Gazelle extraordinaire du 28 mars J641, n
2. Gazelle du i:^ avril 1641, n" 44. De Durlacli, 29 mars 1641 ; de Cologne, 2 avril 1641.
r.A MOHT DE HANNEII ls7
VOUS su|)j)lie de luv faire scavoir (|ii<' Mokcl cl M<t.sei" se comportent avec des insolences esUan^es avec nous en ce pais, et qu'un de ces jours nous serons oblige/ de faire pis, de ronipi'c toute inlelligence '. J'ay vescu avec <le très grandes civilité/, et courloisies iwec eux, et ]<• leur ay rendu des services effectifs lorsqu'ils m'en (nil recjuis, comme des lettres fpie j'ai de l'un ou de l'aulr<' peuvent lésmoigner... » Puis, au sujet de Mokcl : " Si cette insolence ne régardoii ([nc ma |)eisonne, j'en serois desjà bien vangé, mais comme elle offense le respect que ce maislre coyon doit au lloy, j'attendz que ses supérieurs y mettent la main pour rintérest de Sa Majesté... » l'aisant ensuite allusion à l'antipalliie que (luébriant ressentait pour le résident de Suède, il ajoutait ironiquement : « J'estime que c'est un de vos bons amis, c'est pourf|uoi je vous le recommande, s'il vous plaist -... »
1. BihI. Nnl., .Vh) Colbort, V. 111-1, et Arcti. liolrou. Oysonville ^ Guél)riant ; Willstedt, 15 mars 1641 ; Gazelle du 9 mars 1641, n" 20. De Bailo. 24 février UM\.
2. On nvait dos «liffirultcs de foutes sortes avec Mokel. Pnr ordre de Richelieu, M. de Noyers écrit ji d'Krlacli de se plaindre de lui à l'ambassadeur de Suède. Mokel refuse de relâcher le niar<|uis de lîassonipierre, interné à Benfeld par ordre du duc lîernard de NVeimar, et que lonvoulail échanger.De Noyers, danssa leltreàd'Erlach, dit : «.... un nommé Mockel, résident de Suède audit Benl'eld, lequel paraît fort mal intentionné aux affaires et intérêts du Roy, ne perdant point d'occa-ion de favoriser les ennemis et de faire le pis (|u'il peut contre noup, soit en semant de mauvaises nouvelles, soit en refusant de petites assistances tjue l'on peut tirer de Benfeld, connue de vivres et d'autres choses en payant, qui peuvent être mutuelles... » Il fait aussi difficulté de rendre 1 canons que le duc Bernard a fait fondre des deniers de Sa Majesté. AIT., Kir., l'rance, V. 838-10O. De Noyers à Erlach ; Paris, S mars lt)41.)
Oy«OTiville jouissait de la confiance royale. FI fera un inventaire des hiens vacants, tant particuliers (lu'ecclésiasticiues en .Vlsace. Brisgau et Sundgau, et en rendra compte au Roi pour qu'il en dispose. Il étudiera la valeur des monnaies ; comme elle n'est pas bien réglée, les soldats y penlenl heaucou[t. Il visitera les places d'.Msace et du Montf>éliard, pour en réorganiser les garnisons. Il y a des abus dans la levée des contributions aux I>;iys d'Alsace, Brisgau, Sundgau et Monlbéliard. Les gouvernems de ces places exigent des contriliutions, et « les font monter à telle somme que bon leur semble et les nppli fuant k leur profit particulier au lieu de les employer à Penlrelèneinenl des garnisons desdiles plaies suivant l'intention de Sa Majesté. ■> .\ussi M. d'Oysonville, <> lieutenant au gouvernement de Brisacb et counnissaire général à la police des troupes e» l'étendue dudit
188 I-E MARECHAL UE GIEBHIANT
Le 21 mars, Tarmée franco-weimarienne se dirige vers (lemunden et Xcuslaclt en Fraiicoiiie. A peine en route, Guébriant apprend que le général suédois Schlang est défait à iMeunbourg et que l'ennemi passe l'Altmidil avec toutes ses forces pour attaquer Banner^ Banner, en même temps, l'avertit qu'il se voit obligé d'abandonner Cliam et de battre en retraite par Bischoffstein et Kaaden en Bohème sur Annaberg en Saxe, et le supplie d'accourir.
