‹ Le maréchal de Gassion, 1609-1647Chapitre 70 sur 93 · M. DE PUYSEQUR · texte numérisé non relu

M. DE PUYSEQUR

a. Gassion avait alors trente-sept ans et le duc vingt-cinq.

n'était pas à lui à chercher des raisons, mais à obéir aveuglément à ses commandements, étant son général, qui en savait plus que lui et qu'il lui apprendrait l'obéissance comme au dernier goujat de l'armée. Le maréchal, ennuyé d'un si mauvais traitement, ne put s'empêcher de lui dire qu'au moins dans son malheur il était heureux de ce qu'il ne pouvait lui ôter l'honneur du gain de la bataille de Rocroy, qui était la première de ses victoires ('). »

En parlant d'un grand convoi, conduit dans Courtrai par Gassion, M. le duc d'Aumalc ajoute : « C'est la dernière fois qu'on vit le maréchal dans son vrai rôle ; circonscrit dans une tâche définie et qui ne dépassait pas l'horizon limité de sa vive intelligence, il était sans rival pour conduire les troupes, prendre hardiment son parti, saisir les occasions. Pourquoi cédait-il trop souvent aux caprices de son humeur mobile et jalouse ? Habitué depuis deux ans à tout dominer par sa verve, sans que la contradiction en vînt entraver l'indépendance presque absolue, confiant dans le sentiment du premier ministre, il était arrivé à cet état d'infatuation où la reconnaissance pèse. Excédant les bornes d'une juste et noble rivalité de valeur, à peine retenu par l'autorité du rang et du caractère, le maréchal semblait épier l'occasion d'éclipser le prince par son audace, et de s'affranchir de toute contrainte. Condé l'observait non sans chagrin, essayant de le ramener, mais les incartades se multipliaient. »

Après avoir relaté les incidents du siège de Dunkerque, l'historien ajoute : « Gassion perdait de gaieté de cœur l'appui qu'il avait longtemps reçu de M. le duc ; le cardinal allait l'abandonner ; sa disgrâce était certaine, lorsque, l'automne suivant, un coup de mousquet termina la carrière du rude et vaillant soldat, Lahire du dix-huitième siècle (*). »

Si Mazarin était sur le point d'abandonner Gassion, le duc d'Enghien commençait aussi à être redoutable au ministre par son orgueil, la noblesse qui se groupait autour de lui, ses prétentions exorbitantes ( 3 ). On l'enleva de l'armée de Flandre et on

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