Ibidem
lomini de brûler l(>ii;s les EUts de BrunsAvick dans le tas où elle ne roni})rait pas avec les Franco-Suédois, elle s'engageait, ainsi que la landgrave Amélie, à joindre ses troupes à celles des alliés. Dans une lettre à de Noyers, qu'il écrivait à propos de son voyage écourté, C/hoisy redisait, l'importance qu'il y avait à recevoir de suite un général, des troupes et de l'argent, étant réduit à empruntera des particuliers pour faire subsister l'armée, afTaiblie outre mesure par les privations ^
Impériaux et Bavarois n'hésitent pas à proliter de la maladie de- Banner et de la mort du duc Georges. Ils vont d'abord inutilement attaquer les anciens cantonnements, e\ les trouvent tous vides. Le général-major Rosen leur barre momentanément la route avec trois régiments, les oblige à se répandre le long de l'Elster et à s'arrêter à Zeitz. A peine y sont-ils installés, que Borneval jette un pont sur la Saale près deWeissenfels, Sous la protection de 800 mousquetaires et malgré les Français, il réussit dans son opération, s'empare d'un faubourg fortilié, construit hâtivement deux redoutes, établit son caiBon sur une éminence. Guébriant accourt; en même temps que lui se montre Piccolomini avec des renforts. Les ennemis ont de plus gros eflectifs, mais cette constatation n'impressionne pas le comte de Guébrianl, qui reprend le faubourg, enlève les redoutes, rompt le pont. La conservation de la ville est de faible importance, la Saale étant guéable en divers endroits; Guébriant se résout donc à s'éloigner du côté d'Halberstadt, qui possède de bons n)agasins et de quoi nourrir les troupes pendant deux mois (mai). Les plaintes que ce pauvre maréchal de camp adresse à Sublet de Noyers se croisent avec une lettre que lui adresse ce dernier en date du 24 mai. « Ma j)lume refuil le papier lorsque j'entreprends de vous écrire, dit le secrétaire d'Etat. Elle sait que je vous en dois de si longs arrérages qu'elle a honte de se produire n'ayant pas de quoi payer; mais enfin, sans vous
1. AIT. Ktr , Allemagne coiTespondance, V. 1(>-I7"i. Clioisy à de Noyers; Mindstadt, 1" mai 1641.
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occu|>('r ;i lire des coiiipliiiK'iils. If ((i-iir est à vmis ot jo, suis assure ([iic c Csl ce (jur voiis (Icniaudc/.. » Il iiiiiionce ensuit»' (|iii'|(|iics l)(iiiiir> iiniivolles : M. Ao ! l'iicy, niuiii d ar;^tMil , i'-<l en ikiiIc |M»ur r;ii'tii»'t' : Li)ii<^ii('\ illc ItMa passt'i' un hm'coiiis vw AUacc. aii(|iiel se joiniliinil les 1 1(111 ne ^ (In I Jris^aii ; (| ii;iiil ;i lann'sinlt'.lli<^eut(' «Milro les ()l'ii(it'i> : « Nous juge/, <lil-il, aussi bien (juc nous (|u'il lanl la pi-cscnce d'une main puissaule el éi;. dénient iii;i(Ml)le |)oni\ porter remède... y> l'nis: « .le ne nous p:irle point de vo-. intercUs parc** (|ue \i)us devez être assure* ipn' je ne nej^lii^erai jamais aucune occasion de les niéna*'"er à votre avaula^fe... >' \.i : « Je \ iens au pau\ re M. de (ïhoisy. (jui, éfanl seul de sa profession eu vos ([uartiers, nie semble plus à jdaiiiilre qu'aucun de nos amis, ,1e ne vous cèlerai point (jue je fais mon |)Ossible en celle <(»nsidei-ation de le retirer de. son ostracisme ; mais ce ne seia pas sans en substituer un autre, pour ne vous pas laisser seul de votre bande, et sans consolalion, au mili(Mi de tant tl'occasions (|ui s'en présentent tous hîs jours, aux(pielles les j)Ius forts es[)rils (^nt besoin d'un ami, dans le sein du(|nel ils puissent (b'poser leurs ennuis. » Du reste, .\I. de Trac-y s'en \a » pleineinenl inslruil de l'état de t(tutes les all'aires et nouvelles de deçà' ".
