I.A MOUT DE HANNEH vqi
tave-A<I()l|)li(' (lil ce jom-la (|u'a|)ros Dieu i\'t;iit a lui qu'il (levail la vicloiic. Il fil le hlorus de Ma^ddx.iir^r et s'en empara, suivit le i(»i eu Havière et s'v (lisliii«nia. Blessé à Nuienihei-g, il n'assista pas à la bataille de Lutzen, en 1032, ou péril (;uslave-Ad()l|)Jie. Il voulut alors rentrer eu Suède avce les dé|)ouilles royales; mais le chaucclierOxensliern parviul à l'eu dissuader, préférant utiliser ses talents exoepliouuols aux intérêts suédoisen Alleuia<»:ue. La bataille deXordliuoiie perdue, le niai'éelial lloiu prisonnier, Banner, nommé maréchal de camp «général, rassembla les troupes restées dans le nord de l'Allemagne, et dès lors, tint d'une main ferme le commandenienl diflicile de ces hordes plus ou moins discij)linées. Wittstocket Chemnilz, cinq ou six autres grandes batailles, trois belles retraites où se déployèrent ses ((ualilés remai-<|ual)les de chef: l'une en Pomérauie devant le comte de (îallas avec 14. OUI) homme;^ contre 40.000 ennemis; l'autre extrêmement périlleuse à Erfurl: celle (hi llaul-Palaf inal à travers la Bohème, ([ue nous \enons de tracer, et couronnant la plus brillante carrière : tels sont les points très saillants de la vie de cet illuslie homme di; guerre^ suédois, (|u'on aimait aj)peler un seco/ul Gustave-Adolphe. Les sièges n'étant pas de motle en Allemagne, il n'en fil pas de considérable. Lire maître de la campagne, iiiiner l'armée ennemie et conserver la sienne, fut constamment son but. En cela, il imitait Bernard de Saxe-Weimar. Banner sut profiter des leçons de Gustave-Adolphe, qu'il ra|)pelait beaucou|) par ses éminentes qualités guerrières. La fortune lui sourit et lui |)rocura la plus enviable renommée.
U ressemblait physicpiement à S(m défunt roi au[)oinl que, plus d'une fois, on les confondit. Il était de constitution robuste, très actif, travailleur, colère jusqu'à traiter parfois rudement des princes et des généraux; prudent à la guerre, doué d'un coup d'œil sûr, versé dans l'art militaire. Sa décision prise, il exécutait avec rapidité. Assez satisfait de lui-mèm(\ il aimait à se vanter, et ne détestait pas les flatteurs. Il ré|)était volontiers qu'il ne livrait rien au hasard, ([u'il prévoyait
et raisdiinail toiil ; aussi parvenait-il à le l'aire croire à la troupe : le soldat avait une aveugle confiance en lui, le tenait pour infaillible, rejetant même les événenient& niallieureux sur la fatalité, restant persuadé que son géiiéi'al n'aurait pas pu différemment agir. L'ascendant (pi'il exerçait sur les officiers supérieurs de son armée était tel qu'il en vint à ne même plus leur faire |)art de ses desseins. 11 se rendit aussi tout à fait indépendant <lu Conseil de Suède, se jugeant mieux informé des événements tie près, que ce conseil, de loin. Le général Torstenson et cpielques autres chefs essayèrent de réagi I-, mais il leur en montra sèchement l'inutilité, et prud»'mment ils se le tinrent pour dit.
Lianner prônait le secret dans la préparation et la conduite de l'action, et ne craignait pas de blâmer l'attitude des Français et des Imj)éi"iaux, qui, toujours sans initiative, attendaient lesoi'dres de leur Cour ou délibéraient en conseil. GallasetPiccolomini, disait-il, auraient eu des succès contre lui, avec leurs effectifsconstammenl supérieurs aux siens, s'ils avaient joui d'une liberté d'action, et sans la fâcheuse mode de la Cour de Vienne de changer trop souvent ses généraux, dont les derniers arrivés avaient le plus de créance. Il faut, disait-il encore, conserver dans leur emploi ceux qui secvent depuis longtemps dans un pays ; car ils y ont acquis des connaissances et une expérience que les nouveaux Aenus ne peuvenl avoir qu'à la longue, et après avoir C()mi)romis la situation. Il jugeait aussi que les officiers servaient mieux, par habitude, dans leurs corps lors- (pi'ils y étaient anciens, les plus récents les surpavsaient-ils même en qualités militaires.
