CAVALERIE LÉGÈRE
à la couronne. On n'a porté aucune atteinte à la gloire du diplomate, de l'homme politique, en montrant le principal ministre de Louis XIII aussi préoccupé des affaires militaires que de celles de l'extérieur et de l'intérieur, faisant preuve de la même ténacité dans ses résolutions pour faire cesser l'inconduite et les exactions des gens de guerre que dans ses projets contre la maison d'Autriche, les grands et les protestants. Il a eu l'insigne privilège d'attacher au service du roi deux hommes hors pair, dont le nom est intimement lié non seulement à l'histoire de la cavalerie, mais à celle de l'armée. Turenne et Gassion (') ont répondu à son attente, continué, après sa mort, à faire prévaloir ses desseins en collaborant, par les armes, à la signature du traité de Westphalie qui, après une guerre de trente ans, établissait les bases définitives de l'équilibre européen, que les guerres sous Louis XV ébranleront à peine et que l'épopée impériale fera disparaître.
La cavalerie étrangère a joué un grand rôle sous son ministère. Le régiment de Gassion y a acquis une réputation qui s'affirmera immédiatemerft dans les plaines de Rocroy pour attirer sur son chef l'attention de Mazarin. C'est à partir de cette année que furent ouvertes les premières négociations en vue d'un traité de paix qui sera signé, en i648, à Munster et Osnabruck. L'honneur de ces pourparlers revient à M. d'Avaux, dont l'adresse, l'habileté et la patience ont aplani des difficultés que les événements militaires pouvaient faire considérer comme insurmontables, pour en arriver à un événement diplomatique qui a eu de si grands résultats sur la politique des cabinets de l'Europe, de cette époque à la Révolution française.
i . Dans une noie du chapitre 111 du quatrième volume de V Histoire des Princes de Condè, il est dit que c'est Louis XIII qui a véritablement distingué Gassion, reconnu l'aptitude réelle de celui qu'il devait mettre à la tète de la cavalerie légère. Dès le 6 juillet i636, il écrivait au Cardinal : « Je fais revenir Gassion en cette armée (Picardie) afin de l'opposer à ces marauds de Croates. S'il y a quelque convoi à conduire ou s'il faut envoyer à la guerre pour prendre langue des ennemis, personne ne le peut faire si bien que lui. » 11 y avait une année que le colonel était au service de la France quand cette lettre fut écrite. Le Roi avait eu le temps de se rendre compte des qualités brillantes de celui que Richelieu avait attiré sous nos étendards.