IlisI . du maréchal de Guébrianl, par J. Le Labourixh
2. AtT. Étr., .Vllemagne correspondance, V. l»»-l52.r.hoisy à de Noyers; Géra, 6 avril 1641.
J!«4 LI-: MARECHAL I>E GLEBRIANT
siipporler, et réclame im "^.énéial craiiiiéc, ca|)ablo, par son prestige et sou autorité, ^Vt^n imposer aux officiers de tous grades. Ceux-ci ne s'entendent pas : rau|Kidell et les Directeurs sont au plus mal ense:nl)le. ]Ni luimême ni M. de (".lioisy n osent trancher le différend, de crainte de se rendre odieux à tel ou tel parti : ils se contentent donc *< de les remettre les uns el les autres à l'avis d'un général et de plâtrer leurs dissensions el discordes sans oser entreprendre de les accommoder, avant peur de faire pis en voulant bien faire ' ».
Écrivant le même jour à Sublet de Noyers, Choisy démontrait aussi la nécessité d'envoyer au plus vite un général, de l'argent et du renfort. Au sujet de Taupadell, il entrait dans un. certain détail. O général était mal avec llosen, Oelijji et Nassau, lîesté souffrant à (iera, que Ton a quitté pour loger à Naumbouig, il fit dire à (iuébriant et à Cdioisy qu'il ne pourrait plus vivre sans avoir la liberfi" de \j fouciiou de sa charge, et (piil préférait, pour ne pas lioublei- les all'aires du lloi eu All€Jna""ne, marchci- de nouveiiu à \i\ tète de son ré<>iment. A (pioi il lui fut ié()(»iidu d attendre l'ariivéedun général, «< ([ui, par son autorité, mettrait chacun en son devoir ». >^ Le débul (hi différend de ces messieurs, <lisail Cli^visy, j)rovieut de ce que les trois, en qualité de Directeuis, prétewd<Mitque le général-maj<)r n<^ peut doftuer aucuns ordres qu'ils ne soient réso^'Pi'S pa-i- eux <m par le conseil. » Loin de voir les choses ainsi, Tairpaclell se moqua de\auteux di' leur direc'toiiat. Puis M. de (^hoisv ajouUiii : <> Mais, monsieui-, je crois être eucoj-e «obligé à vous dire (|ue (|W:<^lqu<^ giMK'ral ([hc le Roy puisse envoyer ici, quelque argent (juc Sa Majesté puisse emplover au pai-ement de ses troupes et (juelque gi-aiificatiou qu'Elle puisse faire aux particuliers, (pie, de tout cela. Sa Majestjé l't Son j-^juinence auront |)eu de satisfaction, si h^ renfort ne nous arrive: M. de Longueville en sait, sur ce sujet, ])lus (pie moi -'. »
1. AIT. Élr., Allemagne coircïï-porKlanco, V. 16-1"61, et Arch. Rotrou. Guébriant à de Noyers ; N'aurnt»oui-tr, i:^ avril lti4l; cité par Le Laboureur.
