‹ Le maréchal de Gassion, 1609-1647Chapitre 9 sur 93 · Était, en i6a5, écuyer dn margrave d'Anspach · texte numérisé non relu

Était, en i6a5, écuyer dn margrave d'Anspach

5. Commandait, en i6ag t un régiment de cavalerie en Pologne.

6. Essai sur la cavalerie, par d'Hautheville des Amourettes, 1756.

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qu'en suivant une méthode différente, et même après plusieurs années de peines et de soins, on obtienne au même degré ces mêmes effets qu'un commerce journalier opère en très peu de temps. »

Quand quelqu'un avait offensé le moindre de ses cavaliers, il menait avec lui cet homme et lui faisait faire raison d'Une façon ou d'autre (*).

Aussi comprend-on l'attention que Richelieu portait à avoir de vieux régiments étrangers, commandés par des colonels qui avaient dans la main leurs officiers et leurs hommes, tous aguerris, tandis que la cavalerie française passait par une période de transformations des plus laborieuses.

« Jamais homme de guerre, dit Tallemant des Réaux, n'a mieux entendu à tourmenter les ennemis.

« II mena admirablement les gens à la guerre. J'en ai oûy conter une action bien hardie et bien sensée tout ensemble. Avant que d'estre maréchal de camp, il demanda à quinze ou vingt volontaires s'ils vouloient venir en party avec luy ; ils y allèrent. Après avoir couru toute une matinée sans rien trouver, il leur dit^ (- Nous sommes trop forts ; les parties fuyent devant nous ; laissons icv six cavaliers, et allons-nous-en tous seuls* » Les volontaires le suivent. Ils s'avancent jusqu'auprès de Saint-Omer. Quand ils furent là, voilà deux escadrons de cavalerie qui paroisse nt et leur coupent le chemin, car Saint-Omer estoit à dos de nos gens : « Messieurs, leur dit-il, il faut périr ou passer. Mettez-vous tous de front et allez au grand trot à eux et ne tirez point. Le premier escadron craindra, voyant que vous ne voulez tirer qu'à brûlepourpoint ; il reculera et renversera l'autre. » Cela arriva comme il l'avait dit. Nos gentilshommes, bien montés, forcent les deux escadrons et se sauvent tous, à un près.

« En voicy un autre, qui est bien aussy hardy, mais il me semble un peu téméraire. Ayant eu avis que les Cravates emmenaient les chevaux du prince d'Henrichemont, depuis duc de Sully, jl voulut aller les charger, accompagné seulement de quelques-uns de ses cavaliers; et s'estant trouvé un grand fossé entre luy et les

i. Tallemant des Réaux.

ennemys, il le fit passer à nage à son cheval, sans regarder si on le suivait, tellement qu'il alla seul aux ennemys, en tua cinq, mit les autres en fuite, et revint avec trois des nostres qu'ils avoient pris et qui lui aydèrent peutrétre dans le combat. Il ramena tous les chevaux ('). »

Gassion, qui passe, avec raison, pour le plus grand cavalier du dix-septième siècle, montrera bientôt, que l'arme qu'il a illustrée par ses exploits, est aussi nécessaire dans les sièges, que c'est d'elle que dépendent les succès sérieux de toutes les entreprises. Elle permet à l'armée de rester maîtresse de la campagne, de subsister, de réduire l'ennemi à de grandes privations en enlevant ses convois, ses fourrageurs, ses gardes avancées. Par des partis fréquents, des courses continuelles, des excursions poussées à de très grandes distances, elle assure la tranquillité des quartiers. Comptant sur la solidité de son régiment, dont il avait l'entière confiance, il mettait à profit son expérience des choses de la guerre pour entreprendre des actions, qu'il engageait quelquefois sous sa responsabilité seule, el qui réussissaient toujours. Il jouissait donc des qualités nécessaires au commandement. On verra, par la suite, que sa passion unique était la gloire de son maître, la grandeur de la France. Aussi, sa réputation militaire aura-t-elle l'insigne avantage de ne jamais être atteinte par des compromissions politiques qui ont momentanément obscurci l'éclat de la renommée de deux grands capitaines de ce siècle. Si, plus tard, il n'est pas à l'abri des vexations de la cour, il fera toujours taire ses ressentiments personnels en pensant aux services nombreux qu'il peut rendre dans l'armée contre les ennemis de sa patrie.

Au siège de Dôle, tout le monde disait qu'il n'y avait que lui qui fit bien, que ses travaux et ses batteries réussissaient toujours. Il enlevait des quartiers, courait partout. Après la reddition de la place, il n'était question que du colonel Gassion. Le prince et le grand maître de l'artillerie ne lui pardonneront pas cette popularité dans l'armée et dans la population. Tallemant des Réaux entre dans des détails circonstanciés sur la. foule qui se pressait

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