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LA MArUCH \Li: DE (JUKBRIANT DUHANT SON VEIVAGE 429
laisser eiiteudre que le parti lui con\ieiit (M lui adresse involontairement des paroles si désobligeantes qu'il se relii'e niéconlent. Aiine-.Maric, prise de (h'sespoir. Iruuvîiiit tdle-juèiue le fail incompréhensible, obtient de lui une aiihe enli-e\ii('. bien décitlée à accorder sa main; une seconde fois elle lui parb' malbonnèlement. Dans son enlonraLi^e, on s'étonne ce|)en(b(nt (pi (die ne conti'acte [)as mai-iage. Ses oncles accuseni mt'ine Mme du lertre-.iouan, sa mère, de n('}ili«jence on de mauvaise xolonlé, et clieichenl pour (die une alliance coiiNenable. Avec empressement, Anne-Marie accepte une idée ({ui lui sourit ; l'allaire marche à souhait : on se voit, on se plait. l ne d(;rnière entrevue a lieu dans le parloir d'un couvent. Aussitt)t (fue son liancé apparail, Anne-Mari(^ j)Ousse un cri (h' dou'eui', porte la main à sa poilLine, de\ ient blême et tombe. « C'est lini, dit-elle, j'ai reçu un coup m(ut(d ! » J-^Ue e\j)li(|ue alors avoir vu un ange s'élancer du ciel et lui percer le co'ur. Elle annonce (juclle va mourir ; les médecins ne savent (|ue diagnosti(|uer.Au bout de trois jours, elle meurt en ellel après avoir jeté, de concert avec sa mère, les bases d'une fondation sous la dénomination des Dames-Budes. ('/était (mi 1(574. ('et ordre existe encore à Hennés, et le lond)eau d'Anne-Marie y est vénéré tout particulièrement'.
Iiclatons maintenant les j)rincipau\ incidents de la célèbre mission diplomati(jue qu'eût à remplir la maréchale de (îuébiiant en 1045, lors([u'ellc conduisit à Varsovie la [)rincesse Marie de (^onzague, appelée au trc'uie de l*ologne.
-Nous la verrons, (juel({ues années [)lus tard, chargée, glace à son extrême savoir-faire, d'une autre mission non moins délicate à Hrisach.
Arcli. ilu comte de nnébrianl.
AMBASSADE EN POLOGNE ,1045 et iG46)
l'''' Partie.
La princesse Marie de Gonzague et ses sœurs.
A peine veuf de l'archiduchesse Cécile-Renée d'x\u triche, fille de l'empereur Ferdinand II, morte en 1G44 le roi de Pologne, Wladislas IV, songeait à contracte] un nouveau mariage. La Pologne, alors nation guep rière et puissante, jouissait du privilège de faire pen cher la balance soit du côté de la Suède, soit du côté d l'Empire, suivant qu'elle apporterait à l'une ou à l'autr* le concours de ses armes. Mazarin qui s'efforçait, ai milieu des embarras politiques de l'Europe, de nou! créerdes relations solides avec les diverses puissances même lointaines, eut l'idée, pour faire sortir les Polo nais de la neutralité, de marier une Française, capabh de resserrer les liens des deux nations, à Wladislas prince valeureux, âgé de 49 ans, mais atteint d'infir mités qui le vieillissaient prématurément. On essayj donc d'amener ce monarque, « par une diplomatie sa vante », à chercher femme en France; l'idée lui :=ourit bientôt même, au commencement de 1645. il déclarai ne vouloir se marier (f que de la main de la reine trè chrétienne ».
Certaines Cours étrangères, en a[>prenant les dispo sitions matrimoniales du roi, firent des tentatives poui diriger ses vues de leur côté. Les influences autrichiennes faillirent un moment prévaloir: la Couronne de Vienne offrait différentes princesses allemandes La reine Christine de Suède fut également mise sui les rangs, mais le projet n'eut pas de suite. Anne d'Au triche et Mazarin cherchèrent donc activement la personne de haute marque qui serait apte, par son âge
LA MARKCHAT.F. nn ntJirnniANT nuPANT son veivahi: ^b)
par sa naissance et ses capacités inlell«'ctiielles, à [)artaijei" le trône de Foloi^^ne. Mlle île Mont|)eiisier, cousine du lloi, trop jeune, et Mlle de Lonjjfueville, fille du premier lit d'Henri H d'Orléans, duc de Longueville, furent vite écartées ; Mlle (ri']pernon parut « trop dé'daigueuse » et Mlle <le Guise « trop sage ». Louise-Marie de (lonzague 'Mlle de Nevers), de grande naissance, lille de Charles P^ duc de Nevers et de Mantoue, mort en \(VM , élevée en l'rance, sembla réunir toutes les conditions voulues.