Il apportait une minutieuse attention à la subsistance el à l'entretien des soldats, au choix de leurs cantonnements, et, j)ar là, acquérait leur confiance et se les attachait. Cependant il tenait essentiellement à la discipline, el leur défendait la maraude et le pillage : « Us se débanderaienl tout de suite, et je n'aurais plus que de la canaille; leur accorder le pillage des villes, c'est vouloir les perdj-e à plaisir. » Il savait blâmer les généraux qui, ()our leui- seule léputation, ne craignaient
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pas de .sacrifier hi \ie si pic'cieiise do Icuiis Ijoiuines. Les Alhunaiids dressés par lui élaient, à son avis, les ineilleuis Iroupicrs du inonde. Avec les officiers, il frayait 1res peu. « Il ne faul pas, ex|)li(|uail-il, que tant de ^en.s ai«'nl part au secrcl des affaires ; cela les rend moins respectueux... .le ne m accommode poini de ces volontaires (h' (pialilc ; ils veuleni èlrc hop considérés, et les exemptions des devoirs de la disci|)line militaire, qu'on ne; peut se dispenser de leur accorder, sont d'un peraicieux exemple et «gâtent tous les autres. » 11 punissait sévèrement, quelquefois même des corps entiers.
Banner eut autant d'auloril*' f(ue ( lustavi'-Adolphe en Allemagne el dans l'armée suédoise, disposant des chaiges et des gouvernements des |)laces, non seulement dans les pays comjuis par lui, mais encore en Poméranie. Seul vis-à-vis de lui le général Torstenson se trouvait dans une situation |)articulière, ayant reçu du feu roi lui-même la charge de lieutenant général de l'artillerie. Il laissait une liés grande autorité à ses généraux, au point de leui' donner le droit de grâce sur les criminels.
Son goût |)our la dfîpense étaitgrand ; bien qu'il eût cent mille livres de i(>nte — somme considérable à l'époque — proviMianl de son gouvernement et de ses charges, et qu'il sedéfrayàl (piand mèmede tout sui- les j)ays occupés, il ne laissa fpi«> 20(1.000 richedales (mi mourant, après dix ans de commandement en Allemagne.
Malgré ses fréquents dcMuèlés avec les Français, il estimait le caractère deduébriant au point de conseiller, avant de mourir-, aux officiers génératix suiklois d' <' écouter ses conseils comme ceux d\i j)lus grand capitaine qui fût dans leur parti », écriia L(î Laboureur ; ce fut à lui qu'il laissa sa \aillante épée. Il confia, jusqu'à l'arrivée de son successeur, le commandement de l'ai-mée de Suède aux généraux-majors .Vdam PfuI, son beau-frère, Arfurth Wittenberg, commandant la cavalerie suédoise, et Charles-Gustave W'rangcd, Allemand, chef de l'infanterie K
1. Gazette du 22 juin IG41, n" 69. O'Ihilberstadl. 29 mai 1641 ; Hisl.
204 LE MARECHAL DE GUEliHLVNT
Le feld-inaiéchal BaiiiuM- succonibail à (juaranle-cîiiq ans. Sa carrière militaire, des mieux lemplies, cul un éclat considéral)le. Sa mort causa des impressions diverses : les alliés en rcdoulérent les conséquences; les Impériaux, qui « tremblaient au seul bruit de son nom y>. eurent une lueur d'espoir et résolurent d'agir.
