KEMPEN ET I.E BATON DE MARKCIIAI
Chaude action, n'ayant diirô (juo cinq heures; éclatante victoire! La nuit venue, G(J(J cavaliers sous les ordn's du colonel Kusswonns, se portent tMi observation au delà de Kein[)eu, et ramènent, an jiialin, |)lus de 1.000 |)risonni(M-s, 500 femmes, ii.OOO clievanx et du })aga»^e.
Toute linfanleriedcs enncniisétaitdëtruite ; seule une
et fort eslimé de ses .ulveisaires tnix-mèiiies. Après avoir eu ."i clievanx tués sous lui, il lui atteint, sous les yeux de son frère François, « d'un coup de niousquelau défaut de la cuirasse, dont il mourut surle-champ », à Fribouri,' en Hrisi^au, le 3° jour de la bataille, le ."» août Hi44, à lïlt;ede 40 ans. Ses troupes conservèrent le deuil un an entier aux drapeaux et aux étendards ; la cavalerie garda son corps quelque temps, le mettant toujours « sou^5une tente, à sa tête, avec une grand' garde, comme s'il avait vécu <>. On l'enterra pompeusement à Fribourg. (laspard avait été maiié d'abord à une fennne de la Maison d'Argenteau, puis à la lille unique du comte de Gatinais. dont naquirent des enfants, qui moururent sans postérité.
Antoine de Mercy, colonel de cavalerie dune grande bravoure, trouva la mort à la bataille de Breilenfeld que l'archiduc Léopold et Piccolomini i)erdirent le 2 novembre KI42.
Louis de .Mercy, capitaine d'infanterie, jeune homme de 18 ans, distingué, brave, devanl le(piel l'avenir s'ouvrait plein d'espérances, fut tué d'uti coup de pertuisane dans le coips, à Constance, qu'assiégeaient les Suédois après la bataille de Leipzig, en HiHl. Par ordre du duc de Féria, on l'enterra dans la catliédiale de Constance.
Le chevalier de Malle, dont nous ignorons b" prénom, succomba dans un combat contre les Turcs, elanl sur une galère qu'il commandait. Sa brillante conduite lui valut les boaneurs funèbres réservés aux Grand'Croix, et les éloges posthumes du (jrand-maitre.
L'Abbé, le plus jeune île tous les frères Mercy, eut de grandes charges dans la Maison de l'Fmpereur el des missions inqiortantes en France, en Allemagne, en Angleterre et en Hollande, dont il s'acquitta fort bien. Il avaU plus de goût pour les armes et la diplomatie que pour les devoirs ecclésiastiques. Son frère François voulait .cependant en faire un cardinal, lorsque la mort vint le surprendre à Nordlingue ,U)45i. Disgracié, persécuté à la suite d'intrigues et de cabales de (^our, suscitées par les ministres du Roi d'Fsi)agne, Mercy quitta le service de la Maison d'Autriche, et s'attacha au duc de Brunswick, dont il devint le grand chambellan et l'un des conseillers d'Ktal.
lîibl. Nat.. nr.^". l(;931-3(>7.
Jlist.de r incomparable çjénéral Mercif. VA même manuscrit' . Bibl. Mazarine. V. 1<S4;», intitulé : Hist. des principales actions de quelques grands hommes ;jui ont fleuri dans l'Europe en ce dernier siècle l(ioo, écrite par M. l'Abhé Mercy, frère du i/énéral Mercy.
Les frères Mercy avaient pour ancêtre ce Louis de Mercy, bourguignon, qui reçut des lettres de noblesse de l'empereur Charles-Ouint " i)our avoir blessé le cheval de François If, ce qui fut cause de la jirise de ce prince à la bataille de Pavie, le 24 février 1.'>2."j ».
