‹ Le Maréchal de GuébriantChapitre 32 sur 159 · Gazelle, mai 1G38, ir60. De Bàle, le 8 mai · texte numérisé non relu

Gazelle, mai 1G38, ir60. De Bàle, le 8 mai

2. Gazelle, mai 1038, n" 60. De Bàle, le 8 mai 1038 ; Gazelle exlraordin«/re du 22 juin 1638, n" 73. Hcgiment de Guébriant, 9<X) hommes; Rébé, 700 hommes ; Vandy, 700 hommes; Sanvebœuf, 20u hommes Schmidbersî, l.ooo liommes : total 3..^imi hommes.

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leure apparence. \jO fcld-iiiaréchal (Uel/„ au(jiiel était prescrit de secourir Hoinach et d'aiiéaiilir les \\'eiiiiariens, restait c('j)eiidaiil dans la For«U-Xoire, éj)iant le moment favorable, refusant tonte bataille, et réussissait par deux fois à jeter vivres et renforts dans la place (juillet) ; ce furent ensuite de sa part des marches et contre-marches incessantes, par les(ju('lles il cherchait à tioinper la vigilance de son redoutable adversaire. A ce jeu, les tioupes s'épuisaient dans les deux caiuj)s.

.Mécontent du peu dlionimes amenés par M. de (iuél)riant, le prince avait dépêché le baron d'Erlacli à la Cour pour réclamer 8.()()0 hommes encore, efleclil' |)r<»mis au début et au nom du Hoi par le marquis de l'cuquières. D'Erlach insista ; Richelieu se buta, et finalement oUrit le concours du duc de Longueville, alors à la tête de 13. UUU hommes. W'fîimar refusa d'abord des troupes qui ne seraient pas sous son commandement direct. Néanmoins, le 12 juin, le lloi écrivait à Longueville de faire rapidement le siège de Salins, et de s'acheminer ensuite vers Brisach, pour y exécuter le blocus sur la rive gauche du Rhin, comme le duc Rernaid et (înébriant le faisaient sur la rive droite. Ils devront tous agir de concert, et garder entre eux « une parfaite intelligence ». .Mais si le duc Rernartl avait un urgent besoin de lui, il ne s'arrêterait même ])as élevant Salins. En même temps le roi Louis XII l annonçait à Guébriant l'arrivée de M. de Longueville. Il lui exprimait également son entière satisfaction « de la diligence, du soin et de l'industrie », apportés dans le passage des troupes.au delà du Rhin, »< comme aussy, ajoutait-il, de toute la conduite que vous avës tenue depuis ce temps-là à l'endroit de mondit cousin aux occasions où il a fallu agir. » « Vous ne sauriez croire, écrivait à son tour de Noyers à Guébriant, la satisfaction que l'on a par deçà des services que vous rendes au poste c|ue vous occupés très glorieusement. Et, sans vous llatter, je vous diray franchement que j'ay tousjours ass(Miré Son Eminence qu'elle trouverait en vous ce qu'elle y voit et estime

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beaucoup aujourd'hui. Nous n'avons qu'à suivre nostre chemin et espérer qu'il nous mènera à quelque bon port. » Lorsqu'arriveront les troupes de Longueville, Guébriant sera déjà un « ancien bourgeois d'Allemagne ». « Ainsy ce sera à vous à les informer de la façon qu'ils auront à y vivre pour y contenter Son Altesse », ajoutait le secrétaire d'Etat. Chacun y commandera son corps de troupes.

La Cour s'attachait à la pluralité du commandement, habitude très fâcheuse, courante à l'époque. L'unité de direction est cependant une condition très importante de succès; elle évite les divergences de vues, par conséquent le flottement dans les opérations ; elle évite surtout la jalousie qui règne fatalement entre des chefs ayant même autorité.

Les ordres précis donnés à Longueville pouvaient sembler irrévocables ; mais brusquement la Cour lui prescrivit de rester en Franche-Comté, devant le duc Charles, dont les succès étaient considérables. On en fut quitte pour s'excuser auprès du duc Bernard. Cependant comme apparaissait le besoin de le secourir, on promit au baron d'Erlach, encore à Paris, d'envoyer Turenne avec 3.500 hommes, tandis que Longueville en détacherait 2.000. Finalement Turenne amena, le 27 juillet, 1.800 hommes à Colmar, dans un état d'épuisement complet 1. Ce corps nouveau devait s'unir aux

1. Richelieu avait, à la fin de 1637, envoyé M. d'Aigueberre, aide de camp, à Liège, où résidait l'abbé de Mouzon pour le service du Roi, afin d'y lever environ 6.0u(i fantassins et 3.500 cavaliers. Aigueberre devait envoyer, par terre, cette cavalerie en France, et, par eau, l'infanterie sur les frontières de Hollande. On avait recommandé à d'Aigueberre et à l'abbé d'agir aussi secrètement que possible; ils fixèrent donc le lieu du rassemblement à Maestricht, sous la protection du canon de la place. Mais tout à coup, dans la nuit du 18 mars 1638, Piccolomini fonça sur les quartiers qu'occupaient les Liégeois depuis la veille seulement. Toute résistance fut inutile, des soldats aussi novices ne cherchant qu'à fuir Turenne envoyé par le Roi avec ordre de prendre le commandement de ces levées, arrivait sur ces entrefaites. Il réunit ce qu'il put — beaucoup revinrent et le corps s'éleva bientôt à 3.000 hommes — Puis il les mena en Bassigny. contre le duc Charles, qu'il repoussa, et, de là, en Lorraine ; Mémoires du cardinal de liichelieu : Alf. Étr., France, V. 25T-96. Instructions au sieur vicomte de Turenne s'en allant à Liège pour le service du Hoy, du 1"^ mars 1638.

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