THIONVILLE GASSION MARÉCHAL DE FRANCE II
sieur, je ne seray jamais content que cela ne soit ; je l'attens de Vous. »
Le prince répond :
« L'affaire de M. de Gassion est infaillible, mais le seul respeé de M. de Turenne la retarde jusqu'à la fin de la campagne; ils seront tous deus ce qu'ils désirent ; mais M. de Turenne sera le premier. »
La religion de Gassion était une grande difficulté, qui venait entraver les démarches faites en sa faveur. Il n'était pas possible de le faire maréchal de France sans que Turenne le fût, et l'on craignait de désobliger la maisoû de La Force si l'on ne donnait pas le bâton au marquis. Il ne paraissait pas être d'une bonne politique, au commencement d'une régence, de donner une telle dignité à trois huguenots. La piété de la reine y résistait, mais par-dessus tout, on regrettait de donner l'avantage de cette promotion au duc.
« La même dignité ayant été demandée par le duc d'Enghien pour Gassion, qui avait servi sous lui, cette princesse s'y engagea un peu légèrement et, comme tous ses serviteurs l'en blâmaient, elle chercha à s'en dédire. Mais Sa Majesté étant cependant pressée de tenir sa parole, ceux qui avaient été le plus contraire, ne changèrent pas d'avis. On représenta à Sa Majesté que les services de Gassion pouvaient être récompensés par quelque chose de moindre et que, sa naissance n'ayant rien d'illustre, c'était avilir cette dignité que de la lui conférer, à moins qu'il ne l'eût méritée par de bons et continuels services^). »
Sachant que le prince de Condé haïssait mortellement ceux de la religion réformée, en présence de l'opposition sourde qu'on lui faisait à la cour, le duc d'Enghien met plus d'insistance dans ses revendications, comme le prouvent deux nouvelles lettres adressées à son père ( a ) :
Maubeuge, 7 juin i643.
L'affaire de M. de Gassion m'est de si grande importance que je suis obligé de la presser et le plus grand plaisir que vous me puissiez faire, c'est de la faire achever promptement ; il m'a dit qu'il ne se