.Bibl. de l'Arsenal. V. 3724, f" 44.;
258 LE MARECTIAL DE CUEBRIANT
partie de leur cavalerie avait pu s'échapper, répaiulaiit au loin la nouvelle de leur sanglante défaite. Outre Lamboy, ]Mercy et Lodron, tous les officiers généraux et les colonels, environ 3.500 hommes, restaient aux mains des vainqueurs, ainsi que l'artillerie, 30 chariots de munitions de guerre et de vivres, le bagage, 162 drapeaux et cornettes, 2.500 ennemis avaient péri sur place, et nombre d'autres dans la poursuite. Du côté des alliés, les pertes furent, disent les relations, assez peu importantes — 1 GO tués et 50 blessés — chifTre qui nous semble bien faible. Parmi les morts se trouvaient le colonel Flersheim, d'une vaillance éprouvée, fort estimé de tous, ainsi que les majors des régiments de ^lelun, de Forbus et de Guébriant ^
Le général de Hatzfeld accourait pour se joindre à Lamboy, lorsqu'il eut connaissance du malheur. Rebroussant chemin, il alla vers Coblentz, espérant rallier quelques régiments épars et quelques unités de l'armée du duc Charles. Deux jours après la bataille, à la recherche de Hatzfeld que M. de Guébriant voulait combattre sans retard, Taupadell enlevait un régiment et rapportait la nouvelle que Hatzfeld, subissant l'impression de terreur générale, s'était retiré derrière Juliers. D'autre part, certains débris échappés de l'armée vaincue, sous les ordres du baron de Zelt, tombaient aux mains de Rosen, le 23 janvier, « de sorte, dit la Gazette, qu'il ne reste plus rien à présent de l'armée du général Lamboy- ».
Guébriant lui-môme courait ouvrir une tranchée devant Neuss, principale ville du pays de Cologne, d'une grande importance comme étant munie de magasins et tout à proximité du Rhin. La garnison montra du courage, fit une sortie que repoussa le colonel Schmidberg, perdit contenance et capitula le 27. Guébriant y mit son quartier général.
1. Mercure français, 1042; Gazette du :il janvier 1()42, n° IH. Relation; Gazette du 1" février lfi42, n" 14. De La Haye, le 21 janvier 1042 ; Gazette du liH'évrier 1<>42, n° 23. Relation : Hist. du maréchal de Guébriant, par .1. Li; Laiîourkui'. ; Hist. de lu guerre de Trente ans, par E. CiiAr^vKHiAT; Afï'. Etr., Allemagne corresp. V. 16-429. Relation.
2. Gazette du 1.5 février 1642, n" 21. De Cologne, 29 janvier 1642. .
Kn>rPEN ET LE lUTON DE MAfiECIIAr. 25!»
Le sieur de l.ermor se iiMi<lil iilms à la Cour : il dclaillera au Hoi les particularités des r»3ceiils succès. Le sieui' do (ierilz, >^eulilliouiuie allemand, aide de camp dans l'armée, l'accompagnait, porteur des 162 cornettes et drapeaux enlevés à Ken)peu'.
La Gazelle s"enipr»'ssa (ra|)preudre au puhlic- français les péripéties de « cette victoire, une des plus grandes que nous ayons remportées il y a longtemps en Allejnagne - »... « Les bons succès, dit-ell«^ encore, {|u"uu parti obtient sur l'autre au commencement d'une campagne ont toujouis été crus de bonne auguie ; mais au commenceuKMjt de l'année ils n'ont jamais été pris que pour des arres et un avanl-goùt des progrès» que le parti victorieux doit faire sur l'autre tout le reste de l'année, autant que la faiblesse de l'esprit humain j)eut juger par le présent des choses futures-'. »
Ne cherchant j)as la réclame, trop modeste dans le triomphe, n'aimant pas à se faire valoir, le comte de (juébiiant ne s'était pas empressé de j)roclamer sa victoire. Le Roi et les ministres ne l'apprirent d'abord que vaguement. Ils s'étonnèrent de n'être pas mieux renseignés. « Xous attendonsavec impatience, lui éciitChavigny le 31 janvier, — la bataille s'était livrée le 17 — nous attendons avec impatience un courrier de vostre part qui nous apporte la confirmation des avis que nous avons eus de tous costez de la \ictoire que vous avés gagnée sur Lamboy ; cependant je m'en réjouis avec \ous et de tout mou cteur j)ar avance, en attendant que je le face plus amj)lement quand nous scaur'ons les parlicularitez de ce succez''... » La bonne nouvelle parvint au Hoi la veille de son départ pour le Roussillon. A la Cour l'on estimait, depuis un certain temps, (|ue, les adaires d'Allemagne allant mal, le mieux serait une honorable retraite des troupes royales en Hollande :
1. Bibl. Nat., ClairambauU, \'. 3S4-4(;r). <- Ktat des cornettes envoyées par M. le comte de Guéhriant. . «