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2. t'.onimenhir reram Siiecicanim. Lil». l-'>. I'iiIIimmIoi 1'.
OÙ, par sa valeur et giancle conduite, les alliés du iloi ont remporté les avantages que vous savez'... »
On fit à Guébriant le reproche, en apparence fondé, de n'avoir pas couronné sa victoire par l'écrasement total des Impériaux. Le pouvait-il ? Sa personnalité seule l'avait poussé, à l'instant critique, au commandement suprême, et tout le monde instinctivement lui avait obéi. Sortis du feu de l'action, les Franco- Weimariens, les Suédois, ceux de Lunebourg, jaloux les uns des autres, ayant des intérêts distincts, ne reconnaissaient déjà plus que leurs propres généraux. La plupart des troupes confédérées étaient, en outre, à la fin de l'action, littéralement épuisées ; celles qui, assez nombreuses, étaient restées en bataille sans être employées, auraient été insuffisantesalors pour attaquer un ennemi retranché dans une excellente position, à l'abri d'une forteresse-.
La journée de Wolfenbuttel rendit aux alliés le prestige qu'ils avaient perdu depuis quelque temps, et prouva que l'absence de Banner n'entraînait pas nécessairement vers un désastre. Le Brunswick était sauvé, mais la place de Wolfenbuttel restait aux mains des Impériaux, dont l'armée, endommagée sans être détruite, pouvait encore tenir campagne. L'archiduc cependant n'entreprit rien ; car, en juillet, la révolte éclata dans ses rangs, occasionnée par le manque de pain. Très heureusement pour lui, les alliés souffraient du même mal à pareil moment. Guébriant proposa de marcher sur l'ennemi pour faire diversion, mais les Suédois préférèrent attendre Léonard Torstenson, un des meilleurs élèves de Gustave-Adolphe, que la Couronne de Suède envoyait pour succéder à Banner. II était en route, disàit-on, avec 8.000 hommes de renfort; à son arrivée
1. De Noyers à Bouthillier; Mézières, 2 août 1641 ; cité par Le Laboureur. A la même date, Chavigny écrivait à Guébriant: «... les dépèches de M. de Beauregard nous font voir que vous y avés beaucoup contribué... on en a icy tout le contentement possible, et l'on y admire le bon devoir que les chefs suédois ont fait en cette occasion, nonobstant qu'ils nayent point dégénérai... » (Bibi. Nat., 5W Colbert, V. 114- 15, et Arch. Rotrou. Mézières, 2 août 1641.)
2. An. Étr., Allemagne correspondance, V. 16-236. Du camp devant Wolfenbuttel, 29 juin 1641. « La moitié de nostre armée n'a point combattu... »
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l'on entroprendi-ail quoique chose <le considérable, l'n altendanl, la dissension se mil dans Tarniée suédoise. Le colonel Gustavson, bâtard du feu roi, et Wrangel essayèrent en vain de calmer les esprits. Guéhriant dut s'en mêler par l'intermédiaire du colonel Mortagne, qui s'était attaché à sa personne « avec protestation de le servir éternellement )k L'ordre se rétablit.