A Stockholm, le 15 septembre 1041, les plus grands honneurs sont rendus aux dépouilles mortelles du feld-maréchal. Deux régiments d'infanterie ouvrent la marelle funèbre. Puis : 000 draj)eaux et cornettes gagnés par le défunt ; ses armoiries tenues par 10 gentilshommes ; le cercueil que portent alternativement 40 colonelset officiers supérieurs ; Gustave Banner, fils unique du regrette chef de l'armée d'Allemagne, dans sa onzième année, seul, à 10 pas derrière le corps; les
du maréchal de Guébrianf, par J. Le Laboukeur; Hisl. de la (juerre de Trente ans, par E. Ciiarvériat ; ///s/, du règne de Louis XIII, par M. Le Vassor.
Ciiarles-GustaveWrangel, fils dUcrmann Wrangel, général suédois, naquit le 13 décembre 1613 à Skoiiloster (Upland). Dès son jeune âge, il montra du goût pour la carrit're des armes, et fit ses premières campagnes avec son père. Guslave-Adolplie l'emmena en Allemagne comme officier de ses Gardes. A la mort du roi, il servit sous Bernard de Saxe-Weimar, puis sous Banner^ et donna des preuves de grande valeur. En 1641, l'amiral suédois Flemming, après une sanglante action contre les Danois, fut bloqué à Frédricsort, alors appelé Cbristianpriis, dans le Sleswig. Torstenson lui dépêcha Wrangel, au([uel F'Iem ming, blessé à mort, remit son commandement. Avec une remarquable audace et sans trop de pertes, Wrangel traversa l'escadre ennemie et ramena la sienne à Stockholm. Bientôt après il portait un coup terrible aux Danois entre les îles Laaland et Femern. .Vprès la pai.x de Brœmsebro signée en août 164.">, il reprit un commandement sur terre. Chi'f de l'armée suédoise en Allemagne, en remplacement de Torstenson accablé d'infirmités, il opéra souvent de concert avecTurenne. Un peu plus tard, il fit la guerre en Pologne et envahit le Danemark.
Grand amiral de Suède, feld-maréchal, comte de Sylfnitzbourg, sénateur, il fut comblé de biens et d'honneurs ; il obtint d'éclatants succès sur terre et sur mer, et fut un des hommes les plus remarquables qu'ait i)roduil la Suède, un de ses plus grands capitaines.
En 1»>74, quoique infirme, il accepta le commandement de l'armée de Poniéranie. Mais, à peine entré en campagne, il tomba plus malade et s'alita ; les Suédois essuyèrent de graves échecs. Wrangel se retira dans sa terre de Spiker, île de Rugen. Il y vivait en repos, quand un jour, on l'avertit que les vaisseaux ennemis étaient en vue. Retrouvant son ardeur guerrière, il voulut aussitôt aller les reconnaître. Cette imprudence le tua ---juillet 1676. Il eut de belles funérailles à Skoklosler, s.i ville natale.
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deux t'i-»';i'es (lu dt'l'iml cl le margr;i\ •' de IJ;i(l(^-l)ii!-lacIi, son l)t'ati-frèi"t', siii- le inriiic raiij^' ; Ions les parciils: la vcMNc. coiulcssc de hadc-Diirlacli : la fille cl les s(eurs: la reine de Suède, |)r('îC(''(l('M' di^ ses 24 g«Milil>lioimnes ordinaires, suivie de tontes les [jiincesscîs et daniesde la(Jionr ; le senal du royaume ; la noblesse, de.
On di'pose le eei-eneil dans le leniple; un doclenr retrace, dans nue éniou\ante oiaison junehre. les c\- |)l(>ils du giM'irier à la « grande salislaclion de toule l'assislanee, (|ui aj)|)iil alors en détail, dira le Mercure français, ce qu\dle n'axoil sc(MI (|ue sur des relalions fort légères ». l'endanl (|iie le r(ti'|)s du \ain(|iieur de Willslock el de Clieninitz descend dans le caveau, les réginienis d'inTanlerie exécutent des salves, les canons du cliàleau et du port lonnenl a l'envi.
[ja ciîrt'Uionie leiniinee, la reine ("duisline offre, au logis inênie du defunl, « un superhe f(>slin » aux personnages qui ont rendu les derniers devoirs à celui que pleure la Sinlnh* '.