2. AIT. l'Ir.. Allemagne conespondance, \'. Itj-1G3. C'.laoisy à de Nnvers Nauniboiirg, 1.3 avril 1641.
LA MORT UE ItANiNEIl ]R(5
Sur ces eiihcluites, le comte de <iiK'l)ri;iul i-eçoil diverses dépêches de la landgrave Auielie cl de son ccMseil, lëpoiulaiil à raMin)U€e de la nouvelle jouclion des Fi'aiiç.ais et des Su<'dois. ( '/esl resfx'iajice <'.\j>riinee de voir l'annce du Uui « laballre l Orgue iJ <*l la gloire », dont les lnij)eriau\ sont u enlltîs pour Iv sucio/ (ju i^s ont eu ccjuitre le colonel Schlang » ; c esl aussi le désir que Français el \\'einiariens fassent « Icîste aux ennemis » et (|ue tous les alliés lestent en une parfaite union « absolument nécessaire dans la conjonclnre présente, ou il s'agit de maintenir les afl'airt's du bon [)aiti en Allemagne ou de leur donner une tlanj^oreuse face ». Quant aux troupes du landgraviat, disent ces dépêches, elles sont épuisées par les latigU'Cs »'piv)uvéx»s durant l'hiver; et cependant ne vont-elles pas avoir a lutter d«ns la Westphalie contre llaty-feld <jui comjnencei'a la campagne dés le lo a^ril, suivaut une iellje interceptée par* le comte d IvlxM^slein ! Les Hessois au raient alors suites bras un ennemi [)uissant, chml l'effectii" pourrait monter à lO.OOU hommes ; ils devraient aéanmoinN. comme le désire Ciuebriant, s(î maintenir en relation avec les Franco-Suédois. Aussi la lantlgrave engaget-eïle les alliés à faire d'extrêmes efforts pour maintenir Les Impériaux, « vous le pi'oposant. dit-elle a (iuébriant, comme le seul nunen (jui peut divertir la ruine commune de nos armées el la decabdence entière de tout l'état de nos affaires' ... » De son côté, le coiiite d'.Xvaux essayait (rol)lenii' dos princes de Brunswick el de LuHel)ourg oju'ils tiiussent <|uelques troupes à la disposition des de\\\ Couronnes, malgré leur siège de \\'(jll"enl)uttel et la nécOsMté de garder leurs frontières-. Un peu plus tard, en juin, (iuébriaiil
1. Bilil. Nat., 5(X) Colbert, V. llJ-l,et .\nii. Kolroii;rité par Le l^i- •Boi'RF.UB. La landgrave de Hesse à Guéljriant: Cassel, s avril l<i41 ; Bibl. Nat., 500 Cotljert, V. 112-H, el Arch. Rolrou ; cité par Le Laboureatr. La landgrave de llesse-Cassei à (luébriant ; Cassel, l'^ nvril 1641 ; Bibl. Nat., 50u Colbert, V. 112-.-), et .\rch. Rolrou; cité par Le Laboureur. .M.M. «lu coDs«il de Mme la land^nive de Hesse à M. le jointe de (.'luébriant; Hildesheim, IH avril liJll.
2. Bibl. Nat., 500 Colbei't, V. li:5-3. D'Avou.\ à CiiCbrratil ; HainbourK, Il mai 1641; cité par Le Laboureur.
expédiait le sieur de Geiil/ pour trailer de la question avec cet ambassadeur, (jui lui-même en conférait sans retard avec Salvius; ralfaire fut portée en Suède, où (( le baron de llorte. écrivait d'Avaux, y fera les offices et instances convenables pour procurer quebjue satisfaction à MM. les ducs de Brunswick et de Luiiebo\ii-o-' ». 0
Le 10 avril, le coiiile de (iueljiiant établit son quartier général à Nauiiibourg. Banner répandit ses troupes entre la Saale et la Mulde jusqu'à Halle; le pays se trouvant ruiné, les troupes suédoises s'étendirent, le .") mai, dans les évêchés de Halle et d'Halberstadl. (iuébriant franchit alors la Saale sur des bacs, à son confluent avec rUnsliut, cantonna ses troupes entre ces deux cours d'eau, et mit son quartier général à Mucheln-.
Les Impériaux occupaient Eger, Hof, Adorf, Œlsnitz et Auerbacli.
1. Bibl. Xal., ."jOn ColbtMl: ^'. 113-5. D'Avaux à Guébriant; Hambourg, H> juin 16il.
2. I.e Roi, comme preuve de satisfaction de sa conduite; nomme le comte de Guébriant capitaine et gouverneur de la ville et du château d'Auxonne, cbarge devenue vacante par la mort du marquis de Seneccy (Saint-Germain, 1" avril 1C.41).
