‹ Le Maréchal de GuébriantChapitre 67 sur 159 · Il mourut le 7 avril l · texte numérisé non relu

Il mourut le 7 avril l

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Banner. Il hésita néanmoins à piendre'les lesponsabililés de cette charge à cause de son état de santé et parce que les trois généiaux-majors de l'armée suédoise, Pful, Wraiigel et Wittenberg, s'étaient montrés hostiles à sa nomination.

Torstenson possédait les brillantes qualités militaires de son prédécesseur, et une énergie supérieure encore. D'un caractère tenace el résolu, il concevait, se décidait et exécutait avec une extraordinaire pronqititude. Paralytique, toujours en litière et malgré d'atroces souirrances qui auraient terrassé tout autre moins bien treiiipe, il étonnait ses adversaires euxmêmes par la rapidité de ses marches et par des mouvements aussi rudes qu'audacieux. Sa volonté domptait impitoyablement ses maux et paraissait ranimer la masse inerte de ses membres perclus. Tel était le nouveau chef de l'armée suédoise en Allemagne.

Arrivé à Winsen ^ur TAller, le 27 novembre, Torstenson y recevait aussitôt la visite du comte de Guébriant. Deux jours après, il la lui rendait à Presly, où il trouvait un accueil chaleureux. On entendit le canon; il y eut dîners de gala; on porta des santés. « Les festins et les débauches nécessaires qui se firent de part et d'autre » n'empêchèrent pas les chefs de parler, dès cette première entrevue, des affaires générales et particulières, de l'état de l'armée qui ne pouvait plus subsister, de l'obligation de la mettre en mouvement afin d'éviter les désertions journalières.

Le maréchal de Suède amenait 60 canons, 5.000 hommes de pied, 3.000 cavaliers, et avait l'ordre de tirer 1.500 hommes des garnisons. Avec les troupes existant déjà et les 2.000 hommes de renfort promis par le Brunswick, on devait atteindre l'effectif de 20.000 hommes. Torstenson, qui avait les idées de Banner, était convaincu de la nécessité d'exercer son commandement avec une extrême fermeté — ce qui concordait avec son caractère. Il résolut d'entrer en Bohême, et tâcha, par le colonel Mortagne, d'influencer Guébriant, qui refusait de le suivre. Mais celui-ci, plein de défiance,

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prétendit avoir Tordre secret de s'approciier du nhin. Les Weiiiiaiiens l'appioiivèrenl. (hie ^a<4iiorait-on à cette jonclion coulimicll** avec les iiordes suédoises? Ne valait-il pa^^ mieux lunueuvrer à sa guise, combattre et rauiassor du ijuliu au lieu de iullei" perpétuelleuient contre la misère '.* l*our(|U()i eulrej)reudre un voyage long, périlleux, incertain, vers une région inhospitalit'ro. ('puisée, lointaine, exposée, où secours et argent lie pouiiaient arriver ? (juébriant s'entendrait-il mieux avec Torstenson ([u'avec Banner? Que seraient les (juarliers ? Les Franco- Weimariens se verraient bien certainement sacrifiés aux Suédois et livrés à leur entière merci.

Le comte de (îuéljiianl rédige alors une note qu'il fait remettre au feld-maréchal, dans laquelle il explique les raisons qui l'obligent à la séparation. « En partant, dit-il à la fin de cette note, je convie, autantqu'il est en moi, mondit sieur Torstenson de consentir à ladite séparation de bonne manière ; d'autant (ju'en ce faisant il donnera une bonne impression de son état, non seulement aux ennemis, mais encore à ses propres gens. Joint (ju'il est à croire que les deux Conionn<?s et toute la cause commune recevront par ci-après bien plus de fruit et d'avantage de ce que nous ferons séparément, que de ce que nous avons fait ni saurions faire en conjonction '. »

Le 30 novembre, le maréchal de Suède, accompagné de tous ses officiers généraux, rendit visite au comte de Guébriant, le remercia de l'assistance qu'il, avait donnée aux Suédois, et lui témoigna beaucoup d'estime. Le lendemain, Guébriant se présenta chez Torstenson. On dîna ; on but ferme à la prospérité des deux armées en compagnie des ci-devant Directeurs suédois, de Pful, Wrangelet Wittenberg, avec Oxenstiern, (Ils du chancelier, avec Mortaoïie, etc. Le feld-maréchal essava de retenir les Français une huitaine de jours encore jusqu'<à ce que les siens fussent en meilleur état et plus en main. Guébriant, qui redoutait la corruption, avait

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