Le sieur de IJrégy de l'iecelles, « jeune et fringant », âgé d'environ M) ans, conseiller du Hoi, nommé ambassadeur extraoïdinaii-e en Pologne pour mener l'affaire, s'en tira fort habilement. Un charmant portrait de la princesse et les dehors séduisants sous lescpiels Brégv la présenta im|)ressionnèrent Wladislas (|ui bientôt, quoique «malade, usé », s'enflamma pour elle; .lean- Casimir, son frère, alors dans les ordres, se montrait favorable au parti. Dans cette alliance, le roi ^\'la(lislas trouvait, outre les avantages physiques delà princesse, une honorable union n'imposant, croyait-il, aucune obligation d'alliance [)oliti(|ue. Mazarin espérait bien, au contraire, faire pénétrer ainsi l'influence française en Pologne, et loger « une flèche dans le flanc de l'Autriche », suivant l'expression de M. le dnc d'Aumale. Ce serait également le plus simple moyen de fermer l'hôtel de Nevers. vu par la Cour d'un mauvais œil. Le cardinal poussa donc de toute son énergie vers une conclusion.
Le roi \\'ladislas envoya j)ar mer le comte (lérai-d Denhof, palatin de Poméranie,en qualité d'ambassadeur extraordinaire, pour ratifier le mariage, et, après dixhuit mois de négociations, le contrat fut enfin signé à Fontainebleau, le 20 sej)tembre 1045. La dot de la princesse Marie sera de 700.000 écus '.
1. r.ibl. .\;il., ITr. \'. 4:i8i>-i:57. Conlrul de :naria<je entre Wladislas, roi de Poluijnc, el Louise-Mari'^ de (ionzayue-Clèues. l'onlainehleau, 2(> septembre H)45.
De Callierine de Lorraine, fille de Charles-, duc de Mayenne, Charles V'' de Con/.ague de Clèves, diit^ de Nevers puis de .Mantoue, avait eu trois fils qui étaient morts avant lui, et trois filles, Louise-Marie. Anne et Bénédicte K Les princesses ^larie et Anne (Mlle de Nevers et Mlle de Rethelois) étaient, de cœur et d'habitudes, essentiellement françaises. La mort de leur père les avaient fixées définitivement en France; Marie était même gouvernante et lieutenant général du Nivernais-. Elles habitaient cet hôtel de Nevers, centre d'une petite Cour très élégante, où Ton voyait affluer Lélite des gentilshommes, des artistes et des littérateurs, d'allures fort indépendantes, tous empressés à rendre leurs hommages à deux charmantes personnes qui semblaient vouloir donner le ton dans la capitale, et dont les aventures galantes n'étaient pas sans faire un peu trop de bruit '•. L'hôtel de Nevers donnait ombrage au Palais-Royal.
Marie de Gonzague avait un fort joli visage encadré de cheveux noirs bouclés, un corps irréprochable, un cou dune extrême élégance. Elle était la grâce même dans l'épanouissement de la jeunesse. Cet ensemble, accompagnant une remarquable intelligence et une exceptionnelle finesse, la rendait une créature accomplie, d'un « rare mérite » et d'une « éclatante beauté, avantage toujours trompeur «..., « pleine alors de l'esprit du monde «, selon les expressions de Bossuet ^. Son père lui accordait une prédilection marquée.
Les princesses Anne et Bénédicte avaient été mises
1. François de Paule, duc de Relhelois, mort en 1622, à 10 ans. Charles II, prince de Mantoue, duc de Rethelois, mort avant son
père, en 1631.
Ferdinand, duc de Mayenne, mort en l(i31.
Louise-Marie, reine de Pologne, née en 1612, morte en 1()67.
Anne, femme d'Edouard de Bavière, princesse palaline du Rhin, née en 1616, morte en 1(!S4.
Bénédicte, abbesse dAvenay, morte en 1637,1a même année que son père (Charles I" mourut le 21 septembre 1637).