lm|)ériaux et Havarois s'éloignèrent de \Voll'euhullel le ;5 juillel au petit jour, et s'installèrent à proximité, sur la rive droite de l'Ocker. On tenta de les approcher, mais une reconnaissance les signala dans une position inattaquable. Enfin apparut le comte d'Eberstein, venant se joindre à (inébriant avec 2.000 hommes de pied et 1.500 chevaux hessois. Fort excitées par la journée de Wolfenbuttel, les troupes de la landgrave ne rêvaient plus que victoire et occasion de se signaler ; elles voulaient de suite courir sus aux Impériaux, et Guébriant eut de la peine à calmer cette intempestive ardeur, la prudence défendant d'aller les chercher. Ne valait-il pas mieux établir les quartiers dans le Brunswick, y attendre la maturité des blés et l'argent de la montre ? Les troupes seraient un peu plus tard en meilleure posture, et l'on continuerait le blocus de Wolfenbuttel, dont la prise couronnerait la dernière victoire. .Mancjuant de fourrage, les ennemis, aussitôt après avoir reçu (|uelques renforts, allèrent dans la direction d'Oschersleben, puis du côté de Magdebourg. La situation changeant tout à coup, le comte de Guébriant voulut les attaquer avant leur jonclion avec le comte de Hatzfeld, qui, disait-on, leur amenait 10.000 hommes. Les ofliciers supérieurs suédois s'y opposèrent formellement ; le service de la Couronne de Suède, observaient-ils, les obligeait à conserver intacte l'armée suédoise ; jusqu'à l'arrivée de Torstenson, ils ne tenteront rien qui ne soit absolument nécessaire. On résolut néanmoins de se porter à quelque distance de Wolfenbuttel. Le 19 juillet, les Suédois, d'avant-garde ce jour-là, s'avancèrent, campé-
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rent au llvu convenu, manquèrent d'eau, et revinrent auprès des Franco-\\ eiiuariens, qui, n'ayant pas encore bougé, étaient toujours à l'abri du grand fort de la digue. Que faire ? La mésintelligence entre Français cl Suédois, en tous temps si préjudiciable à TintcM-êt commun, mettait cette fois les aO'aires d'Alleuiagne plus en danger que jamais. Cependant l'entente et la cohésion s'imposaient dans des circonstances aussi critiques. jNI. de Tracy a[)portait, sur ces entrefaites, l'argent d'une montre. Les Suédois, privés de solde depuis longtemps, montèrent au paroxysme de la fureur en voyant arriver aussi leur intendant (iroube, mais les mains vides. Ils voulurent lui faire un mauvais parti ainsi qu'au colonel Morlagne; Guébriant et Beauregard ne les sauvèrent qu'à grand'peine.
La tâche du comte de Guébriant devenait de jour en jour plus délicate. La situation générale n'apparaissait pas brillante. Banner et le duc Georges de Brunswick étant morts, Suédois et Lune bourgeois manquaient de direction : le duc de Longueville, qui devaitamener un grand renfort, restait en Champagne pour observer le comte de Soissons en pleine révolte ; en Picardie, le maréchal de Chàtillon avait devant lui la petite armée de ce prince ; le duc de Bouillon était en ouverte hostilité contre la Couronne; Charles de Lorraine craicrnant de voir Richelieu saisir Béatrix de Gusance, princesse de Cantecroix, sa maîtresse, pour l'enfermer dans un couvent, refusait d'obéir au Roi, sous de f utils prétextes, puis reniait les traités récemment signés avec la Cour de France. « M. le duc de Lorraine, selon son inconstance et légèreté naturelle, s'est rajusté avec les ennemis, écrivait alors Chavigny à Guébriant, sans faire aucun compte des traitez qu'il a signez icy, du serment solennel qu'il a faict, ny de la confirmation qu'il a envoyée de tout depuis qu'il a esté en son pais. Sa jonction aux ennemis ne peut pas faire grand préjudice aux affaires du Roy dans la conjoncture présente \ »
1. t^ibl. X.il. 500 Colberl. V. 114-15. Chavigny à Guébriant, Mézières, 2 août U'Al.
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Il est vrai que ceU<' i«''concilialioii momentanée de Charles de Loi-raine avec le lîoi avail en des |)ailicularités assez singulières. « Puis(|iie mon allachement à la Maison d'Aulricije et les impoilanls services que je lui ai rendus ne me peuvent procurer la restitution de mes Etats, il faut tâcher de l'ohlenir de la clémence du lloi, t|ni s».' |)ique de jusiicc. » Ainsi s'exprimait le duc (îharles, parlant à Michel de Salamanque (|ue le cardinal Infant avait envoyé à Epinal pour le dissnach'r de se remettre avec le Hoi et le cardinal de Kichelieu. On n'osait cependant croire qu'un prince si fier viendrait se jeter entre les mains de ses ennemis d'hier, qui Tavaienl odieusement dépossédé. Les paiis étaient ouverts ; mais, à la stupéfaction de bien des gens, il arrivait a Paris le 7 mars IGll, muni d'un simple passeport royal et suivi d'un grand cortègi'. Le comte d'Ilarcouit alla, par ordre de Louis XIII, au-devant de lui avec une suite nombreuse ; le cardinal envoya le comte de Guiclie le complimenter en son nom propre. On l'établit à l'hôtel d'Kpernon, préparé à son intention, où le Roi le fit magnifiquement traiter et défrayer de tout. I..e soir même, au Palais-Cardinal et en présence de Son Eminence, fut représentée une tragédie latine j)ar les élèves des pères Jésuites. On vit sur la scène le prince de Coati et le duc de Nemours, jeunes et brillants seigneurs, doués d'une parfaite élégance. Deux jours après, le duc de Chevreuse, cadet de la Maison de Guise, conduisit le prince à l'audience du Koi à Saint-Germain. Par trois fois le duc Charles se jeta aux pieds du monarque, comme vassal de la (Couronne, lui demandant humblement pardon des fautes qu'il avait commises. Il fut alors relevé par Louis XIII, devant lequel il resta couvert en qualité de souverain. Le Pvoi lui dit alors : « Mon cousin, tout le passé est entièrement oublié », puis il l'accompagna jusqu'aux appartements du Dauphin et du duc d\\njou ; on se rendit ensuite chez la Heine. Le 14 mars, le duc Charles, les princes, les princesses et seigneurs de la Cour assistèient, toujours au Palais-Cardinal, au ballet dit de la Prospérité des armes de France '.