Avec celte lettre, (iuébiiant en recevait une du l{oi, l'assurant de la dis|)osilion dans laquelle il elail i< de porler |)uissammenl les allai l'esd'Alleuuigue et d;' mettre son armé<' en état de faire de iri-jnids ])rogrès- ».
Le 20 mai. acptatre heures du malin, mourait;") llalberstadl le feld-maréchal |{anner.(|ue la lieMC rongeaitdepuis le ;}() mars '. A l'annonce de cet événemenl, le général
1. Bil)l. Nat , r.00 ColItoiL. \'. 108-81, et Arcli. Rolrou. De Noyers à (iiiéljriant; Riieil, 24 iii.ii liWl: cilé |iar Le |l,;ilioiireiii'.
2. |}ibl. Nat.. .5(in Colbeil. V. lo!»-.-,.-,. el .Vrcli. Iiisf . (uierre. V. 64-M)3. I.e Roi à (iutibriani ; Ahhoville, :5i> mai U)41 ; cité poi' Le I.aboiirein .
3. Giizelte du 15 juin HUI. n" lirt. De Leipzii,', 25 mai lt»41; Ilisl du règne de Louis XI II, par M. Le Vassor ; llixt. de la i/nerre de l'renle (tiis, par i;. C.iiARVKni.vr ; Ilisl. du ninréchal de (iuèltriant, par .1. Le Lalioureur.
de Guél)riaMl vint camper sous les murs de la ville.
« M. le comte de (iuébriant, écrivit le lloi le 2o juin, j'ay eu très grand desplaisir d'apprendre le déceds du sieur Jîanuier, comme d'une personne que j'estimois beaucouj) pour sa valleur et pour qui j'avois une bonne volonté particulière. La couronne de Suède a perdu en luy un giand chef de guerre, et je cro}' que dans cet accident il est très à propos de fortifier tous les officiers de l'armée suédoise, affin d'y maintenir la mesme vigueur qui y a esté jusqiies icy. Je ne doutte point que toutes les forces de ladite couronne ne viennent de touts costés la joindre pour souslenir les affaires communes, et niesme que ma cousine la Lantgrave de Hesse et mon cousin le Duc de Lunebourg ny contribuent to it ce qui leur sera possible. Sur quoy je leur escris présentement et vous fais aussi la présente pour vous dire que vous faciès de vostre part avec mes troupes que vous commandez et par vostre bonne conduitte tout ce que vous pourrés pour empescher qu'en celte conjoncture il arrive aucun inconvénient fascheux et préjudiciable à hulite cause commune '... »
Jean Gustafson Banner, d'une famille ancienne et mircjuante, était né eu 159G à Diursholm, province <1 l pland, en Suède. Encore eu bas âge, il tomba du haut d'une fenêtre sans se faire aucun mal, et aux personne •> accourues pour le ramasser et stupéfaites de le trouver intact, il prétendit avoir été supporté dans sa chute par un beau jeune homme ; aussi le roi de Suède, en y faisant allusion, aimait-il à lui répéter qu'il avait été mira, uleusement conservé pour de grandes destinées. (Chambellan de Gustave-Adolphe tout d'abord, il e;i:brassa fort jeune le métier des ar ues, devint officier de cavalerie, suivit le roi en Prusse, s'y conduisit avec* prudence, cherchant à se faire remarquer par son couia^^e. Il gravit ainsi rapidement les échelons de la hiérarchie militaire En lG30,il était général. A Leipzig, il commandait l'aile droite de Tarmée royale, et Gus-
I. Itibl. NaL, 500 Colbert. V. 109-.%. Le Roi à Gnébrianl ; .Abbeville, 25 juin ion, el .'Vrchives Rolrou ; cité par Le Laboureur.