‹ Le Maréchal FabertChapitre 14 sur 54 · s'attache au cardinal de la VALETTE · texte numérisé non relu

s'attache au cardinal de la VALETTE

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Pendant son séjour à la cour, Fabert fut présenté par Grateloup au cardinal de la Valette, second fils du duc d'Épernon, qui venait de recevoir le gouvernement de Melz, en remplacement de son frère, nommé gouverneur de la Guyenne.

1 Màm.de Fahi-rl , p. 1!.

2 Camp, da Fabert, p. lU.

Cet illustre prélat, archevêque de Toulouse, abbé de Saint-Victor, cardinal depuis 1G21, après avoir, dans sa jeunesse, servi les intérêts de la reine mère, était devenu un des plus sûrs et des plus fidèles amis de Richelieu, auquel il donna, dans la journée des Dupes, des témoignages irrécusables de son dévouement.

Le ministre, qui aimait à montrer, par d'autres exemples que le sien, que l'état ecclésiastique n'était pas incompatible avec les grands emplois de la politique et même de la guerre, l'avait enlevé au service des autels pour en faire un de ses principaux conseillers, et lui avait donné les gouvernements de l'Anjou et do Metz, en attendant qu'il le mît à la tête des armées.

Le cardinal se montra pour Fabert d'une grâce parfaite, et lui témoigna le désir que son attachement pour la famille d'Épernon s'étendit jusqu'à lui. Le brave major ne le lui promit pas d'abord de très bon cœur; il lui gardait un mauvais souvenir pour ne pas l'avoir soutenu lors de son achat infructueux d'une compagnie dans le régiment de Normandie.

Cependant la cordialité qu'affecta à son égard le cardinal triompha facilement de sa rancune, car il était aussi facile à ramener qu'à blesser. Le cardinal lui demanda d'accepter le poste de commandant à Metz, car celui qui occupait cet emploi ne lui inspirait pas une confiance suffisante. Fabert fut honoré de ce témoignage d'estime, mais il le refusa très nettement ; l'idée d'être enfermé dans une place, alors qu'on allait sans doute faire campagne, lui était insupportable.

Le lendemain , étant aller visiter Louis XIII , il reçut de lui la même demande, et le roi ajouta qu'en l'acceptant il ferait une chose qui lui serait on ne peut plus agréable. ]Malgré tout son dévouement, renoncer à servir dans les armées était un sacrifice au-dessus des forces de Fabert. Il supplia donc Sa Majesté de ne pas le lui imposer. Le roi y consentit, mais à une condition : c'était qu'il partirait sur-le-champ pour Metz, et s'emploierait à y mettre tout en bon ordre pendant les quelques semaines qui précéderaient l'arrivée du cardinal, de manière à ce que ce dernier, en arrivant au siège de son gouvernement, y trouvât toute sûreté.

« Sire, dit alors Fabert, souvenez-vous que, l'autre jour, Votre Majesté m'offrant une faveur à mon choix, je lui ai demandé celle de ne jamais être enfermé dans une place en temps de guerre et de toujours servir activement. Je suis prêt à partir pour Metz; mais vous n'oublierez pas votre parole ?

— Je la confirme, répondit le roi ; et vous ne resterez à Metz que le temps nécessaire à la sûreté de la place. » Fabert partit quelques jours après (février 1635), pour remplir l'emploi de confiance qui lui élait imposé.

C'était bien un emploi de confiance, en effet, car des événements

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