‹ Le Maréchal de GuébriantChapitre 60 sur 159 · I. .\ft retire l'rançais, 1641, p. H2t el suivanles · texte numérisé non relu

I. .\ft retire l'rançais, 1641, p. H2t el suivanles

CHAPITKE VI II

VICÏOir.K DE WOLFEXBUTTEL 1641:'

!. Indiscipline des troupes. — Mort du rliinj^iave Jean-L!)uis. — Le» Brunswickois assiègent Wolfenbultel. — L'archiduc Léopoldel Picnolom'mi s'avancent pour faire lever le sièije. — Guébriant uccouri et décide les Brunswickois à combattre. — Préliminaires de Vaclion. — Bataille de Wolfenbuttel. — Mésintelligence entre Français et Suédois. — Situation générale peu brillante. — Le duc Charles de Lorraine à Saint- Germain. — Il signe puis rompt un humiliant trmté.

11. .\tta(}ue de Dorstcn par les Impériaux. — Les Sué<lois refusent leur concours. — Succès de Piccolomini. — Situation déplorable de rarméed.Vllemagné. — T.o.ul y manque à lafoiiS. — (iuébriant demande un congé. — Désordre. — Les princes de Crunsvvick abandonnent la cause. — Hardiesse des ennemis. — (iuébriant les attaque. — Le comte de Nassau et le colonel Muller sont tués. — De Noyers entrevoit pour Guébriant les fondements d'une grande fortune. — Le duc de Brunswick traite avec l'Empereur à Goslar. — Difficultés de Guébriant. — Il demande son rappel. — Les alTaires semblent s'arranger tout à coup. — Xotice sur Torstenson. — Il airive. — Il cherche à entraîner Guébriant vers la Bohème. — Séparation des armées. — Guébriant arrive sur le Rhin. — Il est créé lieutenant fjénéralel chevalier du Saint-Esprit. — Les conseils de (^havigny.

Avant le décès du feld-iiiaréchallUniueftiii vent d'indiscipline soufflai! déjàdansles rangs suédois; on essayait de persuader au.\ Allemands, qui formaient le gros de ses troupes, (ju'AUemands et non Sm''dois, ils devaient fidélité à i'EjJiperenr. L'autorité de Banner et le respect qu'on lui vouait maintenaient ceux-ci dans le devoir; mais, dès ([u'il fut mort, la pression s'exerça de plus belle, et, à la tèle des meneurs, se vit un homme

vicToim; i)K \voi.m:mu TTh;!. ao?

d'un esprit <li.sliii<^ué et d'un earaclèrcî etiliei-, le < itloiiol Morlagiie. ayant sui- les Iroupes un j)i'esti^e fait <ie ICsliuie que lui accordait le deluiil inareilial. Mortajjfiie li^iuiies coloFiels entre eux, cherchant à leur persuader de ne pas recevoir le crénéral (ju'env(;rrait la Couronne de Suède. (îuéhrianl eut beaiicmip de mal a (U'joncr «-es basses inlrij^Mies et à maiïilenir l'ordre dans les rangs. A peine le calme élait-il rev4'iiu parnii les Suédois <[4ie les tètes s'éehaulîèrent chez, les Weimariens. lîosen et Taupadell i-eslèrent en delicirs de ces menées ; mais les comtes de Nassau et de V\ ittjrensteiu ainsi (|ue le colonel iduller se montrèrent ardents et poussèrent les choses rapidement à l'extrême. Il leur fut aisé de trouver un écho parmi les soldats mal payés, auxquels on devait plusieurs montres. Encore une fois Guébriant, grâce à sa haute [)ersonnalité, son adiesse et scui ëneigie, tievint maître de la situation. Tout rentra dans l'ordre momentanément.