Henri de BautTremont. marquis de Senecey, gouverneur d'Auxonne et de Màcon ; meslre de camp du régiment de I^iémont; tué à la bat.iille de Sedan, le 0 juillet 1641, sans avoir été marié. Fils de Henri de BautTremont, baron de Senecey, mort en 1622, et de Marie-Calhcrine de La Rochefoucauld, duchesse de Randan. première dame d'honneur d'Anne d'Autriclie. morte en 1677 à 89 ans. Le marquis de Senecey avait un frère, Louis, comte de Randan, qui mourut à la même bataille de Sedan, et une sœur, Marie-(;iaire, mariée à Gaston de Foix, comte de Fleix, qui sera tué au siège du fort de Mardick en avril 1646.
.\rch. Nat., O. 1.8.-176 verso. Provision de gouverneur d'Auxonne pour le comte de Guébriant.
Auxonne place frontière de Bourgogne « importante au bien et seuroté de nostre Estai ».
Arch. Nat., O. 1. n. -177-177 verso-178. Dépêches du Roi à cette occasion.
.\. la mort de Guébriant, le gouvernement d'Auxonne sera donné à M. du Plessis-Besancjon ^Léonard Besançon, sieur du Plessis, marérlial de bataille en les camps et armées); Arch. Nat., O. 1. 8.-178
LA MORT l>E BANNKH ];t7
Los fali^iics (le la <^ueii<', les soiu'is coTitiiiufls. la bonne chère avaient liltéiaienienl épiiis*' le feldinai'»'clial. [l fui bienlôl à toute extrémité. ( "iiii'hiiaiil coiinii le \oii'. et soilil (le chez lui tout peiplexe : s'il \ieiit à mourir — et rien ne laisse espérer (|u'il en r(>chappe, les médecins n'en ayant pas bonne opini<jn — on se trouvera en bien mauvaise situation, les di^yix armées pestant sans généraux. (^)ue! désoidre en résullera-t-il en présence d'un ennemi ■■ puissanl et sag<? ' ? » Il est donc urgent, écrit-il à de Noyers, de |)ourvoir aux affaires d Allemagne par l'envoi d un général, d'un secours en hommes et en argent : « sans (|u<>y il n'y a pas lieu d'en attendre rien de bon ; pai-donnés moy. .Monsieur, sy je me rends importun à touttes occasions sur ce faict. mais je vous suis trop oblig.' pour manquer de vous informer- de chose de telle conscMpience "- ». Le duc ("reor-ges de Hi-unswick mourait le 12 avril. Sa veuve en donnait avis, et témoigrunt ((irel(|ire disjjosition à demeurer ferme dans le |)arli : néaiimoirrs (iu(d>rianl jugeait |)lus sûr de lui dépèchei- (.lioisy jjour- lui faire compreiulre qu'elle ne pouvait « Ir-ouver l'avantage de son fils que dans l'alliance du Roi-* ».
Après une journée de route, Choisy rencontra les ambassadeurs de la duclu^sse de Brunswick, auxquels s'étaient joints ceux de la landgrave de Messe, allant à cette occasion trouver Banner et Guébriant, et, dit il, « chargés à peu [)rès des mesmeschos(^spour les(|uelles je faisois le voyage ». Choisy rebroussa donc chemin, et les entendit promettre à Guébriant « la continuation de leurs bonnes volontés ^). On les traita « splendidement », et Ton ne manqua pas de leur faire constater la parfaite union qui régnait parmi les alliés. A la duchesse, l'on promit d'aider à reprendre Wolfenbuttel qu'elle assiégeait. Il en résulta un tr^aité que lui fit signer M, de Choisy, et, malgré les menaces de Picco-
1. AIT. 1-Jlr., Allemagne correspondance, V. lt>-173. (iuébriant à (de Noyers ; ; 2fi avril 1641.
2. Ai-ch. Rolrou, V. 11-65. Guébriant à de Novers ; Michelstadt, 2 mai 1641 ; AIT. Élr., France, V. 287-73-74. Lellres de Guébriant.