‹ Le Maréchal de GuébriantChapitre 98 sur 159 · Arcb. Rotrou. V. IV. Rotrou à Guébiiant ; 25 août 1(J · texte numérisé non relu

Arcb. Rotrou. V. IV. Rotrou à Guébiiant ; 25 août 1(J

SnO LE MARECHAL DE GUEBKIANT

ce ne serait que Timportuner de lui en vouloir dire cjuel(|ue chose. » Il serait de grande conséquence d'entretenir les all'aires d'Allemagne et d'empêcher l'ennemi, plus foit actuellement cjue les Français, de passer le llliin el de mettre obstacle à ce qu'on entreprendrait contre leurs villes. « Ainsi, Monseigneur, je crois qu'il faudrait présentement faire un effort pour l'Allemagne et essayer de se saisir de Spire, \Vorms et -Mayence, (|ui ne sont pas places fortes, mais de grande considération |)Our l'avantage du service du Roi, et ([ui donneraient jour à faire un coup important dans la prochaine campagne ^.. ». M. de Roque-Servière, qui a vu d'Enghien récemment, affirme que l'aversion des Français pour rAUemagne est telle que pas un ne voudra s'y rendre, que, du reste, M. le Duc ne peut se dégarnir, étant sur le point d'entrer en action sur la Moselle -. Tandis que le maréchal envoyait, la tristesse dans l'âme, ce renseignement au cardinal Mazarin, celui-ci disait au duc d'Enghien : « Il y a déjà longtemps que M. le maréchal de Guébriant a ordre d'agir de concert avec vous, lorsqu'il se pourra former communication entre votre armée et la sienne. » On lui renouvellera l'ordre. C'est aux a d'aires d'Allemagne qu'on s'appliquera désormais avec le plus de soin, car ce sont elles qui importent le plus au bien de la Couronne. «... Enfin tenez pour certain que nous serons plutôt partout ailleurs sur la défensive que de n'agir pas si puissamment en Allemagne que les armes du Roi et celles de ses confédérés y deviennent les dominantes 3... »

Croyant ne plus avoir rien d'utile à faire à Paris, pressé de retourner à l'armée, Tracy écrivit à Guébriant : «J'ai mis toutes les affaires au point que vous le souhaitez. Je m'en vais trouver le duc d'Enghien pour lui porter

1. Chantilly. Arch. Condé. M XXIX-353. Gm-Niiant au duc d'Enghien ; camp de Wilï^lel, 24 août 1648

2. Aff. r.tr., Allemagne corresp. V. 23-79. (juébriaiit à Mazarin ; Erstein, 2 septembre 1643.

3. Chantilly. Arch. Condé. M X.XIX-lll. Mazarin au duc d'Enghien; Paris, 3 septembre 1643.

Gl'KBIUANT Mi:URT A ROTTWIMI.

les ordr(;s du l{«ti ' ». Tracy revint on effet de la Cour. Il clail chargé dt' leniellie, en passant, à M. le Duc une lettre du Uoi, en date du 13 septembre. Cette lettre presciivait au prince d'alU'r jiis(ju'an Hliin a\ee 2.000 clievaux, 5.000 fantassins et 0 denii-canuns; s'il entiait en Allemagne, il aurait le commaiulement de toute I armée et le maréchal sérail son lieutenant. I^e comte de llanl/au, (|ni avait rejoiiil |-!n^hien \ers le milieu d'août après la reddition de riiiomille. de\ iendiail lieutenant «général sous le maréchal, avec celte restriction (pi il n'exeicerait aucune autoriO' sur les W'einiariens, (jui ne le souffriraient pas, ni sur les \ieu\ réi^iments fi-anc^ais, pour ne |)as snseeptihiliser le mai- (piisde Montansier. Si .M. le Duc n'eiilrail |)as personmdlemenl en Allemagne, il laisserait 2.000 hommes à ( luehriant -.

M. de Tracv croisa le vain(| iieui- de liocroi sur la roule de Paris, non loin de Dornians, el lui remit la dépêche (pii lui était adressée. Enghien ponrsjiivit néanmoins son vovage, ce t[ui apporta plus d'un Jiiois de relard à l'exécution de l'ordre donné. Aussitôt (juébriant reçut une lettre de M. de Tracy : « Je vous ni donné avis que Monseigneur le duc d'I'^nghien devait marcher en AUe-

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