.\|)rès avoii- passé la Saale, les Impériaux étaient alli's caujper à Egeln sur la route d'Ilalberstadt. Les Bavarois s'étant avancés, le 27 nuu, non loin de ( Hiedlinbjurg, le rhingrave Jean-Louis, lieutenanl-cidonel <le cavalerie sous les ordres de Taupadell et prince d'une remarquable intrépidité, fonça sur leurs coureurs, les rompit, les mit en déroute, et fut tué dans l'action. Les W'eimarietts à la tète descjuels il marchait clier- <:hèrent à veng>er sa mort, mais toml>ènmt dans un ^uot-apeus, et, malgré des elVorts suihiiniains pour >.e dégager, durent mettre bas les armes, l- j-apj^é de leur héroLsme, Piccolomini les congédia tous (|ueU{ues jours a[)rès — noble et juste hommage rendu par un homme qui s'y connaissait en bravoure. ( Hiedlinbourg ouvrit ses portes aux Bavarois.

Guébriant résolut d'agir contre Piccolomini avant l'arrivée du lenfort (juamenait l'archiduc Léopold. Il ■engagea dojac encore les ducs de Lunebourg à se joindre à lui avec ii.OOO chevaux et I.IMJO fantassins. La ■crainte des Impériaux leur lit tout promettre, et le ■comte de Guébriant, après avoir passe trois semaines à Halberstadt, se rendit le 2 juia, à Of^cJierslebeu, où le

lieuUMi;nil général Klitziiig lui amena en tout et pour lout un renfort de 1.300 cavaliers, au lieu des 4.000 lionunes promis; néanmoins il n'osa pas trop se plaindre, carie Brunswick était alors travaillé par les agents de l'Empereur en vue d'un traité. Il logea Uosen dans Oschersleben, avec 4 régiments de cavalerie, et crut pouvoir élargir ses cantonnements pour faciliter la subsistance; mais 3.000 cavaliers sous Piccolomini apparurent subitement, espérant enlever Oschersleben de vive force, iloscn put rébister à cette impétueuse attaque. Aussitôt Guébriant concentra ses troupes et s'établit en observation — son quartier général à Kni/tyidam, au bord d'un marais — soupçonnant les vues de l'ennemi contre Halberstadt ou contre les assiégeants bruns- \vickois de Wolfenbuttel. Ceux-ci, hantés par de semblables craintes, lui envoyaient, le 14 juin, de nouveaux émissaires pour le supplier d'approcher au plus vite.

A la pointe du jour, le 17 juin, le comte de Guébriant vint en personne examiner les travaux d'attaque de Wolfenbuttel. M. de Ghoisy dépêchait en même temps vers de Noyers. On est dans une grande nécessité, disait-il, ne pouvant satisfaire aux dépenses. Ce n'est pas qu'elles-aient été excessives dc|)uis le départ de M. de Longueville; elles sont, au contraire, bien faibles pour l'entretien de l'armée. Avec l'aide de ses amis, il a payé jusqu'ici, s'est engagé, a fait travailler à la confection de vêtements sur son crédit personnel. Il a donc besoin d'argent, au risque de faire banqueroute ^

Impériaux et Bavarois se préparaient en effet activement à faire lever le siège de Wolfenbuttel, dont le général Pappenheim s'était emparé en 1627, seule place <|iie lEmpire possédât encore dans le cercle de la Basse-Saxe. Le colonel baron de Rauschenberg la défendait pour les Austro-Bavarois, et, quoique représenté à la diète de Ratisbonne, le Brunswick la faisait assiéger par le général Klitzing depuis l'hiver. Imitant

1. A!ï. I-:tr., Allemagne correspondance, V. 16-221. Choisy à de Noyers; Knitzvidam, 18 juin 1641.

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en cela PappenluMin, ce général a\ait construit un»digue <^iii barrait l'OcUer, en aval de la ville, pour s'emparer de celle-ci en la noyant; mais il n'avait pas encore réussi lorsque Wuhl apparut au sud de W'olfeubuttei.

Son armée reconstituée, l'archiduc Léopold, ayant résolu, en mai, de secourir Rausclienberg, 12.000 Bavarois, formant avant-garde, sous les ordres du feldmaréchal comte .Joacliim-(!iiristian de W^ahl, s'étaient donc avancés subitement le long del'Ocker.lvlilzing dut alors se retirer au nord, faire des retranchements surles hauteurs tlu Linberg, et attendre l'arrivée des secours.