Si les Français avancent, l ennemi, au lieu de suivre Banner, pourrait bien se tourner contre eux, et leur couper toute retraite. N'importe ! malgré les torts du feld-maréclial envers lui, le comte de Guébriant n'envisage que le bien général; il vole à Cobourg, et de Cobourg à Hof, à travers les montagnes, les soldats ayant de la neige jusqu'aux genoux. En arrivant à Greiz en Saxe, on lui dit que Banner atteindra Zwickau le lendemain ; il tourne aussitôt de ce côté-.
Les événements s'étaient en effet brusqués depuis la séparation des armées de P>ance et de Suède. Banner, marchant vers la Bohème^, avait attaqué Cham au passage. Intimidé par le feu ou corrompu, le commandant avait livré la place, et, à Straubing où il s'était réfugié avec huit cenls hommes de la garnison, il fut saisi par ordre de la (Jour de Vienne, condamné à mort pour lAcheté, et exécuté. Mal gardé, mal renseigné, ne se doutant pas de l'approche des ennemis, jouissant
gouvernement... » s'occupera de régler les contributions el en dressera un état pour chaque province.
Arch. Iiist , Guerre, V. ôH-noi). Le Roi à Oysonville ; Saint-Germain,
6 mars 1641 ; Ibidem, V. (JB-ôll. Le Roi à Oysonville; Saint-Germain,
7 mars 1641 ; Ibidem, V. 63-.M(). Ordre du lîoi à Oysonville ; Saint-Germain, 7 mars 1641; Ibidem, V. 6:^524 bis. Le Roi à Oysonville; Saint- Germain, 7 mars 1641 ; Ibidem, V. 63-.5S1. Le Roi à Oysonville ; Saint- Germain, 9 mars 1641 ; Ibidem, V. 64-372 bis. Le Roi à Erlach ; Saint- Germain... avril 1641.
L Neunbourg, sur la Schwarzach, au nord-ouesl de Cham.
2. Hisf. du règne de Louis XIII, par M. Le Vassor ; Hisl. de la guerre de Trente ans, par E. Ghahvkriat ; Mercurio de Villorio Siri ; Afï. Élr., France, V. 287-72-73, Correspondances : lettres de (îuébriant des 22 février et 16 mars 1641; Afl". Etr., France, Allemagne c<1i'respondance, V. 1(>-I.ô4, et Arch. Rotrou ; cite par Le Laboureur. Guébriant à de Noyers ; Géra, 7 avril 1641.
I A MORT DE BANNEB 189
<l lin i-ôpil Ironijieur. le fcid-niaréclial avait répandu son iiit'anlcrie dans les \allees aux alentours de son quartier général, et envoyé — suprême imprudence — sa cavalerie en HoluMne pour y lever des conti-ibutions.
Pendant ce temps, ri^mpereur, loin de rester inactif, concentrait le içros tie ses forces à Nuremberg;. Piccolomini rassemblait ses troupes à Kelheim, et les passait imi revue. 11 a^ait 12.000 chevaux et 8.000 fantassins, auxcjuels sejoignirciil bientôt 'i.OOO hommes tirés des garnisons, sousjles ordres du général Cjleen. Le tout se faisait vite et sans bruit. Il franchit ensuile le Danube à Donauwerth et à Kelheim, sur des ponts (|u'il avait construits, puis le Regen, et s'arrêta devant Schwaiidorf poui' examiner les Suédois '.
C'est alors que le général Schlang, tout en ralliant les garnisons du llaut-Palalinat pour les amener à Banner, est surpris aux environs de Sclnvandorf. Gaspard de Mercy couit à sa poursuite, et l'oblige à pénétrer dans Neunbourg. Schlang, qui espère être secouru |)ar le feld-maréchal, répond à la sommation de se rendre qu'il exécutera le nouveau parlementaire ayant semblable mission ; on ne croit pas à cette menace: l'archiduc Léopold lui envoie derechef un trompette, et Schlang, homme de parole, le fait fusiller. Piccolomini canonne la ville : les murailles et les tours s'écroulent ; l'indomptable Sclilang répare les brèches durant la nuit, se défend toujours avec l'espoir de l'arrivi'e d'un prochain renfort : mais Banner, inquiété luimême par (jleen, ne peut se dégarnir. Schlang est donc réduit à ses propres ressources. Il repousse cinq assauts furieux, essaie par deux fois de se dégager l'épée à la main, et, durant trois lojigs jours, couronne les murs d'enceintes ruinés, croules, inutilisables désormais à la défense, se battant à coups de pierres parce qu'il n'a plus de poudre. Alors lui parvient la nouvelle que Banner va se jeter en Bohême. A quoi bon résister quelques heures de plus et sacrifier inutilement
1. Gazelle du 6 avril 1641, n° 39. De Donauwerth, 12 mars 1641.
l'M) LE MARECHAL DF GUEBUIA>T
(les vies humaines! Slilaiig otïre donc la reddition dé la place à la condition de pouvoir se retirer librement. Larchiduc Léopold refuse, et ne reçoit qu'à discrétion Neunbourg- et ses lieroujues défenseurs — 3.500 hommes, presque tous vétérans allemands, qui entrent aussitôt au service de l'Empire •.
