‹ Le Maréchal FabertChapitre 13 sur 54 · IL S'ATTACHE AU CARDINAL DE LA VALETTE · texte numérisé non relu

IL S'ATTACHE AU CARDINAL DE LA VALETTE

« serait pire'. » Mais en même temps cet excellent ami prenait ses dispositions pour le faire évader en cas de condamnation ; il avait séduit la fille du geôlier et s'était assuré le concours de quelques Français bannis, en leur promettant d'obtenir leur grâce s'ils faisaient réussir la fuite du prisonnier.

Ces dispositions n'eurent pas besoin d'être exécutées. Le môme soir, veille du jour des Rois, où Fabert avait reçu le désolant billet de Graleloup, il recevait une tout autre nouvelle, celle de sa mise en liberté. Les instances du roi avaient été si vives que le cardinal-infant, ne pouvant y résister, s'était décidé à l'échange proposé.

Fabert était donc affranchi de cette dure captivité où il avait langui plus de six mois. Mais il lui parut piquant de faire de sa prison une hôtellerie volontaire. II voulut donc, ce soir-là, rester couché dans son cachot; et ce fut sur ce lit de paille que, le lendemain matin, Grateloup, venant le chercher plein de joie, le trouva paisiblement endormi.

Son premier soin, en quittant Bruxelles, fut de partir pour Paris, afin de présenter au roi l'expression de sa gratitude ; et cette gratitude était bien justifiée, car le péril auquel il venait d'échapper était fort grand. On peut considérer comme une chose certaine que, sans l'intervention personnelle de Louis XIII, c'en était fait de lui.

Saint-Jorri rapporte ^ que, toujours épris de la noblesse des caractères partout où il la rencontrait, il voulut donner à l'intègre rapporteur du conseil de guerre qui lui avait été si contraire, un témoignage de son estime. Il lui écrivit une lettre pleine des plus beaux sentiments, et le pria d'accepter, en souvenir de lui, une magnifique épée.

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