Mémoires de VAbbé Arnauld, p. 4!»;t
2. Les ennemis entourèrent la chaumière. A cette vue, ceux qui étaient avec Feuquières, le chirurgien lui-même, se sauvèrent, le laissant seul.
Corresp. du comte dWvaux (Claude de Mesmes)avec son père..., par A.
BOPPE.
3. Voir aux appendices : lettre de Piccolomini à Feu(iuiéres,.et réponse.
4. Labbé Arnauld raconte une curieuse anecdote. Un jour Piccolomini reprochait à P.eck d'avoir été « messager à pied » à Luxembourg. « Il est vrai, répondit Beck, je l'ai été ; mais la diiTérence qu'il y a entre vous et moi, c'est que je ne le suis plus, et que, si vous l'aviez été, vous le seriez encore. » Mémoires de VAbbé Arnauld, p. 4!(9.
'i. Mémoires de Fr. de Paule de ClermonI, mar(iuis de Monh/lal.
LE nue l)K t.ONGL'ICVILLE ET LES W EINLMUII.NS 121
cinq mil surplace'. » De Noyers écrivit clans le même sens à C^hàtillon. Faisons une large part à re\ag«''ialion. Les eniH^niis [)(M(liienl l)eancoup de inonde, mais l'eu- ([iiières orièveniciil hless»'. restait pi-isoniiicr, cl rioniltic crolïlciers très dislingu(''s élaienl lues ou hors di; combat. Du côté français les perles furent considérables. Selon M. de Hoissy, les officiers de ses régiments auraient blâmé reu(|uières, le considérant comme incaj)able de commander une armée, ([u'il ne savait ni camper, ni faire combattre '-. C'ependant ne nous arrêtons pas à ce jugement, inspiié peut-élie par les racontars de Cour.
l^coutons de préférence M. de l'onlis, ce brave officier, (jui s'v connaissait en hommes et sa\ait chuineides appréciations justes et précises. Keuc|uièies, dit-il — Feuquières, qu'il (lualifie de « grand homme » — (( entendoit fort bien les ordres de la guerre ». D'autre part, le mar([uis de Montglat, mestre de camp, écrit qu'il fut « sacrifié à la fortune du Grand Maître '^ ».
A llesdin, les choses prirent une tournure plus favorable qu'à Thionville ; on enleva la place en présence
1. Bibl. Nat.. noo Coll)ert, \. ll'.i-:5<i. Iliclieliou é'i Cliàlilloii : 12 juin 1():W. Bibl. Nat IIV., V. 37ti2-:)4. De Noyers à ChAtillon ; 12 juin n;H9.
"... Si la cavalerie n'eust honteusement al>andonné l'inlanlerie, le Roy eust emporté ce jour-là une i,'lorieuse victoire... M. de Feuquières, ayant eu le bras rompu et perdant son sang, tomba de cheval ce qui donna lieu au désordre. » <■ Les ennemis ont perdu plus de ô.ouo hommes de pied, et nous pas plus de :S.O(>o tant de cavalerie que d'infanterie... »
2. Jean-Jacques de Mesmes, seigneur de Roissy, père de Claude de Mesmcs, comte d'Avaux.
Correspondance du comte d'Avaux Claude de Mesmes) avec son père..., par A. Boite.