L'archiduc et Piccolomini, partis de nuit le 24 juin, accouraient avec le gros des Impériaux pour anéantir Klit/.ing avant la jonction des alliés. La nouvelle en parvint au camp français le 26. Guébriant tint conseil le lendemain avec les Directeurs weimiiriens et les hauts officiers de Suède. A l'unanimilé l'on résolut de marcher ; une heure après le camp était levé.

On avança de jour et de nuit. Le 28, de grand matin, Guébriant et Konigsniaik franchirent I Ocker au nord de la place, et se postèrent vis-à-vis de la digue. Quatre heures après, l'archiduc et Piccolomini arrivèrent aussi et campèrent sur une hauteur, à l'opposé et face à AVolfenbutlel, dont le canon se lit entendre pour les fêter.

A cette vue, les Brunswickois furent saisis de terreur. Pourquoi avaient-ils accepté de combattre! El pêle-mêle, abandonnant forts et retranchernents, ils s<' précipitèrent au milieu des Franco-Weimariens, répandant la confusion dans les rangs. On eut alors un étrange spectacle. Le prince Jean, landgrave de flesse- Darmstadt et général de l'armée de Lunebourg, qui dirigeait les opérations du siège, le général Klit/ing, son lieutenant, les ambassadeurs de Brunswick allèrent, dans leur incompréhensible anbllement, jusqu'à proposer de se retirer de Wolfenbuttel. et trouvèrent même un écho favorable parmi certains ofliciers suédois. 11 y eut aussitôt rumeur dans le camp français. Guébriant fit grand bruit, criant à la honte et au déshonneur, ran-

géant autour de lui Français, Weimariens, Suédois pour essayer de représenter à ceux de Lunebourg et de Brunswick les conséquences de pareille lâcheté. « Il ne s'agit plus ici, messieurs, de la prise de Wolfenbuttel et de la conservation du lirunswick, s'exclamait-il avec l'eu, il s'agit de toutes nos conquêtes, il s'agit de notre vie si nous lestinions plus que notre honneur. 11 y va des atïaires générales et de la réputation de nos maîtres et de la nôtre. C'est ici le champ décisif de notre estiuie et de la sûreté de notre parti ; nous y devons faire eu gens de bien, et notre courage nous y doit faire chercher une grande victoire ou bieu une mort glorieuse... Ma résolution était d'y combattre, et, à présent, j'y veux mourir avec les Français et les Weimariens, et je crois que messieurs les Directeurs suédois seront dans la même intention. Je me tiens assuré qu'ils ne nous abandonneront pas, et je m'en vais de ce pas avec eux dans le fort de la digue. Cependant fuyez si vous voulez fuir; mais fuyez vite si vous voulez vous mettre à couvert et sauver, non plus votre pays, mais vos vies que vous aimez tant, et qui vous sont plu> chères que votre réputation, votre patrie, le service et le salut de vos princes. Si l'on vous demande où sont vos alliés, dites qu'ils sont demeuiés a Wolfenbuttel, et que vous cherchez à vous mettre en sûreté pendant qu'ils se font égorger pour assurer votre letraite, pour gajder le corps du maiéchal Banner qui est encore ici, et pour empêcher que vous ne soyez poursuivis. Dites encore qu'ils n'ont pas voulu abandonner un si'^ge de huit mois que vous aviez lorjné, et que toutes les forces des confédérés sont exposées, pour Les allai res du Brunswick et pour la cojiquête d'une place si nécessaire à votre pairie, (|ui n'en veut plus parce qu'il faut combattre pour recevoir le fruit de vos travaux sur le terme d'un heureux enfantement. » Les Bruuswickoisse laissèrent persuader.

L'archiduc avait également assemblé les chefs de son armée, leur promettant une victoire infaillible, qui assurerait leur repos et permettrait de se payer avec gloire de tant de longues souflrances.

