‹ Le Maréchal de GuébriantChapitre 33 sur 159 · GUÉBRIANT AU SIÈGE DE BRISACH · texte numérisé non relu

GUÉBRIANT AU SIÈGE DE BRISACH

troupes de Guébriant ; les deux généraux français auront à remplir alternativement la charge de maréchal de camp, Guébriant devra conserver avec son nou- %eau frère d'armes « la bonne intelligence que je scay, lui écrit le Roi, qu'il esL disposé de garder avec vous ». Quant à Longueville, on lui donna l'ordre d'expédier à Weiniar 2.000 fantassins « par le chemin (ju'il verra estre le meilleur et le plus seur • ». Le duc Bernard se montra fort mécontent ; il attendait plus.

Au commencement d'août, renforcé deV. 000 hommes commandés par le duc Savelli, Gœtz cherche de plus belle à ravitailler Brisach. Il se retranche à Schuttern. Le duc Bernard y court et lance ses troupes à l'assaut; mais le fcld-marcchal, solidement établi, ne veut pas combattre. Le prince regagne Malhberg, et bientôt, informé de la marche de Gœtz vers Brisach, il s'avance vers le Rhin, le rencontre entre Rappel et Wittenweier, remporte une éclatante victoire et couche sur le champ de bataille. A (iuébriant, qui s'était particulièrement distingué, il voulut attribuer une part du succès; mais si Turenne et (iucbriant se montrèrent au-dessus de tout éloge, que ne pouvait-on dire du prince lui-même, dont le courage et la présence d'esprit avaient fait l'admiration générale ! Le Roi, le cardinal duc, de Noyers, les uns, les autres, écrivirent non seulement au duc de Weimar, mais encore à Guébriant des lettres pleines d'éloges. Le Roi félicitait, à ce propos, le commandant des troupes françaises de la bonne entente qui régnait entre elles et les Weimariens ; de Noyers ne lui ménageait pas non plus les compliments : « Tout le bonheur des armes du Roy, lui disait-il, est tombé de vostre costé ; jamais armée ne feust plus en honneur que celle de Son Altesse, ni troupes plus glorieuses que celles que vous commandez. Dieu scait si vos serviteurs et amis triomphent de joye en leur cœur de voir la satisfaction que l'on a de vous par deçà, et combien cette campagne vous met en

1. Bibl. Nat.. r>00 Colbert, V. 100-22, etArch. Rolrou. L.> Roi ;\ Guébriant ; Sainl-Gennain-en-Laye, 11 juillet 1638.

Qa LE MARECHAL Wî GUEBRIANÎ

considération. » Soldais fiançais et soldats weiinaiiens se congiatuléieut; h de sorte, lit-on dans la Gazette. qu'après avoir vaincu les ennemis, les nostres font un nouveau combat entre eux à qui déférera le plus d'honneur à la nation alliée et (jui tient unmesme parti ' ». Cette journée de WittenweieF ne devait-elle pas stimuler les autres généraux d'armée ? Richelieu signale aux man'chaux de la Force et de Châtillon la victoire du duc Bernard, et les convie à faire « quelque chose de bon de deçà... Je suis si asseuré que vous le désirez avec passion, ajoute-t-il en terminant sa lettre, qu'il n'est pas besoing de vous en dire davantage - ».

De Noyers et le comte de Chavigny, protecteurs et amis de Guébriant, s'occupaient activement de ses intérêts à la Cour-^. Tous deux s'employaient à lui faire obtenir ce qu'il demandait pour ses troupes ; leur correspondance à cet égard est très signilicative. Auraient-ils négligé de le faire, la comtesse de Guébriant veillait. Femme ardente, solliciteuse inlassable, elle allait de Paris à Rueil et de Rueil à Saint-Germain, décidée a procurer à son mari tous les moyens matériels de réussir dans ses entreprises. Cette question « tourmente la pauvre Mme de Guébriant nuict et jour > , dira Sublet de Noyers^.

Les 2.000 hommes que devait fournir Longueville n'arrivant pas, le duc Bernard mécontent écrivit au marquis de Feuquières, lieutenant général à l'armée du prince, puis à Longueville luî-mème. Mais celui-ci

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