:<. En ItUd, Sublel de Noyers résolut d'obtenir la libeité du marquis de Feuquières ; mieux que tout autre il savait dans (|iiel malheur on l'avait |)récipité par l'ordre intempestif d'entreprendre un siège considérable avant le rassemblement de son armée, pour favoriser la Mcilleiaie. Deux prisonniers de haute nianpie ^c trouvaient alors à \ incennes : Jean de W'erlh cl Enkefort. On voulut échanger le baron d'Enkefort contre le marquis de Feuciuières et le paiement d'une forte rançon. A cet effet, le Roi donna 30.0(0 richedales. Isaac Arnauld, chef des carabins, avait déjà mené Enkefort coucher à Paris, chez Arnauld d'.Vndiily, qui avait fait sa connaissance en allant voir son ami l'abbé de Saint-Cyran, également enfermé dans le donjonl La bonne fortune semblait devoir favoriser désormais Feuquières,
du Roi ; grand honneur en revint au marquis de la Mei leraie, (jui. sur la lirèchc, trouvason !)àton de maréclialf
De Pontarliei-, le 28 juin, le duc Bernard écrivait au cardinal de Richelieu que, malgré sa « forte passion »
dont le Roi allait faire un maréchal de France et le gouverneur du Dauphin, lorsquarriva la nouvelle de la mort de ce brave officier général. " Nous rlemeuràmes sans parole et sans mouvement, comme des gens qui auroient été frappés de la foudre >■, écrit lalihé Arnauld. On ramena Enkefort à Vincennes « avec autant de tristesse qu'on avait eu de joie la veille de l'en tirer ».
Feuquières, guéri de ses blessures, avait quitté le régime des malades depuis quelque temps déjà, lorsqu'un jour maigre, on lui servit une belle truite. Bien qu'en ayant mangé modérément, il ressentit d'horribles douleurs, et, « dans l'agitation ([u'elles lui causèrent », ses plaies se rouvrirent. La fièvre le prit, et quelques heures après il succombait sous la violence du mal. Le Roi perdait un dévoué serviteur, qui fut, dit l'abbé Arnauld, « grand en toutes choses hormis en fortune ». Soldat dès son jeune âge. il avait gravi tous les degrés de la hiérarchie militaire. Dans plusieurs ambassades il obtint une grande réputation de valeur et de prudence. Antoine Arnauld le dit d'un caractère doux, mais vif par instant; affable et gai, très sérieux, fiera ses moments, sévère quand il le fallait; sans orgueil, sans dureté, très agréable et commode au milieu des siens ; à l'épreuve des événements et d'une remarquable fermeté d'âme. Un peu superstitieux, il ne voulait rien entreprendre un vendredi, ce dont il riait lui-même. Cependant, pressé par la Cour, il partit un vendredi de Verdun pour rejoindre ses troupes et entreprendre le malheureux siège de Thionviile.
Manassès de Pas, marquis de Feuquières, mourait à l'âge de M ans. Il était fils de François de Pas, marquis de Feuquières, et de Madeleine de la Fayette, cousine d'Arnauld d'Andilly.
« Sur le soir de la bataille d'Ivry, raconte le duc d'Aumale, on vint annoncer à Henri IV la mort d'un de ses plus braves officiers, François de Pas: « Ventre Saint-Gris ! s'écria le Roi, j'en suis fâché : la race est bonne. N'y en a-t-il plus? >• — «Sire, la veuve est grosse ». (C'était Madeleine de la Fayette). — « Et bien le ventre aura la pension. » La race était bonne en effet ; dix de Pas en deux siècles furent tués sur le champ de bataille. La pension accordée par le roi Henri permit à la veuve d'élever son fils, Manassès de Pas... » Hisf. des Princes de Condé, t. n'-468. Mémoires d'Arnauld d'Andilly. Mémoires de l'Abbé Arnauld.
Antoine Arnauld, né en UIG, était l'aîné des fils d'Arnauld d'Andilly. En 1643, il embrassa l'état ecclésiastique, devint abbé de Chaumes, en Brie, en 1G74, et mourut à 82 ans en 1698. Il avait deux frères : Simon Arnauld, marquis de Pomponne, et Henri Arnauld, seigneur de Lusanci. Celui-ci vécut dans la solitude ; Pomponne fut deux fois ambassadeur en Suède et une fois en Hollande, ministre et secrétaire d'État, et laissa des mémoires.
