‹ Le maréchal de Gassion, 1609-1647Chapitre 68 sur 93 · Vincart · texte numérisé non relu

Vincart

l6o JEAN DE GASSION

nécessité que, quand la place se rendit, il n'y avait plus ni poudre ni boulets ( f ).

Le duc d'Enghien chargea Gassion de conduire un convoi dans la place. Les Espagnols lui opposèrent six régiments d'infanterie et cinq de cavalerie. Il les aborde, les met en fuite, leur tue 5oo hommes et fait près de i ooo prisonniers.

Il est nommé gouverneur de Courtrai.

Après une pointe hardie dans le pays ennemi, le duc d'Orléans assiégea et prit Bergues, Saint- Venant, pendant que le maréchal de Gassion s'emparait des forts situés entre Bergues et Hondschoote.

Pendant le siège de Mardick, qui capitula le a5 août, il repousse une sortie des assiégés. « Jamais homme ne fit plus d'exploits tout d'une haleine et en si peu de temps ( a ). »

Après avoir pris Fumes, l'armée, commandée par le duc d'Enghien, depuis le départ du duc d'Orléans pour Paris, vint investir Dunkerque le 19 septembre, pendant que l'amiral Trompa) lui apportait le concours de sa flotte. Le duc d'Amalfi, Beck, Piccolomini échouèrent successivement dans leurs entreprises pour secourir cette place, qui se rendit le 1 1 octobre. Le gouvernement en fut donné à Rantzau, ainsi que celui de Bergues, que le duc d'Enghien avait demandé pour Marchin et que Ma^arin lui refusa.

Les relations entre le général en chef et Gassion étaient très tendues depuis quelque temps.

Aux derniers jours du siège, dans la tranchée, au milieu d'une conférence, Gassion affecta de sauter, sur le terrain découvert pour achever sa démonstration sous un feu vif et continuel. « Croyez-vous, Monsieur, lui dit le duc d'Enghien, qu'il fût nécessaire de me donner cette preuve de votre grand courage et douteriez-vous que, dans l'occasion, j'osasse moins que vous(*).»

Une altercation bien plus vive eut lieu lors de la reddition de la place.

M. le marquis de L'Ayde, gouverneur de Dunkerque, reçut de

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