Il mourut pair de France et évoque de Langrcs
DEUXIÈME CAMPAGNE DE FLANDRE l35
l'armée était très fatiguée. L'inquiétude se manifestait partout. Le 28 juin , Mazarin écrit à Gassion :
Monsieur, le sieur d'Ort allant trouver Son Altesse Royale de la part de la Reine, je ne l'ai point voulu laisser partir sans qu'il vous portât de mes nouvelles. Vous pouvez croire que je ne vis pas, maintenant, sans quelque petite inquiétude, et que rien ne m'occupe* l'es* prit si fortement ni si continuellement que le siège de Gravelines et que l'attente du succès d'une aussi haute entreprise. J'espère pourtant qu'il répondra au bonheur du commencement et du progrès et que toute la consolation que les ennemis rapporteront de n'avoir pas secouru cette place sera de ce qu'elle aura été trop bien inquiétée.
Il faut néanmoins que je vous dise que parmi cette espérance, que toutes les apparences favorisent, nous ne cessons point d'avoir de la crainte et d'en recevoir des alarmes pour la personne de Son Altesse Royale qui s'expose un peu trop, à ce qu'on nous mande. C'est k quoi vous devez absolument vous opposer et vous souvenir que la personne de ce prince est un dépôt dont ceux, qui ont l'honneur de l'approcher et d'avoir accès dans son esprit, sont en quelque sorte chargés et responsables au Roi et à l'État à qui il est nécessaire. Je ne doute point que vous fassiez tout ce que vous pourrez pour retenir par raison cet excès de courage, mais je suis obligé de vous dire que vous ne le faites pas par votre exemple et que, soit par zèle pour le service du Roi, soit par émulation ou autrement, vous vous emportez, quelquefois, au delà des bornes qui sont propres a votre charge.
Sur quoi, je vous dirai librement que je voudrais avoir autant de sujet de vous remercier de la prière que je vous fais de ne donner pas tant a votre courage que de la bonne intelligence que vous avez avec M. le maréchal de La Meilleraye, à laquelle je me persuade que ma considération a contribué pour quelque chose. Vous considérerez néanmoins en ceci ce que la raison et le service du Roi exigent de votre conduite et ne trouverez pas mauvais que j'ai usé .de la. liberté que l'amitié que j'ai pour vous me donne de vous dire mes sentiments aux choses qui importent au bien de l'État et regardent ma satisfaction particulière qui est, qu'en vous ménageant comme vous le devez, vous fassiez le service du Roi et acquerriez de la gloire. Je souhaite l'un et l'autre de tout mon cœurÇ 1 ).
Monsieur, de son côté, ne cessait de renouveler à Gassion la prière de se ménager, d'avoir soin de sa personne, lui disant c qu'il avait en ses mains une bonne partie de son mécontente-