‹ Le Maréchal de GuébriantChapitre 7 sur 159 · I.A FAMII.Li; KT l.\ JKl Ni:SSE DE (.ULUKI \> I · texte numérisé non relu

I.A FAMII.Li; KT l.\ JKl Ni:SSE DE (.ULUKI \> I

Ou le voil, la juèmc aniico, a la l)alaill<' (r,\iiiav, «mi compagnie de ses frères, d'un lUîveu tle IS mis, de j)arenls, d'allic's, el, a^■ee eux, eouiiue luessiredu (iueselin, après s'être furieusement jjaitu, il reste prisonnier de Cdiandos' ; avec maints cliefs bretons il suit du (iuesclin, (|ui, à la tète des (Irandes ('onipaguicîs, vole en l^spagne au secours d liiMiri de rranslaniare ; et, à la joui-nèe de Navarelle, on lelrouxc à l'avant-garde [)ortaut haut la hauniere du futur ((tnnétable (i;{67j.

La (iuvenne, le IJigorre, le Languedoc, le Limousin, la liretagne, le Maine, rLspagne furent lenioins de ses exploits. l*'n Italie, comme chef de bandes, il fit trembler ses adveisaires el redouter son nom. Le pa[)e(lregoire \l, ainsi que ses prédécesseurs immédiats, avait compris la nécessité de rétablir le siège de la paj)aul«'> cl l'uuue-. La plus grosse difficulté (ju'il rencontra ilans I exécution de ce projet vint de l'Italie même, alors dans le feu tle la discoïde : Milanais el Florentins renouvelèrent une iormidable ligue conli-e le pouNoir |)ontifical ; des aventuriers, sousles ordres tle l'Anglais Jean llaNvkood, entrèreni au service de liarnabe \ isconti et des seigneurs de Milan. ]^a llomagne et la Marche d'Ancône furent ravagées; les populations, n'osant plus compter sur l'intervention armée du pape, se joignirent aux dévastateurs pour qu'ils épargnassent leurs biens. Avec une incroyable rapidité les villes secouèrent le joug de l'Eglise lomaine ; en décembre L^?."), deux mois après le début du mouvement, l'insurrection était générale. Comme les Florentins avaient donné le signal du désordre, ce fut contre eux que (îrégoire XI porta ses premiers coups. H prit donc à sa solde une bande de lirelons, (jui, diiigi's j)ar deux intrépides chevaliers, Syhesiri' Uudes el .blinde Malestroil, rcpaiulaieut la terreur dans les piovinces niéri-

1. La (JésobéiSï-ance de l'ai rièie-ijanlL'. qui donna lidj) lût, amena la défaite. Kpiiisé, blessé, n'ayant plus darnies, du Gueselin se rendit à .lean Cliaiidos. Charles de Blois lut tué. et son parti n'exista plus dès lois.

2. Pierre Iloirer de Heaiiluil. neveu de C.lénieiit \ I, lui !<• di-iiiier pape franeais. Il régna, suu> le iioiii de (jiégoire XI de décembre l;>7Uà mars 1378.

dionales de la France. Leur effectif s'élevait, croit-on, à 6.00U cavaliers et 4.00U fantassins, tous soldats farouches et indisciplinés, d'une bravoure sans pareille, qu'on ne pouvait maintenir dans le rang sans espoir de pillage, et aux yeux desquels néanmoins Budes et Malestroit jouissaient d'un grand prestige. Ne doutant de rien, fanfarons, ils répondaient à qui leur demandait s'ils pensaient entrer à Florence: « Puisque le soleil y entre, pourquoi n'en ferions-nous pas autant. »

Après bien des péripéties, Grégoire XI quittait définitivement Avignon le 13 septembre 1376, traversait la Provence au milieu des populations accourues à son j)assage, et arrivait à Marseille, où l'attendaient vingtdeux galères, sous les ordres de Ferdinand de Hérédia, fifrand maître des chevaliers de Fihodes. Son entrée en Italie provoqua un revirement général; devant l'enthousiasme croissant, Florence môme crut politique de lui envoyer un navire superbement équipé.

Grégoire XI mourut en 1378; Urbain VI monta sur le trône pontifical. Mais, peu après, les cardinaux français, mécontents de ce choix, élirent le cardinal de Genève sous le nom de Clément VII. L'Eglise eut dès lors deux chefs ; le schisme était consommé. La France ayant reconnu Clément VII, Sylvestre Budes, gonfalonier des troupes pontificales, et ses Bretons devinrent les soutiens du nouveau pape ; aussi lui servirent-ils d'escorte lorsqu'il dut s'embarquer pour la France et gagner Avignon. Mais bientôt un dissentiment s'éleva entre Sylvestre Budes et la Cour d'Avignon, au sujet de la solde des troupes qu'elle s'obstinait à refuser. La situation devint bien vite tendue. En toute confiance Budes s'avança jusqu'à Màcon pour traiter de l'affaire avec •lean de la Grange, cardinal d'Amiens, son ennemi personnel, qui le fit arrêter et décapiter (1380). Un homme considérable venait de mourir; Froissart le dira chevalier « expérimenté et vaillant » ; Fhisloiien d'Argentré lui décernera plusieurs fois le qualificatif de (jrand capitaine'^.

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