‹ Le Maréchal de GuébriantChapitre 6 sur 159 · L.V FAMILLE ET LA JEUNESSE DE GUEBRL\NT (1602 à · texte numérisé non relu

L.V FAMILLE ET LA JEUNESSE DE GUEBRL\NT (1602 à

Les origines. — La famillo. — \otices. — L'i^nlance. — Les premières armes. — Capitaine au régiment des Gardes du Roi. — Mariage. — Notice sur Renée du Bec-Crespiii.

A quelques milles au sud de Saint-Brieuc, au sommet d'une légère ëminence, dans une forte position et commandant une belle vallée, s'élevait le vieux chàleau (lu Plessis-Budes, muni détours et de solides murailles, (|ue protégeaient de larges fossés. Là vivaient, à la fin du seizième siècle, Charles Budes du Hirel et Anne Budes de Quatrevaux, sa femme, père et mère du vaillant capitaine dont nous essayons de retracer la vie.

On n'était pas alors très éloigné des temps où le duché de Bretagne jouait un lùle considérable ; aussi le souvenir des épo(jues glorieuses et chevaleresques hantait-il encore les esprits. Histoires et légendes se transmettaient de père en fils, agrémentées, dénaturées peut-être, entretenant dans les cœurs, avec une saine tradition, cetamourdu terroir et cette itléepatrioti(|ue, qui préparent aux grandes actions. On aimait, dans les manoirs et les chaumières, à revivre les jours passés, où tant de preux sillonnaient les régions paisi-

bleineiit liabitées depuis, où la trompette guerrière se faisait fré([uemiiient entendre, où les nouvelles, bonnes ou fâcheuses, arrivaient rares et tardives, mais non moins passionnantes. On songeait à ces nobles champions, qui vécurent toujours l'épée à la main, et dont la vaillance et les actes héroïques illustraient leur descendance. Avec complaisance et un orgueil de race bien légitime, on cherchait à reconstituer les péripéties du Combat des Trente, les exploits d'Olivier de Clisson et de Bertrand du Guesclin, les phases du règne si rempli de la ducliesse Anne de Bretagne. Que d'événements ! Que de souvenirs !

Dans sa propre lignée, Charles Budes avait de beaux exemples à transmettre à ses enfants, utile et simple invite à marcher sur des traces, puisque les traditions de famille, sans le caractère et la valeur personnelle, ne peuvent engendrer de grands hommes. Descendant, selon toute probabilité, d'Hervé Budes, écuyer croisé en 1249, Guillaume b', seigneur d'Uzel et du Plessis-Budes, avait épousé, au début du quatorzième siècle, une fille de Guillaume du Guesclin, Jeanne, propre tante du fameux connétable de ce nom. Presque tous les Budes, dans la seconde moitié de ce même siècle, portaient les armes. On en voyait à tous les rassemblements de tjoupes, en France comme au delà des frontières, dans toutes les circonstances où quelques coups pouvaient être reçus ou donnés.

Au mémorable (Jomhat des Trente, en JH.")!, Geoffroy Budes de la Roche n'eut-il pas l'insigne honneur d'être armé ch<>Vidier, sur le champ d'action même, par Jean de Beaumaiu)ir, qui lui rappela les exploits d'un Budes à la quatrième croisade !

L'un des cinq fils de Guillaume, Sylvestre, seigneur d'Uzel, marié à uneGoyon-Matignon, acquit une grande célébrité; mais, pour lui comme pour bien d'autres, les années jetèrent peu à peu un voile sur la plus brillante cariière. Dès son jeune âge. Sylvestre prend les armes ; il fait des prouesses à la bataille de Cocherêl, (|ue du Guesclin gagne sur raiinéc du roi de Navarre, commamlée par Jean de (jrailly, captai de Buch, en 1364.

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