‹ Le Maréchal de GuébriantChapitre 66 sur 159 · Hisl. du maréchal de Guéhrianl, par J. l.e Laboureur · texte numérisé non relu

Hisl. du maréchal de Guéhrianl, par J. l.e Laboureur

238 LE MARECHAL DE «iUEBRIANT

moy ? » II le supplie de le retirer d'Allemagne et de l'employer oi^i l'on voudra. Il n'y a plus à compter sur un renfort ou sur une diversion, les Français ayant une extrême aversion pour la ouerre en Allemagne. II faut cependant du renfort et à bref délai, si l'on veut y entretenir les affaires. Il est évident que le secrétaire d'I^tat n'est pas bien informé de la vérité, sans quoi il connaîtrait l'insolence de Tarniée, ses plaintes continuelles, ses menaces de quitter le service du Roi. Or, on ne peut remédier à cela que par « rauthorité d'un général appuyé d'un bon et fort secours françois ^ ».

Ne pouvant rien accorder à Guébriant, de Noyers lui écrivit dès lors plus rarement. A CJioisy, qu'on appelle à la (]our, le comte de Guébriant confie des lettres pour Su blet de Noyers, datées du 14 octobre. Ce sont de nouvelles suppliques. « Je ne doute point, voil-on dans l'une, que M., de Choisy, s'en allant en Gour, ne vous fasse connaître l'état des affaires en deçà et ne vous fasse connaître l'état où je me trouve... »

L'électeur de Saxe, qui devait fournir 4.000 hommes aux Impériaux, manquant de parole, et le secours de Suède approchant enfin, les Impériaux trouvèrent sage de s'éloigner. Au même temps, le duc de Bavière rappelait ses troupes et les concentrait dans ses Etats, en vue des événements prochains ; Piccolomini entrait en Thuringe. L'armée des confédérés, par ces départs, eut, d'une manière bien inattendue, l'iionneur de la campagne, au moment ou tout semblait désespéré. Après avoir hésité sur l'emplacement de ses (juartiers, elle s'installa, les Français au-dessous de Neustadt, sur la Leyne, et les Suédois en deçà de Gelle, sur l'Aller, d'où chacun fit des courses pour sa subsistance et pour éloigner encore les ennemis.

Le colonel Mortagne, homme extrêmement susceptible, témoignait, depuis la victoire de Wolfenbuttel, une grande admiration au comte de Guébriant, et une froideur n)ar(|uée aux Suédois. Guébriant le fit adroite-

1. Ifist. du maréchal de Guébriant, par .1. I.i' l,.ilir)iiieur. Guébriant à de Noyers; camp de Sarstède, 23 septembre UWl.

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tneiit travailler par M. de Heaiiregard, (jiii, plein de linesse et de prudence, sut le réconcilier avec les •colonels snédois et le laiie désignei- pour aller, en leur nom, au-devant du maréchal Torslenson. 11 devait :anssi — nous l'avons vu — réclamer à Salvius une quantité de choses nécessaires à l'armée : deux montres, mille écus par compai^nie de cavalerie, l'assurance qu'à l'avenir oji serait [)ayé exactement, etc., etc. « Ses exjorences sont exorbitantes », écrivait Guébriant ♦. A Hambourg il reçut fort bon accueil de Salvius et du successeur de Hannei-; on s'empressa de lui donner les sommes (|U(»n lui avait promises, avec espoir de l'attacher solidement au parti et de Tempécher de se mutiner désormais. De son côté, W'rangel courut également à la rencontre de Torstenson, dans le but avoué de lui «xposer la situation, et, secrètement, jxiui- le mettre en inéHance contre Moi-tagne.

Le comte Léonard Torslenson, d'une grande famille suédoise, était né au château de 1-oi'slena en 15i)5 '. D'abord |)age de (jUslave-Adolphe, puis of'licier, il accompagna le roi en Poméranie, assista à divers sièges, à la bataille de Leip/ig en 1631, à la prise de Wurtz boui'g et au combat du Lech contre Filly, Tannée suivante. Nommé général, il se distingua à l'attaque de Nuremberg, y commandant toute Taitillerie. Prisonnier, enfermé dans un humide cachot à Ingolstadt par ordre de Maximilien île Havière, il luléchanaré en novembre 1032, après la bataille de Lut/en. 11 servit dès lors sous le maréchal Horn, et, après la prise de Landsberg, se rendit en Suède, d'oii il amena des renforts à Banner, en 1635. (irand maître de Partillerie durant quatre années, il commanda l'aile droite des Suédois à la bataille de \\'ittstock en l().36, et dut, trois ans plus tard, après la victoire de Chemnitz, regagner son pays natal pour soigner des infirmités contractées dans la prison dlngolstadt. Sa valeur exceptionnelle et ses vertus guerrières le désignèrent à la succession de

1. AIT. Étr., fTr. V. 287-7t;. l'.orresp. Guébrianl à... : 29 septembre ltJ41.

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