1. Histoire de Lorraine, par doni C.almet : Arch. Iiist. (liierre, ^'. 67-
Après les réjouissances, il fallut songer à des choses plus sérieuses. Le duc (Charles n'était-il pas venu pour se laisser jouer par Richelieu ; n'était-il pas venu signer un humiliant traité et ratifier sa déchéance ! Charles IV de Lorraine rentrera en possession de ses Etats, sauf du comté et place de Clermont, de Stenay et d'autres villes, qui demeureront la piopriété de la Couronne ; les troupes royales auront libre passage à travers la Lorraine pour aller en Alsace, en Allemagne, dans le Luxembourg, en Franche-Comté, et y recevront des vivres contre paiement ; le prince joindra ses troupes à celles du Roi, envers et contre tous ceux à qui la France fera la guerre; enfin, il ne pourra loger à moins de cinq lieues de Nancy. Les places, disaient les articles secrets, ne seront remises au duc qu'après avoir été rasées ; et, v parce qu'il n'y a que le temps qui puisse remettre entièrement la confiance que les déportements du dit duc ont fait perdre au Roi, il a été convenu que lorsque le dit duc ne sera point auprès de Sa Majesté ou en quelqu'une de ses armées par son ordre, il ne demeurera pas à Lunéville, pour être trop proche de Nancy. Et qu'en quelque lieu qu'il demeure de son État, il s'y comportera en sorte que ceux qui seront dans les places qui demeurent au Roy en propriété et par dépôt n'aient pas sujet d'en prendre jalousie. » Suivaient d'autres clauses secondaires. Le traité fut signé par le duc Charles et par Richelieu, au nom du Roi, à Paris, le 29 mars 1641 ^
L'acte passé, le prince avait dû se prêter à une cérémonie très humiliante. Le mardi 2 avril, Charles IV, duc de Lorraine, marquis et duc de Calabre, Rar, Gueldres, etc., après avoir assisté aux vêpres dans la chapelle du château de Saint-Germain, prêta sermeht de
123. Mémoire. 5 avril KUl ; Arch. hist. Guerre, V. ()7-124. Relation, 5 avril 1641 ; Gazelle du 9 mars 1641, n" 26, et du 16 mars 1641, n" 31 ; Bibl. Nat.,500 Colbert, V. 112-1, et Arch. Rotrou. Landgrave de Hesse à Guébriant : Cassel, S avril 1641 ; cité par Le Laboureur.
1. Bibl. Nat. .500 Colbert, V. 121-53 et V. 121-56, articles secrets; Bibl. Nat., (Tr. V. 3765-11.5 \\ et V. 3766-1 : Bibl. Nat., Clairambault, V. 384-
VICTOIRE UE WOl I EMil TIKL 225
l'observaliou du Irailé conclu. « Jurons el promettons en foy et parolle de Prince sur les Saints l-^vangiles de Dieu et canon de la messe, pour ce par nous touchés, que nous observerons et accomplirons... chacun des points et articles accordés... » Ainsi s'exprima à haute et inlelli;^il)l<' \oi\ le pauvre Ghai-les de Lorraine, devant une lies ijiillante assistance : la reine Anne, le cardinal de Riciielieu, les ducs de Longueville, de Chevreuse, tl L/ès. de \>ula(lour, de Montbazon, de la Force; le chancelier Séguier ; le maréchal de Chàtillon ; le marquis tie Cinq-Mars, grand écuyer ; Bouthillier, surinlcMidaiil des (inances: Phelv[)eaux de la \ lillière ; le comte de Cha\ igny ; de Noyers, secrétaire d'I'^tat. L'évè(|ue de Meaux, Dominique Séguier, premier aumônier du Koi, tenait le livre des I^vangiles et le canon de la messe sur lesquels le duc posa les mains. Pour l'assister, Charles de Lorraine avait auj^rès de lui les colonels de ses troupes : comte de Ligiiiville, Belmont, Sivry, etc. '.