VKjroJHK m: woimimuiti;!. -jll

Après avoir recoiimi les liii|>criaii\, ( iiichriiiiil jn^^ca f|uils ne jjoiirraiorit ri«'n cntrcprciiilre qiM' mii- le grand fort gardant la digne à I ost, t*l dcleiKln par un»- hrigadr lnn('l)Ourg('ois(*. S'ils enicvaicnl i(; foil. ils ponrrai<Mil aiscnicnl (h'Irnirc la digu«* dcslinoci a no\(w la ville el imposer ainsi la lexcc <ln siôg«'. An coniraire, ceUe digne inainlenne en <'la(, la ville devait falalemenl capilnler, (dninK^ elle y avait éle rjMJiiile par le gén<'ral l'a|)p<'nliei m . Il cnvova (Inné s(mi pi(»pre régiment et eeini de .\l<'lnn a proximilt; dn fort ave<' oi'tlre d'y entrer an besoin [)onr le sanvcr conte (jne eonle.

L'ennemi traversa W'olfenhnttel afin de se ti'oiiver. comme les alliés, snr la rive gauche de l'Ocker. (iutjbiiant <'t les principaux chefs français, weiniaiien.s et suédois restèrent plusieurs heuies sur nne éminence a examiner ses mouvements, essayant de percer ses desseins, et acquirent l'impression (|u"il voulait simplement entier plus avant dans le pays, aller droit à Hildesheim, ruinerle, Mrnnswick, sans engager nne action décisive. Ils s(^ tronipaienl. Profitant de ce que l'arrière-garde des Impéiiaux était encore sur la rive droite, seule, isolée, Taupadell et Nassau passèrent sur la digue avec 6 escadrons pour la charger, et furent vigoureusement repousses; (îiu'briant y conrnt, mais cetie arrière-garde s'enfonça dans la ville pour y tronver abri. •

L'archiduc Léopold et Piccolomini perdirent alors leur temps àdétrnire, au sud de la ville, les tranchées de siège qu'avaient faites les troupes de Lunebourg, accordant ainsi an comte de Guél)riant e( à. Konigsmai-l< la faculté de s'installer fortement à côté tin général Klit/.ing, sur la hauteur tlii Linberg. La gauche des alliéss'ap[)nyait à l'Ocker et à un fort; leur liane droit touchait un bois, près du village de Kûmmelse. Sur leur front, ils élevèrent à la hâte des retranchements et creusèrent des fossés. A ganche, étaient les Tîrunswickois, sous les or<lres du landgrave Jean de Hesse- Darmstadt et de Klitzing : an centre, les (•'ranco-\A'eimariens, sous ("luébriant ; à droite, les Suédois, avec Kcinigsmark, ayant en soiis-ordre le général-n'ajor

Wrangel et le colonel Mortagne. Dans les rangs se trouvaient les dépouilles mortelles du feld-maréchal Banner, recouvertes d'un drap noir, reliques vénérées qu'on ne savait où déposer en attendant leur transport dans les pays Scandinaves.

La nouvelle circulait qu'un aigle d'une grandeur remarquable, portant une étoile sur le devant du corps, venait de planer sur Halberstadt, et de ce fait imaginaire les Impériaux tiraient un heureux présage. Animés d'intentions autrement agressives que ne le supposaient tout d'abord les alliés, ils tinrent un conseil de guerre. L'archiduc et Piccolomini jugèrent opportun d'attaquer, parce qu'ils avaient un efl'ectif supérieur — 26.000 contre 20.000. — Le comte de Wahl fut d'un avis contraire, les alliés étant très solidement installés. François de Mercy, envoyé en reconnaissance, affirma, sa mission terminée, qu'il serait difficile de chasser les ennemis de leur position ; puis il ajouta que, si l'on persistait à vouloir livrer bataille, il serait bon d'exécuter une fausse attaque avec la droite et le centre contre les ouvrages des alliés, tandis que la gauche impériale, renforcée considérablement, aurait l'attaque principale contre le point faible des adversaires : leur droite. Ce plan fut adopté : on attaquera dès le lendemain. Piccolomini aura l'aile droite avec la cavalerie impériale; l'archiduc, le centre; Wahl et les Bavarois, la gauche. La nuit suivante, du 28 au 29 juin, le baron de Rauschenberg, défenseur de Wolfenbuttel, créé général depuis la veille, vint renforcer lesBavarois.