Neunbourg- enlevé, les Impériaux marchent rapidemont sur (^iliaui. Gleen, renforcé destrou[)es des comtes de Broy et de Borneval. ayant 5 à G. 000 cavaliers, essaie (Teniourer les Suédois. Brusquement le feld-maréclial Banner lève son camp, l)rùle Cham, abandonne presque tous ses bagages, encloue ses lourdes pièces, et fuit vers la Bohème-. L'archiduc et Gaspard de Mercy j)ensent le tenir à chaque instant : Piccolomini a pris des routes latérales à travers le Voitland pour atteindre le premier Eger et couper la retraite des Suédois. Mais Banner accélère l'allure malgré la fatigue excessive des troupes: les chevaux des voitures abandonnées servent à porter les hommes qui ne peuvent pas suivre. Il échappe aux ennemis, grâce à sou agilité et à la connaissance qu'il a des lieux pour y avoir fait auparavant la guerre. (7est une inattaquable position qu'il occupe momentanément pour faire reposer ses troupes harassées ; c'est une marche accommodée avec un art extréjne à l'étroitesse des "passages et à la traversée d'un pays de montagnes ; c'est une arrière-garde solidement constituée qui déjoue les projets de l'ennemi, sème des abatis sur la route, l'arrête : ce sont des mousquetaires intrépides (|ui défendent successivement des points jusqu'à ce que l'armée ait pris une avance con\ enable.
Au passage de lEger, qui se trouve démesurément grossi par la fonte des neiges, les difficultés paraissent tout d'abord insurmontables ; mais, avec le plus beau dévouement, la cavalerie suédoise soutient l'effort de l'ennemi ]us(|u"au transbordement complet de l'infante-
1. Ilist. (tu maréchal de GuébrianI, par J. Le Labolreur; Gazette, n° W. De Francfort, 7 avril 1641 : Aff. Étr., Allemagne correspondance, V. 10l'i'J ; lettre atlressée à M. du Maurier, conseiller dÉtal, à Paris ; Cassel, 10 avril 1641.
2. Gazelle du 27 avril 1G41, n" 48. De Ratisboane, 2 avril 1641.
l.A MOhT DK HANNLH 191
lie, de railillerie et du hay-ay-e sur des bateaux : ensuite elle se jette à la naççe '.
Entre Pressuit/. et Anuaherg, il s'en faut d'une demilieuie que les ennemis n'arrivent à temps j)our 0('cu[)er un défilé, couper la route et anéantir les Suédois en les altaquiinl cl sur la droite et sur la gauche en même tcujps.
Ain-'i fut liaversé le nord-ouest de la Bohème : ainsi attoignil-oii Aunahcrg puis Zwickau, le 20 mars. I)cj)uis (^ham la dislance avait été fianchie en dix jours. Sans bruit les Impériaux retournèrent au Danube, où leurs bagages les attendaient^. Le feld-maréchal venait d'opérer une mémorable retraite.
De Oreiz, le comte de Guébriant ex[)édie à lianner le colonel de lîoseii pour lui annoncer son approche, et, le Icudouiaiii ;>() mars, il se présente à Z\vickau avec les Directeurs. Le maréchal les reçoit très bien; on boit eusemi)le ; ou se congratule : la joie d'avoir échappé à un grand péril et de se retrouver perce visiblement. Mais, vers la (in de l'entrevue, la belle humeur de Hanner s'altère tout à coup — un caprice. — Il se plaint à (iuébriant de la séparation dernière, cause de ses désastres et du malheur de Schlang'; Guébriant rejette sur le maréchal la faute de la séparation ; la conversalion prend une tournure aigre. On s'en lend encore moins dans la discussion sur le canlounement des troupes. Guébriant voudrait occuper le pays entre la Saale et TEIster jusqu'à Naumbourg et (iera: le maréchal refuse; les tètes s'échaufîent ; on s'en rapportera à la décision des quartiers-maîtres des deux armées: l'on se quitte froidement.
1. Gazelle du 27 avril l(î41, n' -tc. De Prague. 30 mars 1R41.