Un peu plus tard, comme on se méfiait toujours dé la versatilité du prince, on exigea, en outre du serment, un acte de ratilicalion du traité du 29 mars, qui fut signé à Har~.
Le in juin, le Hoi donnait au duc de Lorraine, son vassal, un pouvoir de général de 1 armée de Lorraine, et y ajoutait l'ordre d'avoir à joindre ses troupes à celles de l'armée de Champagne pour marcher contre Sedan ^ Mais le duc Charles redevenant bientôt l'ennemi de la Couronne de France, François de Lorraine, son frère, lança le 28 septembre, une protestation de nullité contre le traité du 29 mars. François n'avait du reste pas attendu cette date pour désapprou-
1. Bibl. Nat., 5(i0 ColbtM-l. V. 121-59 ; Bibl. Nat., ffr. V. 37r,ô-3. Dominique I" Séguier, frère du chancelier de ce nom. Fui sacré archevôijue de Corinlhe en lti32 ; passa, vers la même époque, à l'évèché d'Auxerre, et, le 0 août 1637, à celui de Meaux, dont il ne prit possession que le ^ avril 163'.i. Mourut à Paris en Hj.j9, et eut pour successeur Dominique II Séguier, son neveu.
2. Bibl. Nat., .500 Colbert. V. 129-58. Acle de raliftcalion du traité du 29 mars fait dans la ville de Bar, par le duc Charles de Lorraine.
3. Arch. hist., Guerre. V. 67-lo2-l.i3-l.54; .\rch. hisl., Guerre. V.65-ll(;. Le Hoi au duc de Lorraine ; Abbeville, 19 juin 1641.
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ver le duc. Dès raiiiioncc de sou voyage à Saint-Germain, de Vienne il avait député vers rj^jupereur, alors à la diète de Ratisbouue, pour l'assurer (juil récusait toute part dans cette alï'aire et lui deniauder ses ordres'.
Hatzfeld a mis le siège devant Dorsteu, sur la Lippe, plate tenue par les troupes de Ja landgrave, et ([ue rendaient importante les communications entre la Hesse et la Hollande '. Cette fâcheuse nouvelle parvient au camp français le 23 juillet. Abandonnera-t-on le Brunswick que l'archiduc et Piccolomini menacent sérieusement ? Que feront les troupes de Lunebourg et les Suédois ? Refuseront-ils encore tout concours avant l'arrivée de Torstenson '.* La perte de Dorsten serait d'un pitoyable effet et alteindrail la réputation des armes françaises. D'autre part, les troupes du Iloi sont fatiguées et dépourvues du nécessaire. Les joindra-t-on néanmoins au faible corps du comte d'Eberstein pour secourir la place ? Les députés de Hesse et le comte d'Eberstein, Guébriant et divers officiers supérieurs tiennent conseil le 29 juillet. L'armée royale laisserat-elle enlever une place, qui permettrait aux ennemis de subsister librement dans toute la Hesse ? Ne pourrait-elle pas se joindre aux troupes de la princesse, tamlis ([ue celles du Bruns^vick et les Suédois resteraient dans un camp retranché, prêtes à s'opposer aux Impériaux voulant entrer dans le duché ? L'honneur parle; Guébriant n'hésite plus. Il ira droit à Dorsten, api es avoir assuré la défense des places du Brimswick, et attaquera Hatzfeld. Il essaie d'entraîner les Suédois avec lui, et leur propose divers moyens de secourir la place assiégée ; mais ceux-ci ne veulent rien entendre.
1. l'.ibl. Xat., Clairambault. Vol. 38t-236. « Protestation de nullité l'aile par le duc Nicolas-François de Lorraine, à ^'ienne, le 28 seplenil»:c li''41, contre le traité fait... »