De grand matin, le 29 juin, les Impériaux se mirent en bataille. Leur gauche — armée de Bavière — ayant Rauschenberg pour guide, passa les marais et s'étendit le long du bois de F'iimmelse, semblant vouloir déborder la droite des alliés. Aussitôt ceux-ci abandonnèrent leurs emplacements et se replièrent légèrement. Dans leur nouvelle position, un peu plus sur la hauteur, la gauche restait toujours appuyée à l'Ocker et la droite venait toucher un petit marais. Wolfenbuttel se voyait obliquement à gauche, et non plus, comme précédemment, en face.

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Les alliés» n'ont pas achevé leurs fortifications passagères ; les travaux ne consistent même encore qu'en lignes ébauchées, défendues par quehjues pièces de j)etit calibre, et en un mauvais et vieux fossé bordé par endioils de buissons el d'ai brisseaux coupés. Cepentlant, ix la vue d'enneinis, (|ui, après av(jir glissé le long du bois de l'iimnielsc, avancent en bataille, (iuébriant fait abandonner les outils et reprendre les armes. 11 ne s'agit plus <|ue de combattre ; ratla(|ue se fera, autant ((u'on peut en juger, sur laib* tlioitc Malgré le canon des alliés, (jui iucommode leur marche en avant, les ennemis restent calmes et dans le plus bel ordre. A bonne distance ils s'arrêtent. Le silence se fait alors dans les deux camps, absolu, solennel, comme pour maïquer un instant de contraste avec l'infernal bruit des heures qui vont suivre ; le calme avant l'orage; prélude dune grande action. Voyant que la gauche ennemie a légèrement débordé leur droite à la faveur des bois, toutes les brigades suédoises passent le marais au(juel s'appuie leur flanc, et coupent des branches afin d'arrêter par des abatis les charges de cavalerie.

Il est 9 heures du matin. Le centre et la droite des Impériaux n'ont pas encore dessiné la fausse attaque convenue. Sans attendre son exécution, \\'ahl et Gaspard de Mercy ont le tort de se jeter avec furie contre les Suédois. Tout d'abord ceux-ci tiennent ferme, puis leur célèbre régiment bleu, établi un peu en saillie des autres, ploie sous le nombre ; la première ligne recule à son tour. Konigsmark se hâte de faire avancer les cavaliers Nveimariens, troui)e d'élite s'il en fut, qui encadient solidement le régiment bleu et le ramènent en avant. Le régiment de feu le maréchal Banner charge de flanc, et son ardeur fait croire à ceux devant les(|uels se déroule ce spectacle sanglant (jue l'âme de l'ancien chef l'anime toujours. Par trois fois les Bavarois ont réussi à gagner la lisière des taillis couvrant à petite distance la droite des alliés, mais ils ne réussissent pas à rompre les Suédois de Wrangel et de Mortagne, el sont enfin rejetés jusqu'au bois de Fiimmelse, aux

au LE MARECHAL DE GUEBRIANT

ahoixls (liKjuel ils se cranipoimeiil et ou se livre un iiule c ombiU, Avec (|ualrt' escadrons de cavalerie, Guébrianl iui-niènie pénètre dans le bois qui est assez clair el leur tlétruit une brigade.

A midi seulenieni, rarcbiduc Léopold et Piccolouiiiii parui-ent sur le ihéàlre de l'action et prirent parla la lulle depuis longtenjj)s engagée. Ne connaissanl pas le tenain sur le(|U(d ils devaient opérer, mal éclairés, ils s'étaient perdus durant trois heures. Avec trois biigades. Léopold avança sur le centre francoweimaiien, et lui fit abandonner ses retranchements ; une l)allerie de 12 pièces Fan'èla dans son clan, mais bientôt revenant avec des troupes fraîches, il lança

2 régiments de cuirassiers à l'assaut de la batterie. La mêlée fut terrible. Comme il devenait matériellement impossible de recharger les armes, on se battit corps à corps, à coups de crosses, à coups de |)icjues.

