‹ Le Maréchal de GuébriantChapitre 56 sur 159 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

3. L'ambassadeur de Suède, Salvius, voulait aussi que la séparation de Gu>''briant ail été la cause du malheur de Schlang. « Il a esté pourtant contraint d'en advouer d'autres que je luy ay marquées, dit le comte d Avaux, et de demeurer d'accord avec moy que ce nesl pas la faute de M. le comte de Guébriant si l'on enlève un quartier de l'armée de Suède... »

Bibl. Nat.. 500 Colbert, V. 113-1. DWvaux à (iuébriant.; Hambourg, 27 avril 1<»41 : cilé par Le Laboureur.

A peine Guébriant est-il rentré chez lui, arrive un quartier-maître suédois le priant, de la part de Banner, de se contenter du Voitland et du nord du Haut-Palatinat.

Guébriant éclate de colère et réplique qu'on se moque de lui en proposant un pays dont une partie est ruinée et l'autre occupée par les ennemis, qu'il saura faire respecter les droits des Franco-Weimariens, qu'il entend être traité i)lus civilement désormais, faute de quoi il n'assistera plus les Suédois en danger. Puis, dès le lendemain, il quitte Zwickau, revient à Greiz, et, de là, commande à ses quartiers-maitres d'aller faire les logements dans le pays qu'il avait proposé à Banner d'afl'ecter aux troupes royales, entre la Saale et l'Elster. Rosen et deux régiments accompagneront les quartiers-maîtres avec ordre de faire exécuter ses ordres par la force, si les Suédois y mettaient obstacle. Géra et Eisenberg n'osèrent fermer leurs portes aux Franco-Weimariens; Naumbourg, occupé par les Suédois, refusa de laisser entrer les quartiers-maîtres.

Alors, de Géra, le 4 avril, M. de Guébriant écrivit au feld-maréchal : « Monsieur, nous avions envoie nos Quartiers-Mestres avec deux régimens pour loger l'Armée de Sa Majesté ; mais aians trouvé que vos gens en deçà de la rivière de TElster avoient déjà occupé par leurs Sauvegardes ou Troupes les lieux où nous croions pouvoir accommoder les nôtres, nous avons tous ensemble pris résolution de vous prier de donner ordre ausdites Sauvegardes ou Troupes qui sont sur la Saal et en deçà de l'Elster de nous quiterlesdits lieux : Sans quoy, monsieur, nous vous déclarons ne pouvoir plus long-temps arrêter l'Armée en ces lieux et être obligez, pour sa conservation, de nous éloigner de vous. Que si cette nouvelle séparation aporte quelque préjudice aux affaires des Couronnes et à l'avancement de la cause commune : Nous protestons devant Dieu et devant les hommes qu'à vous seul en devra être imputé le blâme, pour n'avoir voulu, ni par le passé ni à présent, garder aucune égalité dans les quartiers. C'est de quoi, monsieur, nous ne manquerons pas d'informer vérita-

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I)lemciit les inléressc/ el de faire coiiiioilre l'exticiiiilé ou nous a pens»' jeller ce mauvais Iraitenieul (juc nous avions receu de vous, lors(|u'il a été question de vous secourir cri te deiniére fois. C'est ce que je vous prie de nieurcMiienl considérer, de nous donner sur ce une prompte et cat('<^ori<|ue réponse '... »

Le feld-maréclial repondit longuement, lejela encore la resj)onsahililé des événements passés sur (iué])riant, mais donna l'ordre aux siens d'évacuer la ville deNaumbourg, et crut s'être jicquitté ainsi de touti' obligation à l'égard des Français.

Cependant le chef de l'armée royale, ayant satisfaction sur ce point, n'en continua pas moins une j)olémi(|ue bien inutile, et se contenta finalement de regretter qu'une personnalité comme Banner, digne de tant d'estime pour ses grandes actions passées, eût une altitude si mesquine..

« Je ci"ois être obligé de vous dire, écrit M. de (Ihoisv à de Noyers, que l'adresse et la conduite de M. de Guébriant ont été extrêmement nécessaires pour conserv<>r jusques à ce jourd'huy les choses en état qu'elles sont... La Gazelle nous a appris l'ai rivée de M. de Longueville en f'our, dès la fin du mois de février, ce qui nous fait de jour en jour espérer les ordres de ce que nous aurons à faire, et attendre bientôt après un général el un secours, qui peuvent rendre les affaires du Hoi |)Ius florissantes en Allemagne qu'elles n'ont jamais été '... »

De Naumbourg, «pielques jours après, (îuébriant el Ghoisy rappelaient à de Noyers leur triste situation. Il faut envoyer de l'argent pour les montres de l'armée, « composée de troupes étrangères qui servent plus par intérêt (|ue par affection ; » mais surtout le besoin d'un gros renfort de troupes se fait sentir. Guébriant demande instamment d'être relevé de fonctions lui donnant « un embarras d'esprit » qu'il ne se croit plus en état de

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