LE DIT. DE I.ONGlEVII.r.r ET LF.S WF.FM AHIENS 123
])oiir le service du lîoi el le sien, il se voyait obligé de lui (lire que, les troupes destinées au comte de (juébrianl n'étant pas arrivées, il lui était impossible de se mettre en eani|)ague « ni de lieii entreprendre el exécuter (ravautageiix au bon j)arty •>. Il se voyait donc inutile, au moment où il aurait le « plus d'occasion et de désir que jamais d'agir contre les en ne mis communs'... » Néanmoins il résolut subitement de franchir le lihin. (juéhriant essaya de le faire patienter jusqu'à la (in dn siège de Salins, mais il refusa, certaines places au delà du (leuve étant en danger, et la peste commençant à sévir à Pontailier. D'Erlacli organisa le passage de l'armée à Nenbouig au moyen de bateaux qui avaient servi pour les ponts de Hrisach, el soigneusement mis en réserve depuis. Les garnisons des places les plus importantes, Joux, Xozeroy, Francliemont, etc., ayant été renforcées, 5.000 Weimariens environ se mirent en route le iî juillet, se dirigeant vers Montbenoit tians le j)lus grand ordre. Nassau restait en arrière avec trois régiments pour attendre les Français de Guébriant. Durant le séjour qu'il fit à Montbenoit, le prince régla certaines all'aires avec le général d'Erlach, puis, Guébriantet Nassau l'ayant rejoint à la tète de 5.000 chevaux et de n. 000 fantassins, il gagna Porentruy.
Le L3 juillet en arrivant à lluningue, le duc Bernard se trouva fort indisposé. 11 se fît aussitôt transporter à Neubourg, où sa présence était nécessaire. Sachant cjue M. de Guébriant, retenu non loin de là par le passage (lu iiiiin. était malade lui-même, il défendit (|u'on allât le che!cli(M\ et lui lit dire ([u'il mourait « son serviteur et son intime amy ».
(ruébriant accourut cependant, mais arriva tiop tard : le 18 juillet, à Neubourg, le duc Bernard, âgé de 35 ans, avait rendu l'ànie après s'être montré dans ses derniers moments, comme dans tous les actes de sa vie, d'une admirable force de caractère. Il laissait par testament au comte de Guébriant son fameux cheval de
1. Bibl. Nat.., .".00 Colbert, V. 4<;-38l V". Duc de VVeimar A Richelieu ; Pontariier, 28 juin 1631».
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l)ataille, der Babe (le corbeau) ainsi appelé à cause de sa robe noire '. Le Ual)e n'était ni beau, ni bien fait, mais exlraordinairement grand et fort. Au combat, il mordait, renversait, piétinait. Ciuébriant, à sa mort en 1643, le léguera au Roi en le priant de le faire nourrir avec soin dans sa grande écurie -. L'historien Le Laboureur et la Gazette dirent que le prince laissa également à M. de (iuébriant son épée, ses pistolets et ses armes, mais, sur ce point, le testament reste mueL
Aussitôt le décès de Bernard de Weimar, le comte de Guébriant dépêcha vers le Roi, et avertit M. Méliand, ambassadeur en Suisse. Sans perdre de temps dans une si grave occasion, il profita de son prestige sur les étrangers pour réunir les Directeurs nommés dans le testament du prince, Erlach, Nassau, Oehm, llosen, et délibéra non sans difficultés avec eux pendant deux jours en vue des événements possibles; puis il envoya son aide de camp, M. de Charlevoye, faire part à la Cour des résolutions prises en toute hâte.
A Mézières, où se trouvaient alors Louis Xlll et ses ministres, l'émoi fut indescriptible lorsqu'on apprit la moit du duc de Weimar ; d'autant plus que la question de Brisach et des places fortes tenues par lui n'était toujours pas tranchée. Il s'agissait de ne peiclre aucun instant pour mettre la nuiin sur les colonels et sur l'armée du prince, et, par là-méme, sur Brisach et les places. Que ne pouvait-on craindre dans l'occurrence ! Dès le 27 juillet, joui- où parvenait à Mézières le porteur de la fatale nouvelle, le Roi et de Xovers répondaient à (iuébriant. On lui envoyait incontinent le baron d'Oysonville, capitaine d'une compaofuie de clievau-léy:ers, muni d'une instruction écrite, de lettres confidentielles et de provisions en blanc destinées aux colonels des régiments weimariens et aux comniandauts (U's places conquises par le prince. La