Sur toute la ligne l'action avait atteint son maximum (Lintensité. Le comte de Guébriant se montrait partout, entretenani l'ardeur, promettant le succès, faisant soutenir les uns par les autres, obéi par tous, bien que n ayant |)as le commandeme)il eu chef, (^anou et niousqueleriedécimaient l'ennemi, ({ui cependant se refonnait toujours, qui toujoursaujenait denouvellesbrigades. Les charges succétlaient aux charges ; le carnage devenait effroyable; l'avantage sans cesse oscillait entre les deux camps. Tour à tour chacun supposait tenir la victoire, lors([ue tout à COU]) on la vit indid)itablement pencher du côté des Impériaux. Déjà Piccolomini avait ébranlé les Brunswickois, déjà une large brèche s'ouvrait dans les rangs franco-weijuariens, quand le général Taupadell tomba sur le flanc droit des ennemis avec 3 brigades d'infanterie et 4 escadrons de cavalerie, jusque là l'estés en réserve derrièie l'aile gauche. Les Autrielviens, <'r«.Mnlé'S j)ar les marches et conlre-marchcs du matin et par u\i si chaïul engagement, plièrent alors.

Pendant ce temj)s les Lavarois se défendent toujours vaillamment sur la lisière du bois de l'iinimelse. 11 est

3 he4H*es de l'après-midi. Tandis (juils ajustent à bout [♦orlaut leurs (■on|>s meurtriers, tandis ([uen masse

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leur infanterie s'approclic à la faveur île ce boiy, t« tavalerie bavaroise, profitant d'une clairière, essaie de pénétrer dans le camp desalliés. Aussitôt la cavalerie suédoise, sous le géneral-major Konigsmark et le comte de Hodilz, lui barre la route. Malheureusement Hoditz est blessé et doit quitter le champ de bataillé; ses troupes hésitent. L'ennemi le \oit, en piofite, les repousse, et parait ainsi devoir s'assurer la victoire ; mais, sur son flanc, tout à coup l'on aperçoit une masse grossissant à vue d'oeil. C'est le brave Taupadell, (pii. après avoir repoussé l'archiduc et IMccolomini sur la gauche, accourt avec 2 régiments de cavalerie ^ Avec lui Guebriant retourne à la cliarge. Ils se ruent tête basse, lompent tout, nettoient le terrain. K()nigsmark saisit l'occasion, charge aussi, enfonce les colonnes bavaroises, et les refoule pèle-mèle dans les bois, qui lés protègent encore contre une effroyable tuerie. L'infanterie ennemie n'a pas de bataillons de réserve, fest mal couverte |)ar ses pièces, dont la manœuvre est impossible dans un bois ; sa résistance devient de plus en plus difficile contre un adversaire sans cesse renforcé et tpi'anime le succès.

Durant ces minutes critiques, qui vont trancher le sort des deux partis, les Impériaux, revenus à la charge, essaient de se maintenir à leur aile droite, et resserrent les rangs à mesure (|ue se font les vides. Cependant, averti du désordre qui se produit à l'aile gauche, Piccolomini court avec ses escadrons vers le bois pour rallier les troupes bavaroises, arrêter ceux qui fuient, sauver peut-être la situation 'compromise. Coiume un éclair il a franchi la distance; il est la, rend confiance, rétablit l'ordre, et réussit à pousser encoi'e les Bavarois en avant. Mais les trou|)es de Wahl sont épuisées par dix heui'es de combat et littéralement incapables de nouveaux efforts. Aucun espoir n'est plus de triompher avec elles; l'heure de la retraite inévitable a sonné ;à la faveur du bois et couvertes par la •cavalerie de Piccolomini, elles reculent donc sur Wol-

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