Ilisl. des Princes de Condé, t. IV', l'Jô
le don (les cartes, dontjiartie avait été tirée de rÉpaigiie pour lui donner. Je voudrais que vous l'eussiez, niais si la considération du lieu d'où il vient vous empêche d'y penser, comme je le crois, j'eslime que si le Uoi ne le veut remettre à son Epaigne, il serait grandemeiil loué do le donner à ^1. de (îuéln-iant, ([iii n'a d'autre vaillant que Tlionneur ' ! »
D'autre vaillant que l'honneur! Quelle belle devise pour un homme de guerre ! Quel admirable qualificatif sous la plume du grand cardinal !
(luébriant réprimait les abus et les actes d'indiscipline des soldats, entremêlant la douceur et la sévérité. Il était bon, aimalile, d'humeur égale, conciliant, plein de tacl, prudent. Mais, à l'occasion, il se montrait d'une inébranlable fermeté, surtout lorsque l'honneur de la France était en jeu. Homme de caractère dans toute la force du terme, il possédait cette qualité rare et précieuse dont les avantages surpassent ceux que procure un esprit raffiné : le jugement, qui permet de vivre en sage et en philosophe dans une atmosjîhère troublée. N'était-ce pas, grâce à ce jugement sain, qu'on avait vu s'opérer une métamorphose complète dans sa manière de vivre ! Jeune, il inspirait des craintes pour l'avenir ; il suivait, nous l'avons dit, une pente dangereuse ; mais brusquement, par l'effet seul de la volonté, ses idées prenant un autre couis, il entrait dans un meilleur sentier, celui de l'honneur et de la vertu. S'il n'avait pas les qualités mondaines et brillantes qui séduisent, il possédait, en revanche, celles qui font estimer. On lui accorde beaucouj) de charme dans sa conversation et une grande instruction. Volontiers il discutait et citait les auteurs, même les latins : Quinte-Curce, César, Tacite, et bien d'autres. Il écrivait le français avec une extrême pureté.
« Arrêtons-nous, écrit le duc d'Aumale, devant cette figure dont la contem[)lation repose. On aime à rester un peu avec cet homme d'un mérite si solide et si com-
1. l')ibl. Xat., .")0(i Colbeii. V. 11(;-H5. Richelieu à de Noyers ; Bourlion- F..iricv, 24 1642.
plcl, qui ne fui ni aiiibiticux, ni cupide, (jue les honneurs allèrent chercher, (jui ne fil (jue le bien et ne |)rati(|ua que le devoir' ». « Peu de h'rançais de nos jours savent ce que la pahieiui doil, ajoule le nit-ine auleur. Simple gentilhoninie de pro\ in(e,éli"angeraux intrigues de cour ou de cabinet, ser\anl au loin sans r-elàche, dévoué, inodesle, austère dans ses inu'uis, siiicèrrnient religieux, il lient peu de place dans les cji roMi(| ut 's amusantes. Coiunie il ne deniandail j)as, on ne lui fil guère de largesses; le seul présent (pi il reçut fui la rançon du généi'al en chef Laniboy, son prisonniei-, (piOn lui abandonna apiès Kenij)en ; encore eut-il plus de mal a la touchei" (pi'à prendre une place. Il mourut j)auvre. La postérité l'ignore ou à peu près. Ses contemporains l'admiièrent un moment-... «